Epices et fruits secs : Offre abondante et prix en baisse à l'approche du Ramadan
L'offre en épices et en fruits secs est abondante à l'approche du mois de Ramadan, permettant ainsi de couvrir les besoins du marché national. Les prix sont en baisse par rapport à l'année précédente, en raison de la baisse de la consommation, qui s'explique par la crise actuelle.
C'est ce que nous a confié Hamid Chrif, secrétaire général de l'Association des producteurs et importateurs de fruits secs, épices et coton, interrogé par nos soins ce vendredi 26 mars.
"L’offre est abondante à l'approche du mois de Ramadan. Il y a assez de marchandises, mais les prix sont en baisse par rapport à l'année passée", nous a-t-il indiqué.
Cette baisse est estimée entre 10% et 20% par notre interlocuteur, ce qui est énorme pour un marché souffrant d'une chute de la demande depuis le début de la crise sanitaire.
M. Chrif explique cette situation par une "nette baisse de la consommation, tant au niveau international qu'au niveau national", qui peut être justifiée par de nombreux facteurs, notamment la baisse du pouvoir d'achat du Marocain.
L'interdiction des fêtes, baptêmes et des mariages ne joue pas non plus en faveur du secteur. Ces mesures restrictives impactent énormément l'activité de vente, puisque durant ces évènements, les gens achètent en grande quantité, pour préparer de grands festins, comme le veulent les traditions marocaines.
Chute d'environ 20% des prix des fruits secs
Les fruits secs les plus consommés durant le mois sacré sont "le sésame, les noix et les amandes, en particulier pour la préparation des Briwats et Sellou".
A titre d'exemple, "les prix des amandes et du sésame ont baissé d'environ 20%" par rapport à la même période de l'an passé. "Les amandes, qui étaient vendues entre 80 et 90 DH/Kg, le sont actuellement entre 60 et 70 DH/Kg".
"Pour le sésame, il existe deux types de produits, le sésame importé et celui produit localement. Le premier, qui coûtait 30 DH/Kg l'année dernière, est vendu actuellement entre 24 et 25 DH/Kg. Le sésame marocain coûte, lui, entre 35 et 45 DH/Kg, contre une fourchette de 40 à 50 DH/Kg l'année passée".
Selon notre interlocuteur, il s'agit des prix de détail. Les prix de gros sont beaucoup moins élevés.
Après une stabilité, chute des prix des épices
"Quant aux épices, les prix, qui étaient stables durant toute l'année, ont commencé à baisser depuis environ deux mois", ajoute M. Cherif.
"Les épices les plus utilisées durant Ramadan sont le poivre, le gingembre, le paprika et le curcuma. Le poivre est vendu actuellement, au gros, à 40 DH/Kg, le gingembre entre 40 et 50 DH/Kg, le paprika local entre 20 et 25 DH/Kg et le curcuma entre 18 et 20 DH/Kg".
"Les marchands vendent donc à perte, vu qu'il y a énormément de stocks", et que la demande n'est pas au même niveau des années passées.
Autre point important, "ces produits sont périssables. Pour les épices par exemple, elles peuvent être stockées entre un an et deux ans. Les dattes, elles, doivent être gardées dans des chambres froides entre 12 mois et 2 ans. Les vendeurs doivent donc gérer leur activité, mais ils veulent juste liquider leur marchandise, pour ne pas se retrouver avec des produits impropres à la consommation".
80% des produits sont importés de l'étranger
Le marché a toutefois bien été approvisionné pour se préparer à ce mois sacré et les stocks sont disponibles. "Environ 80% des produits disponibles sur le marché national ont été importés de différents pays étrangers".
"Le sésame et les dattes sont par exemple importés en grande quantité d'Arabie saoudite. Le gingembre et le curcuma sont pour leur part importés d'Inde, le poivre, principalement du Brésil et du Guatemala et les amandes des Etats-Unis".
Pour conclure, M. Cherif assure que "l'offre dépasse la demande", permettant ainsi de couvrir le besoin au niveau national pour le mois de Ramadan, confirmant ainsi les dernières informations relayées par le ministère de l'Intérieur, concernant la situation d'approvisionnement du marché national et des prix des produits de base.
En effet, dans un communiqué publié le 23 mars dernier, ledit ministère a rassuré les citoyens quant à l'offre, "qui est abondante et diversifiée", répondant ainsi aux besoins des citoyens à travers tout le Royaume en termes de produits de base, qu'ils soient locaux ou importés, en particulier ceux qui sont très prisés à l'occasion du mois de Ramadan.
Plus de 30.000 tonnes d'épices consommées par an
Rappelons que le Maroc consomme plus de 30.000 tonnes d'épices par an. Au total, une trentaine d'épices sont vendues au Royaume, dont 6 représentent jusqu'à 75% de la consommation locale.
Le paprika se trouve en tête de liste, avec 6.000 à 6.500 tonnes consommées chaque année, suivi du poivre (plus de 5.000 T), du cumin (près de 4.000 T), du gingembre (entre 3.000 et 3.500 T),du curcuma et de la cannelle (environ 2.000 T).
Lire aussi: Voici la date du Ramadan 2021 selon le calcul astronomique
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.
Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.
Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.
Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.
Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.
Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.