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TOURISME

Tourisme: Hausse importante des investissements hôteliers à Rabat

7 conventions d’investissements ont été signées en 2019 pour construire de nouveaux grands centres hôteliers dans les 3 ans à venir. Sur les 8,33 MMDH prévus, Rabat s’adjuge la part du lion avec 4 projets budgétisés pour un montant de 7,6 MMDH. Interrogé sur ces énormes investissements dans une ville qui ne connaît pas une forte fréquentation touristique, le vice-président de la CNT les juge nécessaires sachant qu’elle a un grand retard à combler en termes d’infrastructures hôtelières.

Tourisme: Hausse importante des investissements hôteliers à Rabat
Samir El Ouardighi
Le 28 novembre 2019 à 16h28 | Modifié 11 avril 2021 à 2h44

Sur les 7 projets signés entre opérateurs marocains et étrangers, d'un côté, et la commission étatique des investissements de l'autre, plus de 90% de l’enveloppe d'investissement prévue sera consacrée à de nouveaux hôtels à Rabat.

1 énorme projet financé par des Marocains, 3 par des Emiratis

Composé d’un hôtel de luxe, d’une salle de congrès, de bureaux, de restaurants et d’enseignes commerciales, le 1er projet d’une valeur de 4,803 MMDH sera financé par des capitaux marocains dont nous n'avons pas pu identifier les initiateurs.

Le second qui proposera la même offre hôtelière devrait coûter 1,568 MMDH à ses promoteurs venus des Emirats arabes unis. Même nationalité pour les investisseurs qui injecteront 1,2 MMDH dans un 3ème complexe hôtelier qui se distinguera des autres en accueillant un vrai palais des congrès.

Moins conséquent, le dernier investissement hôtelier sera également lancé par des Emiratis qui investiront 109 millions de dirhams pour rénover et surtout agrandir la villa Diyafa.

Au total, ce sont donc 7,612 MMDH qui seront investis dans le secteur hôtelier et commercial de Rabat.

Sollicité par Médias24, Fouzi Zemrani qui co-préside la CNT déclare que ces investissements viennent, enfin, à temps pour développer l’attractivité touristique de la capitale longtemps délaissée.

Rabat en sous-capacité hôtelière

"Nous ne pouvons que nous féliciter des montants qui vont être injectés dans des infrastructures hôtelières de la capitale. Ceci dit, l’investissement ne se décrète pas car malgré toutes les promesses étatiques d’avantages sur la fiscalité et le foncier, les investisseurs ne viennent que pour la rentabilité.

"Certes, cette ville ne fait pas le plein pendant les fêtes d’années. Mais il ne faut pas la sous-estimer, car tout le reste de l’année s’avère très lucratif pour ses opérateurs hôteliers. Contrairement à une idée reçue, leurs établissements affichent complet pendant la semaine et ne sont désertés que les week-ends.

"Sachant qu’il est parfois difficile de trouver dans des hôtels classés 4 et 5 étoiles, très fréquentés par des hommes d’affaires ou les touristes faisant escale de 2 jours, ces projets vont donc renforcer sa capacité d’accueil devenue insuffisante", précise Zemrani.

Selon les derniers chiffres que nous avait communiqués le président du CRT de la ville, Hassan Bargach, la capitale reçoit environ 250.000 arrivées par an, réalise 800.000 nuitées pour un taux d'occupation hôtelier qui varie entre 60 et 70%.

Premier palais des congrès de la capitale

"Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de la capitale du pays qui doit non seulement donner envie aux touristes étrangers de séjour (TES) mais qui veut en plus devenir la capitale culturelle de l’Afrique.

"De plus, la construction prévue d’un palais des congrès dans le cadre d’un des 3 projets émiratis est une grande première à Rabat sachant que jusque-là, il fallait se rendre à celui de Skhirat pour accueillir un événement de grande ampleur.

"Si le montant de l’investissement total peut faire des envieux dans d’autres villes, il s’impose car la ville a vraiment un grand retard à combler. C’est un juste retour des choses car l’image du pays ne doit pas souffrir d’un décalage quantitatif ou qualitatif avec d’autres offres", explique Zemrani.

Des investissements dans l’hôtellerie mais aussi dans des énormes malls

A la question de savoir si ces importants investissements s’avéreront rentables pour une city-break qui accueille essentiellement des hommes d’affaires ou des amateurs du week-end, le vice-président affirme que cette nouvelle offre répond à un besoin de combler une capacité d’accueil dépassé.

"Bien évidemment qu’ils seront rentabilisés. En dehors de ces centres hôteliers qui comprendront des bureaux, des commerces, des restaurants …, il n’y a qu’à voir la multiplication des malls à Rabat.

"Cela veut simplement dire que la demande est présente, sans quoi les opérateurs étrangers et marocains ne se risqueraient pas à investir dans des sommes se chiffrant en milliards de dirhams.

Marrakech n’a pas besoin de tels investissements

"Avec toutes les nouvelles infrastructures dont la ville a profité (aménagement des rives du Bouregreg, tramway, nouveau pont, doublement de la capacité de l’aéroport …), ces projets arrivent en terrain connu pour accompagner le développement continu du trafic touristique", précise Zemrani qui ajoute que son discours serait différent si les 7,6 MMDH avaient été injectés à Marrakech.

"Dans la ville ocre, nous n’allons pas faire surchauffer la machine en créant une offre pléthorique.

"Ce n’est pas le cas de Rabat qui a encore un grand retard en termes d’infrastructures hôtelières", conclut le vice-président en précisant qu’elle doit être revue de fond en comble pour devenir la capitale culturelle de l’Afrique.

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Samir El Ouardighi
Le 28 novembre 2019 à 16h28

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