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Affaire Sadiki. Demi-soutien du PJD au maire de Rabat

Le PJD a fini par apporter un demi-soutien au maire de Rabat Mohamed Sadiki, qui se trouve dans une posture difficile, dans le cadre de l’affaire dite de la Redal.

Affaire Sadiki. Demi-soutien du PJD au maire de Rabat

Le 12 avril 2016 à 16h41

Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Le PJD a fini par apporter un demi-soutien au maire de Rabat Mohamed Sadiki, qui se trouve dans une posture difficile, dans le cadre de l’affaire dite de la Redal.

Le PJD a choisi une structure intermédiaire, son secrétariat régional pour Rabat-Salé-Kénitra, pour diffuser un véhément communiqué de soutien à Mohamed Sadiki.

Ce choix signifie une seule chose: au stade actuel, la direction nationale du PJD a évité de se mouiller. Or, il s’agit du maire de Rabat, capitale administrative du Royaume.

«De par le règlement intérieur du parti, quand l’affaire relève d’un niveau territorial, c’est le secrétariat préfectoral qui se saisit du dossier. Mais pour le cas de l’affaire Sadidki, nous avons décidé de monter d'un cran, en passant à un niveau régional», argumente Lahcen Elomrani, premier vice-président du Conseil de la ville de Rabat et porte-parole de Mohamed Sadiki.

Si ce que dit le communiqué est vrai, s’il s’agit réellement d’un complot de bas étage, tissé de toutes pièces contre le maire, il aurait été normal que tout le parti s’engage derrière M. Sadiki. Et d’abord, à travers sa direction nationale.

Le PJD régional explique son communiqué par les récents développements de cette affaire. En fait, il s’agit des articles et commentaires peu amènes que l’on a pu lire dans de nombreux journaux. Et surtout de l’intervention de l’Agent judiciaire du Royaume, qui a saisi le parquet dans le cadre de cette affaire.

>Le communiqué du PJD.

Le texte du communiqué fait suite à une réunion extraordinaire du PJD-région Rabat-Salé-Kénitra, tenue le lundi 11 avril.

Après avoir pris connaissance des données fournies par le parti et par les conseillers PJD à Rabat, le secrétariat régional du PJD exprime “sa solidarité totale“ avec M. Sadiki.  Ce dernier est qualifié de “militant“, victime “d’une offensive médiatique dirigée contre lui et contre les élus PJD de Rabat“.

Cette offensive médiatique “ne respecte pas la présomption d’innocence de M. Sadiki. Il s’agit d’un complot de bas étage, essayant de peser sur le cours de cette affaire“, accuse le PJD.

“Ce complot annonce le retour du tahakkom [domination]. Ce retour ne découragera pas le PJD“. Le PJD régional se  dit très étonné de l’intrusion de l’agent judiciaire, qui a outrepassé ses prérogatives et violé les dispositions réglementaires encadrant l’action de l’agence judiciaire du Royaume“. Le PJD à l’échelle locale va suivre attentivement et de près l’évolution de la situation.

>Quid des conditions de la mise en réforme?

Contactées par Médias 24, différentes sources du PJD estiment que l’agent judiciaire du Royaume n’a pas à intervenir dans une affaire qui engage une société privée [Redal]. En réalité, Redal est délégataire privé certes, mais d’un service public et la caisse de retraite qui est engagée dans l’affaire, gère l’épargne des retraités.

«En dehors des investissements qu’elle doit engager en respect du contrat de gestion déléguée et des impôts et taxes dont elle doit s’acquitter, Redal peut gérer son argent en toute liberté, comme le ferait n’importe quelle autre société privée», déclare M. Elomrani.

Mohamed Sadiki est accusé par ses détracteurs de toucher une pension d’invalidité, alors qu’il est en état de travailler et d’avoir été mis en réforme par la Redal, son ancien employeur. I s’agit en fait d’un départ maquillé en départ pour raisons de santé, alors que ces raisons ne sont pas réelles.

"En 2012, M.Sadiki a formulé sa demande de départ. Une commission médicale interne s’est réunie pour examiner son dossier médical et a conclu au fait qu’il pouvait partir à la retraite pour des raisons de santé. Il souffrait d’hypertension artérielle", souligne le premier vice-président de la ville de Rabat.

Et d’ajouter, "l’habillage fait par Redal ne l’engage en rien. S’il avait un doute sur l’illégalité ou l’illégitimité de l’opération, il n’aurait pas accepté de signer".

Le 22 février, Mohamed Sadiki déclarait à Médias 24: "C’est un pur mensonge. Je ne touche pas de pension d’invalidité [mentale] et je n’ai jamais déposé de certificat dans ce sens chez mon ancien employeur Redal. Je défie quiconque de produire un document authentique qui prouve le contraire. Après 28 ans de service, j’ai négocié mon départ volontaire avec Redal, en même temps qu’une centaine d’autres cadres".

Enfin, le 29 février, les conseillers PAM ont annoncé la suspension de leur participation aux travaux, en attendant une enquête du ministère de l’Intérieur au sujet des conditions dans lesquelles Mohamed Sadiki, qui était salarié de la Redal, avait obtenu son départ de celle-ci.

Le 5 mars, le site Barlamane publie une série de documents qui démentent cette affirmation du maire. Ces documents sont notamment:

-Le fac-similé d’un courrier daté du 19 avril 2012, adressé par Mohamed Sadiki à la direction de Redal et demandant sa réforme pour des raisons de santé, à compter du 1er juin 2012.

-Le fac-similé d’un pv de réunion de la commission médicale réunie le 23 mai et qui a attesté que l’état de santé de l’intéressé justifiait sa mise à la réforme. La commission était composée d’un médecin-directeur de la santé à la wilaya de Rabat, du médecin de travail de Redal et enfin du médecin traitant de Sadiki, cardiologue.

-Deux fac-similés de la direction de Redal confirmant la mise à la réforme pour raisons de santé, à compter du 1er juin 2012.

-Le fac-similé du bulletin de salaire de départ, celui de mai 2012, avec un perçu net de 411.000 DH.

Après enquête, Médias24 a obtenu confirmation de l’authenticité de ces documents.

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