Etude. Contre le coronavirus, supprimer ou atténuer, quelle stratégie?
En ces temps de pandémie du Covid-19, chacun est en droit de s’interroger sur le type de stratégies mises en place par les États afin de l'endiguer. Supprimer ou atténuer le coronavirus ? Quelle que soit l'option choisie, les États devront faire face à un coût socio-économique plus ou moins important. Éléments de réponse.
Dans un blog-post publié sur son site, le centre de recherche Tafra reprend les résultats d’une étude de la “response team” au Covid-19 de l'Imperial College de Londres. Cette étude a pour but de guider l'élaboration de politiques de santé dans la Grande-Bretagne et aux États-Unis en modélisant l'impact épidémiologique des interventions non pharmaceutiques mises en place pour chaque option.
Progression du virus et demande de soins
Quel serait l’état des lieux si aucune intervention non pharmaceutique (INP) n’est mise en place ? Selon cette étude, 81% des populations de la Grande-Bretagne et des États-Unis seraient infectés lors de l’épidémie. Ce qui impliquerait 510.000 décès pour la Grande-Bretagne et 2,2 millions pour les Etats-Unis. En effet, sans aucune intervention, le pic de demande en soins intensifs serait 30 fois supérieur à la capacité d'accueil des deux pays.
Quelle politique choisir ? Deux options.
La suppression : cela reviendrait à rendre le taux de reproduction (*) du virus inférieur à 1. De ce fait, on mettrait fin à l’épidémie par la guérison (ou le décès) de la dernière personne infectée. Cette politique engendre des interventions spécifiques qui supposent un coût très important.
L’atténuation : l'objectif ici est de gagner du temps en bloquant le taux de reproduction naturelle du virus et permettre ainsi au système de santé de soigner les malades et trouver un vaccin. Les INP dans ce cas sont moins drastiques et par conséquent leur coût, notamment économique, est moindre, mais la sécurité sanitaire n’est pas à son optimum..
Chaque option lance des défis aux Etats et à la population. Bien que la première, c’est-à-dire la suppression, impliquerait un coût socio-économique très important qui fragiliserait le bien-être de la population, elle a, en Chine et en Corée du Sud, bien fait ses preuves.
Dans la seconde option, à savoir l’atténuation, c’est l’immunité de la population qui ferait la différence. Celle-ci se renforcerait tout au long de l’épidémie et ferait ainsi baisser le nombre de cas à long terme. Par contre, les personnes à risque ne seront jamais complètement protégées du virus.
Les INP et leur impact
Dans l'étude, 5 types d'interventions sont envisageables, selon le degré de propagation du virus :
- les personnes contaminées devront s'isoler 7 jours dans leur domicile;
- la quarantaine pour une durée de 14 jours pour les individus vivant sous le même toit qu'une personne contaminée;
- la distanciation sociale pour les personnes âgées;
- la réduction de tous les contacts en dehors du foyer;
- la fermeture des institutions telles que les écoles et les universités.
Voir le graphique en haut de page.
Pour la politique d'atténuation, ces mesures réduiraient les décès de moitié et la demande en soins intensifs de deux tiers. Cependant, en s'allongeant dans le temps, cela entraînera tout de même des décès et un débordement des soins intensifs de 8 fois supérieur à ce qu'ils sont capables d'absorber.
Ainsi, la politique de suppression semble nécessaire dans les pays qui sont capables de la mettre en place.
Qu’en est-il du Maroc ?
Selon le centre de recherche Tafra, les mesures strictes mises en place par les autorités marocaines s'apparentent à celles de la suppression.
Néanmoins, il est important de rappeler que le résultat reste tout de même incertain et qu’il reste subordonné à l'adoption par la population de mesures réduisant la transmission et à la durée nécessaire pour parvenir à endiguer le virus.
Une possibilité reste néanmoins à envisager, celle du testing de masse qui a été pratiquée en Corée du Sud. Cette dernière a joué un rôle déterminant face à la propagation du virus.
Reste à savoir si les pouvoirs publics des pays en voie de développement, tels que le nôtre, pourront administrer les tests à grande échelle, cette étude ayant été réalisée pour des pays socio-économiquement différents du Maroc.
(*) : Le taux de reproduction, indique combien de personnes, en moyenne, sont infectées par une personne malade.
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.