Dispositif de financement des jeunes et des TPME : derniers réglages
L’annonce officielle est imminente, selon nos sources. L’outil est prêt, les banques aussi. Le ministère des Finances, BAM et le GPBM doivent arrêter les derniers paramètres relatifs entre autres aux ressources et leur coût.
Le lancement du dispositif spécial de financement des jeunes diplômés, des projets d’auto-emploi et des TPME exportatrices a été promis par le gouvernement pour le 1er janvier 2020.
La mise en place de ce mécanisme a été décidée suite à l’appel du Roi aux banques pour se mobiliser davantage en faveur des jeunes et de l’emploi, prononcé lors de son discours d’ouverture de l’actuelle session parlementaire.
Les premières réunions entre le ministère des Finances, Bank Al-Maghrib et le Groupement des banques ont démarré au lendemain du discours royal. Un fonds de soutien au financement de l’entrepreneuriat a été mis en place dans le cadre de la loi de finances 2020 pour, entre autres, garantir les prêts qui seront accordés par le secteur bancaire. Et selon nos sources, les banques ont remis leurs copies aux trois parties qui chapeautent le dossier.
Où en est ce dispositif ? Nous sommes vendredi 3 janvier et aucune annonce n’a été faite. Contacté, le ministère des Finances n’a pas donné suite à notre demande à l’heure de la publication de cet article. Pour sa part, le GPBM n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
Nous avons approché des patrons et responsables de grandes banques et établissements publics qui ont accepté de nous livrer un éclairage. Leurs déclarations concordent : l’outil est prêt, les banques sont techniquement prêtes, le lancement officiel est imminent, les trois parties que sont le ministère des Finances, BAM et le GPBM doivent arrêter les derniers réglages.
Agir sur les coûts
Selon le patron de l’un des établissements concernés par le dispositif, les trois parties doivent se mettre d’accord sur l’allocation des ressources. Il ne donnera pas plus de détails.
Le directeur d’une banque de la place explique, lui, que la matière première de la nouvelle offre est la liquidité (l’argent) et que ses ingrédients sont le coût de la liquidité, le coût des capitaux propres et le coût du risque anticipé des crédits.
Concrètement, une banque a besoin d’être refinancée par la Banque centrale pour pouvoir accorder des crédits dans le cadre de ce dispositif. Quelle enveloppe sera mise à disposition par BAM ? A quel coût et sous quelles conditions ?
Une fois octroyés, ces crédits consomment les fonds propres des banques (qui ont un coût) compte tenu des règles prudentielles qui exigent leur provisionnement (les provisions viennent en diminution des capitaux propres). A moins qu’ils soient garantis par l’Etat. A combien s’élèvera la garantie du Fonds de soutien au financement de l’entrepreneuriat ?
Par ailleurs, les banques facturent le coût du risque qu’elles encourent dans leur taux d’intérêt. Pour les crédits accordés dans le cadre de ce dispositif, ce coût dépendra de la proportion de la garantie étatique, mais également de l’évaluation que feront les banques du profil de risque de la clientèle cible. A combien s’élèvera-t-il ?
Ce sont, entre autres, à toutes ces questions que les derniers paramétrages doivent répondre.
Travailler sur tout l'écosystème
Cela dit, nous apprenons qu’à l’occasion du lancement de ce dispositif, les banques pourront soit lancer de nouvelles offres soit en améliorer celles qui existent déjà. Et les conditions des crédits ne seront pas les mêmes partout. Le marché restera concurrentiel.
Notons qu’il est attendu des banques de faire un effort en matière de coût et de conditions de crédit. Elles sont également appelées à se mobiliser à travers une plus grande prise de risque, une meilleure organisation et implication du capital humain, une bonne communication… Certaines ont déjà fait preuve de célérité dans le traitement des dossiers des TPE durant ces derniers mois.
Elles devront par ailleurs prendre des engagements en matière de distribution de crédits et aller elles-mêmes chercher les TPE et les entrepreneurs, une clientèle pas souvent bancarisée.
A rappeler qu’un mécanisme tripartite d'évaluation périodique des réalisations sera mis en place entre le ministère des Finances, Bank Al-Maghrib et le GPBM.
Un banquier tient enfin à souligner que maximiser l’impact de ce dispositif nécessite de travailler sur tout l’écosystème des TPE et de l’entrepreneuriat : accès aux marchés, délais de paiement, simplification des procédures administratives, accompagnement technique…
>>Lire aussi:
Financer les jeunes et les TPME: beaucoup de contraintes à lever
Financement : voici ce qu’attendent les auto-entrepreneurs des banques
À découvrir
à lire aussi
Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.
Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.
Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.
Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.
Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.