Un Gadiri accuse un député PJD de l’avoir instrumentalisé pour salir ses adversaires
A Agadir, Ezzaky Bahcine, qui rédige des articles pour la presse locale accuse un député PJD de l'avoir utilisé pour ternir l'image d'un adversaire politique. Une plainte a été déposée auprès du tribunal de première instance.
Manipulation ou faute professionnelle?
Ezzaky Bahcine, un journaliste opérant à Agadir, accuse le député PJD Ismail Choukri de l'avoir instrumentalisé pour attaquer des adversaires politiques. Il a déposé plainte auprès du tribunal de première instance d'Agadir, dont copie a été diffusée aux médias.
Le journaliste reproche au parlementaire, également membre du conseil de la ville, de lui avoir communiqué de fausses informations sur Jamal Anouar, secrétaire général de la préfecture, l'incitant à rédiger des articles où il traite ce dernier de "corrompu ayant exploité le projet royal Agadir sans bidonvilles à des fins personnelles." Chose qui lui a valu un procès en diffamation, qu'il a perdu.
En effet, suite aux articles publiés par M. Ezzaky, M. Anouar a déposé plainte. Un procès s'ouvre et le journaliste n'arrivera jamais à prouver la véracité de ses attaques, faute de documents corroborant leur contenu. Résultat: une condamnation à 300.000 DH de dommages-intérêts.
Mais pourquoi a-t-il publié des articles, sachant qu'il ne tenait comme preuve que la parole d'Ismail Choukri? Dans une vidéo publiée le 6 février 2017, le journaliste dit avoir "fait confiance" au député, lequel avait fait "la promesse de lui transmettre tous les documents en cas de besoin." Le besoin se présentant, la promesse n'a pas été tenue.
"Ismail Choukri m'a utilisé pour ternir l'image professionnelle et administrative de Jamal Anouar", déplore M. Ezzaky, amer.
L'épouse de M. Anouar, Najat, a également été prise à parti dans des articles signés Ezzaky, sur la base d'informations que ce dernier dit avoir recueilli par la même source.
Dans ces articles, l'intéressée (présidente de l'association Ne Touche pas à mon enfant), qui s'était portée candidate aux élections législatives de 2016, avait fait l'objet d'attaques virulentes, faisant état de sa proximité d'une supposée "mafia de l'immobilier." Accusations que l'auteur ne réussira pas à prouver, encore une fois, faute de documents que le député lui aurait promis.
"A Rabat, ils se plaignent du Tahakkoum, mais dans d'autres villes, il désignent des personnes déterminées qu'ils attaquent par personnes interposées n'appartenant pas à leur parti", dit M. Ezzaky.
Une pratique qu'il assimile "à l'utilisation des kamikazes par les organisations terroristes pour tuer de tierces personnes", ajoute-il. Revanchard, il promet de déterrer les secrets du député, qu'il accuse d'employer le terme "Imara islamique" pour désigner la ville d'Agadir. En attendant, sa plainte sera traitée en justice.
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