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ECONOMIE

Les premiers détails sur l'Agence nationale du médicament

L'Agence nationale du médicament qui remplacera la Direction du médicament sera un établissement public indépendant, doté d'une autonomie financière. Les benchmarks sont en cours, mais l'agence ne verra pas le jour avant deux ans au moins. 

Les premiers détails sur l'Agence nationale du médicament
Hayat Gharbaoui
Le 12 septembre 2018 à 16h02 | Modifié 12 septembre 2018 à 16h02

Le département dirigé par Anas Doukkali planche actuellement sur la transformation de la direction du médicament en une agence indépendante. L’idée de la mise en place de l’Agence nationale du médicament n’est pas nouvelle.  

En 1999, le ministère de la Santé avait formulé une demande pour transformer la direction du médicament en Segma comme premier pas vers la création de l’agence. L’idée n’aboutira pas et restera dans les tiroirs du ministère jusqu’à ce que le précédent ministre de la Santé Lhoussaine Louardi l'exhume en 2017, et que son successeur Anas Doukkali décide de travailler dessus.

Une agence indépendante et autonome financièrement

"Avant, le ministère était peut-être occupé par son rôle régalien et donnait donc plus d’importance à ce rôle qu’à l’organisation du secteur. Les choses ont évolué depuis, et le Maroc a fait d’énormes avancées, ce qui nous permet de penser à externaliser certaines missions et ne garder que celles ayant trait à l’aspect stratégique et régalien", nous confie une source au ministère de la Santé.  Et d’ajouter, "nous pensons que le ministère ne peut pas être juge et partie".

Il ne faut pas oublier qu’actuellement, le ministère est prestataire de soins, acquéreur de médicaments, autorité qui délivre les autorisations de mise sur le marché et qui assure le contrôle.

L’octroi des autorisations de mise sur le marché, des certificats d’enregistrement ou la réalisation d’études de bioéquivalence, sont des exemples des tâches qui incomberont à la future agence nationale du médicament. Le contrôle, lui, restera un attribut du ministère.

Le concept de l’agence est encore à ses balbutiements. Le département n’a pas encore d’éléments concrets sur son organisation ou son fonctionnement. Mais l’idée principale est de mettre en place une agence sous forme d’établissement public indépendant, doté de "plus de ressources et de moyens, plus de liberté d’action, la possibilité de recourir plus facilement à des experts et des qualifications externes au département, être à mi-distance entre le public, le privé et les industriels, les prestataires de soins, … ", assure notre source.

Cette agence aura également l’autonomie financière. Elle proposera ses services et collectera ses recettes. "En ayant des recettes propres, l’agence aura la possibilité de procéder à des investissements pour améliorer la qualité des services fournis, améliorer les délais de réponses pour l’octroi des AMM, des certificats, …", nous explique-t-on.

Pour l’heure, le ministère en est à peine au stade du benchmark. Le département a passé en revue plusieurs modèles notamment le français, l’américain et le canadien. "Nous regardons de près également les modèles adoptés par les pays africains ainsi que le modèle jordanien". La Jordanie vient de créer sa "Food & Drugs administration".

Les industriels saluent l’initiative

"Non seulement c’est une excellente idée, mais c’est une mesure indispensable pour une gestion encore plus rationnelle et professionnelle du médicament au Maroc à l’instar de ce qui se passe à l’international", assure à Médias24, Ali Sedrati président de l’AMIP.

La mise en place d’une agence indépendante pour la gestion du médicament est "dans l’intérêt premier du citoyen car il y va de sa sécurité sanitaire et permettra un accompagnement optimal du secteur", explique Ali Sedrati.

Le président de LEMM (Les entreprises du Médicament au Maroc), Amine Benabderrazik verse dans le même sens. "C'est une excellente décision. Nous soutenons cette idée depuis quelques temps déjà. Avec cette décision, le Maroc passe une étape importante pour se mettre au niveau des standards internationaux en matière de gouvernance et d’organisation du secteur pharmaceutique. Cela est un signal positif fort envoyé par les autorités à l’ensemble des laboratoires pharmaceutiques et aux professionnels de santé", nous explique-t-il. 

Pour les industriels du médicament, le fait de doter cette agence de l’autonomie financière et des moyens humains et matériels, lui permettra d'apporter "une plus grande diligence dans le traitement des dossiers des opérateurs", affirme Sedrati et "procurera plus de poids au secteur du médicament tout en permettant au Ministère de mieux se recentrer sur l’organisation et la gouvernance des autres secteurs de la santé", ajoute pour sa part Benabderrazik. 

La réussite de cette agence dans sa mission nécessite certains préalables selon les professionnels:

- Les conditions humaines et matérielles les plus adéquates. Une telle agence a besoin de compétences très pointues.

- L’achèvement et la mise en place de toutes les procédures et réglementations plus cohérente pour la politique du médicament et l’industrie pharmaceutique.

- La création d'un véritable cadre de concertation avec l'ensemble des laboratoires pharmaceutiques, nationaux et internationaux, et des professionnels de la santé de manière générale.

- S'extraire des considérations politiques pour adopter une approche pragmatique, opérationnelle et transparente, en phase avec les besoins réels des populations.

Quoi qu'il en soit, il reste beaucoup à faire avant que cette agence ne voit le jour. "Entre mener la réflexion, arrêter une vision, opter pour un modèle, préparer le texte de loi, le valider avec tous les partenaires, le passer en Conseil de gouvernement et au Parlement, nous nous donnons deux ans, si tous les délais sont respectés", nous confie notre source au ministère de la Santé.

 

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Hayat Gharbaoui
Le 12 septembre 2018 à 16h02

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