Des ventes de voitures d’occasion bloquées à cause d’impôts et taxes impayés
L’information est rapportée par Uniconso. Depuis quelques jours, les services des mines dans la capitale économique bloquent les dossiers de mutation des cartes grises si le vendeur est redevable d’impôts et taxes de quelque nature qu'ils soient. La DGI assure n’avoir ordonné l’inscription d’une opposition qu’en cas d’impayés relatifs à la TSAV (vignette). Au moment de la mise en ligne de cet article, les responsables du ministère du Transport n'avaient pas réagi à nos demandes d'information. Mais au vu de la nature des impôts et taxes concernés, c'est certainement la TGR qui s'est opposée aux mutations, conformément au Code de recouvrement des créances publiques.
Pour rappel, la Direction générale des impôts avait publié, le 4 juillet dernier, un communiqué où elle exhorte les propriétaires des véhicules qui n’ont pas encore payé la TSAV (vignette) à régulariser leur situation. «Les défaillants, dont la liste exhaustive a été établie, encourent l’inscription d’une opposition à mutation sur leurs véhicules auprès des Services des Mines», lit-on sur le communiqué.
Quelques jours plus tard, l’association de protection du consommateur Uniconso rapporte que des dossiers de mutation de véhicules sont bloqués en raison d’impôts et taxes impayés autres que la TSAV.
Cette situation soulève au moins trois questions:
1- Sur quelle base les services des mines rejettent-ils le transfert de propriété d’un véhicule d’occasion pour cause d’impôts impayés ? Est-ce une décision de la DGI ou de la TGR?
2- Comment peut-on bloquer la cession d’une voiture à cause du non-paiement d’impôts qui n’ont rien à voir avec le véhicule ? Quelle est la base juridique ?
3- Pourquoi l'opposition est-elle notifiée à l’acheteur au moment de l’inscription auprès des services des mines, c’est-à-dire après la conclusion de la transaction avec le vendeur, et pas au vendeur ?
Des milliers de cas, selon Uniconso
Me Fatima Ezzahra Mouji, notaire et vice-présidente de l’association, livre deux cas concrets.
Un des dossiers bloqués concerne la vente d’une voiture par un propriétaire redevable au fisc d’un montant de 16.000 DH. L’acheteur, qui a déjà conclu la vente et payé le propriétaire, est retourné voir ce dernier pensant qu’il s’agit d’impayés relatifs à la vignette.
Le vendeur, qui était en possession de tous les reçus de paiement de la vignette, s’est déplacé avec l’acheteur pour connaître la nature des impayés. Les responsables au niveau du service des mines, qui ne disposaient pas de l’information, ont renvoyé les concernés à la Perception indiquée où ils ont découvert qu’il s’agit de taxes d’édilité d’un immeuble qui appartenait au vendeur.
Après clarification de la situation et production des justificatifs nécessaires (la taxe d’édilité était indûment exigée), les deux parties ont pu procéder à la mutation.
Le second dossier concerne la vente d’un véhicule par une personne exerçant une profession libérale qui avait subi un redressement sur la taxe professionnelle il y a quelques années, resté impayé jusqu’à ce jour.
Selon Me Mouji, les dossiers bloqués au niveau des services des mines se comptent par milliers.
Cette situation peut être lourde de conséquences sur les acheteurs de véhicules d’occasion qui se trouvent dans l’incapacité d’inscrire à leurs noms les véhicules achetés et payés si les vendeurs ne régularisent pas leur situation avec le fisc.
Elle risque également de provoquer de fortes perturbations au sein des services d’immatriculation qui peinent déjà à remplir convenablement leur rôle sachant qu’ils comptabilisent plus de 500.000 mutations de cartes grises par an.
La DGI dit être disposée à étudier tous les cas réels qui relève de son ressort
Contacté par Médias24, Omar Faraj, directeur général des impôts, dément catégoriquement avoir pris une telle décision. Selon lui, seuls les impayés relatifs à la TSAV donnent lieu à une opposition de la DGI sur la mutation des véhicules.
M. Faraj cite un autre cas où la vente d’un véhicule peut être bloquée: celui d’une saisie mobilière. Mais la saisie n’est pas décidée par la DGI, elle est prononcée par un juge.
Le directeur des impôts affirme que le blocage de la mutation pour des raisons autres que des impayés de la TSAV ou une saisie mobilière prononcée par un tribunal est un déni de droit flagrant. Il dit être prêt à étudier tous les cas réels qui relèvent de sa direction et qui peuvent lui être transmis par des représentants comme les associations de consommateurs.
Sur quelle base donc les services des mines bloquent-ils les dossiers de mutation? Y a-t-il eu mauvaise interprétation de la décision de la DGI concernant la TSAV? «Peut-être, il faut vérifier ça avec le ministère des Transports», réagit Omar Faraj. Mais comment le département des transports ou le service des mines peuvent-ils détenir des informations sur la situation d'un contribuable vis-à-vis du fisc si ces infos n'ont pas été transmises soit par la DGI, soit par la TGR ? Etrange.
Selon Me Mouji, les responsables au niveau des services des mines se contentent de dire que la décision a été prise à Rabat.
L'article 69 du Code autorise la TGR à s'opposer aux mutations
Contactés par Médias24, le Directeur des transports routiers et de la sécurité routière ainsi que le cabinet du Secrétaire d’Etat chargé du transport n'avaient pas donné suite à nos sollicitations au moment de la mise en ligne de l'article.
En fait, au vu de la nature des impôts et taxes concernés par les cas d'opposition rapportés par Uniconso (taxe d'édilité et taxe professionnelle, entre autres), c'est la TGR qui peut procéder à l'opposition et non la DGI. Le recouvrement des taxes locales et professionnelles relève des prérogatives de la première. Et la législation lui accorde ce droit.
Selon l'article 69 du Code de recouvrement des créances publiques, "(...) Les véhicules terrestres à moteur appartenant aux redevables d'impôts, taxes et autres créances publiques, peuvent faire l'objet de mesures d'exécution par voie d'immobilisation ou d'opposition auprès des centres immatriculateurs (...)"
Et selon l'article 75 du même Code, "Toute mutation de véhicule intervenant autrement que par voie de justice ne peut être opérée que sur justification du paiement des créances pour lesquelles il a été fait opposition".
À découvrir
à lire aussi
Article : Au Brésil, le Maroc n’étonne plus, c’est la Seleção qui inquiète
Le coup de sifflet final n’a pas seulement scellé un match nul spectaculaire entre le Maroc et le Brésil (1-1) lors du Mondial 2026. Il a donné naissance à un constat largement partagé dans la presse internationale, et particulièrement au Brésil : les Lions de l’Atlas ne sont plus l’équipe surprise. Ils sont désormais confirmés comme un adversaire de premier rang, capable de rivaliser avec les plus grandes nations du football mondial.
Article : Alerte météo. Temps chaud et averses orageuses dans certaines provinces
Un temps chaud et des averses orageuses sont attendus dans plusieurs provinces, annonce la Direction générale de la météorologie (DGM) dans un bulletin d’alerte de niveau de vigilance orange.
Article : Mondial 2026 : après Maroc-Brésil, Ouahbi fier mais pas euphorique, Ancelotti appelle la Seleção à “s'améliorer”
Face à la presse, le sélectionneur marocain a insisté sur l’ambition nouvelle de son groupe, tandis que le technicien italien a reconnu les limites affichées par l'équipe brésilienne pour son entrée en lice.
Article : Coupe du monde 2026. Le Maroc bouscule le Brésil mais doit se contenter du nul (1-1)
Après une entame énergique et l’ouverture du score par Ismaïl Saibari, l’équipe nationale a concédé l’égalisation face au Brésil, ce samedi 13 juin dans le New Jersey. Les Lions de l’Atlas sont toujours dans la course à la qualification. Ils pourront valider leur billet contre l’Écosse lors de la deuxième journée, vendredi 19 juin.
Article : Mondial 2026 : des fan zones à Casablanca et Rabat pour vivre les matchs
À l’occasion de la Coupe du monde 2026, un réseau de fan zones sera déployé dans plusieurs villes marocaines afin d’accompagner les Lions de l’Atlas et permettre aux supporters de vivre pleinement la compétition.
Article : Le Festival Gnaoua, d’un pari culturel à un modèle de rayonnement pour le Maroc
Trente ans après sa création, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira s’est imposé comme bien plus qu’un événement musical. Invitée de Médias24, sa fondatrice Neila Tazi revient sur les origines de cette aventure née à la fin des années 1990 et devenue, au fil des éditions, un levier de transformation pour la ville d’Essaouira et un outil de rayonnement pour le Maroc.