Le nom du futur maire de Casablanca suscite la circonspection
On ne connaît rien de ses capacités de gestion. Et surtout, certaines de ses prises de position suscitent des réserves.
Le choix du très probable futur maire de Casa, questionne d’emblée les observateurs. Son parcours universitaire et professionnel, sa carrière politique, sa qualité de ministre: bref, qui est Abdelaziz El Omari?
Né en 1968 à Errachidia, Abdelaziz El Omari obtient, en 1994, son diplôme d'ingénieur d'Etat en électronique à l'Ecole Mohammedia. Entre 1991 et 2002, d’ailleurs, il exerce en tant qu'ingénieur dans le secteur semi-public, avant de rejoindre la Faculté de Droit de Mohammedia pour y obtenir, en 2010, une licence en Droit public puis récemment en 2014, un master en gouvernance locale. Il est par ailleurs marié est père de quatre enfants.
Ingénieur, juriste et père, il l’est aussi un visage connu de la politique au Maroc. En effet, M. El Omari a été entre 2008 et 2012, secrétaire régional du Parti de la Justice et du Développement (PJD) pour la région du Grand Casablanca, président du groupe PJD à la Chambre des Représentants (2011/2012) et membre du Conseil national et du secrétariat général du PJD.
Il est depuis 2012, directeur général du parti sous la bannière duquel il cumulera trois mandats en tant que député pour la circonscription de Aïn-Sebaâ/Hay Mohammadi, de 2002 à 2014.
On lui prête surtout une grande proximité avec Abdelalilah Benkirane. Proximité qui lui vaut, d’ailleurs, d’être proposé par le chef du gouvernement au poste de ministre chargé des relations avec le parlement et la société civile. Il y sera nommé par le Roi, le 20 mai 2015, succédant ainsi à El Habib Choubani, une autre figure du «parti de la lampe».
Par ses proches, Abdelaziz Omari est perçu comme quelqu’un de diplomate, flegmatique et pieux. Sur la piété justement, un portrait de l’intéressé, disponible sur le site PJD, utilise le terme «Waraâ», renvoyant à une piété extrême.
La vidéo ci-dessus montre son intervention au cours d'un congrès de la Jeunesse du PJD à l'automne 2014. Chacun se fera son opinion, par exemple au sujet des louanges appuyées au Hamas, cité en exemple ou au sujet de la "progressivité" dans la démarche, principe de base dit-il des partis islamistes qui ont "réussi"...
Le profil de Abdelaziz Omari en tant que futur maire de Casablanca suscite des réserves au sein d'une partie de la société civile, malgré son récent master en gouvernance locale. On ne lui connaît pas d’expérience en matière de gestion mais ce n'est pas rédhibitoire, il faudra juger sur pièces. Casablanca n’est pas n’importe quelle ville, elle est une vitrine du Maroc, elle a besoin d’une vision. D'autres mettent en avant son intégrité et pour le reste, estiment qu'il saura s'entourer de gens compétents et qu'il apprendra vite.
C'est surtout sa récente sortie à Sidi Bernoussi lors d’un meeting présidé par Benkirane, qui a suscité des interrogations au sein d’une partie de la population. Il a en effet cru utile et pertinent, dans une campagne d’élections communales et régionales, de rappeler comme un fait glorieux, la manifestation de mars 2000 au cours de laquelle la frange la plus conservatrice de la société a manifesté son opposition au plan dit d’intégration des femmes au développement. (A 2'15, vidéo ci-dessous)
En quoi le rappel de cet épisode était-il pertinent?
Ce rappel signifie-t-il que M. Omari s’inscrit toujours dans la logique de l’époque? M. Omari accepte-t-il la réforme de la Moudawana, votée àl’unanimité par le PJD ? Et s’il l’accepte, pourquoi ce rappel d’un épisode peu glorieux et régressif? En tant que maire, quelle politique culturelle aura-t-il?
Si M. Omari est élu maire de Casablanca, une partie de la population l’accueillera avec circonspection. C'est ce que nous avons constaté à travers différents contacts avec la société civile.
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