Elections. L'Istiqlal présente un programme commun à toute la ville de Casablanca
L'istiqlal présente un programme commun aux 16 arrondissements que compte la ville de Casablanca. Compte rendu.
Yasmina Baddou, Karim Ghellab et Houcine Nasrallah, respectivement têtes de liste de l’Istiqlal à Casablanca-Anfa, Casablanca-Sbata et Casablanca-Fida se sont exprimés devant la presse mercredi 19 août.
L’idée qui consiste à se présenter en bloc et à présenter un programme commun pour la ville est intéressante, car cela promet un programme cohérent. Mais, il aurait été préférable que les 16 têtes de listes soient tous présents à cette rencontre.
A deux ou trois reprises, les orateurs diront qu’ils n’exposent pas de diagnostic de la Ville de Casablanca, car, celui-ci a été fait par le Roi Mohammed VI au cours d’un discours fameux en octobre 2013. Le Roi avait à l’époque épinglé la gestion de la ville, en estimant qu’il y a un problème de gouvernance.
Le programme istiqlalien, présenté par Yasmina Baddou, coordinatrice du parti pour le Grand Casablanca, est intéressant à première vue. Il a la prétention d’animer la ville, de lutter contre l’exclusion, de promouvoir la mixité sociale. La vision de l’Istiqlal tient en trois slogans: déployer une nouvelle gouvernance, réinventer la proximité, promouvoir la démocratie participative.
Le problème des slogans, c’est qu’ils restent théoriques. L’Istiqlal liste donc 4 défis concrets: accompagner l’urbanisation, développer les infrastructures, fluidifier la mobilité et les déplacements, protéger l’environnement.
L’ambition affichée est celle d’une ville pour tous. L’Istiqlal veut définir une sorte de Smig social: chaque citoyen, dans chaque commune, a droit à un minimum de prestations sociales, de divertissements, de mobilité aisée, de travail…
Yasmina Baddou affirme vouloir créer des espaces de vie au cœur de chaque quartier, renforcer les équipements de prévoyance et de sport, promouvoir les logements communaux en location, créer des équipements socio-éducatifs en faveur de la pré-scolarité, faire de la protection de l’environnement, de la propreté et du traitement des déchets, un projet de la ville. Ainsi, créer des sites Internet pour les communes et la ville, lancer une agence de régulation sociale, un transport public de grande qualité, fluide et pour tous…
Mme Baddou ne connaît pas le budget de la Ville
Tout cela ressemble à un catalogue de promesses, qui pèche un peu par les généralités et beaucoup par l’absence de financements. Interrogée par Médias 24 sur le budget de la ville de Casablanca, Mme Baddou a bien montré qu’elle n’en connaît pas le montant, répondant à côté à deux reprises. Effectivement, le budget de fonctionnement Casablanca n’est ni de 300 MDH, ni de 650 MDH, mais de 3 milliards de DH.
L’oratrice affirme que tous les projets présentés ont été chiffrés. Selon des sources proches, il est question de mettre en œuvre des mécanismes nouveaux à l’échelle communale comme le partenariat public-privé.
Pour résumer, il existe déjà une vision 2015-2020 pour Casablanca, celle du tandem Sajid-Safir. Va-t-on s’inscrire en rupture ou dans la continuité? Pas de réponse claire. Par contre, les idées que l’on peut retenir sont les suivantes:
-la mixité sociale;
-le Smig social en termes de prestations, d’emploi, d’animation de la ville, de culture et de divertissement, pour tous les Casablancais, quelle que soit leur commune, pour lutter contre l’exclusion;
-l’exercice plein de toutes les prérogatives dévolues par la loi aux élus communaux.
Pendant que Mme Baddou parlait, Karim Ghellab était plongé dans la contemplation de son smartphone sur lequel il pianotait de temps en temps. Plus politique, et maîtrisant mieux ses dossiers, il lèvera la tête de son écran pour lancer au moins quatre idées fortes:
-si vous voulez le changement à Casablanca, il faut voter Istiqlal, car, ce parti n’a pas été impliqué dans la gestion de la ville depuis 12 ans;
-en raison des progrès de la connectivité (autoroute, rail, LGV), Casa risque de devenir moins attractive pour les investisseurs. Or, sans investissements, la ville risque “l’arrêt cardiaque“. La Ville devra fournir des terrains aux investisseurs, de préférence à proximité de l’autoroute;
-il faudra éviter de créer des ghettos: chaque nouveau quartier doit avoir ses logements, ses équipements, ses prestations sociales, et ses zones d’activités économiques;
-il y a un problème de gouvernance et une fuite devant les responsabilités. Le futur conseil de la ville doit exercer la totalité de ses prérogatives sans se cacher derrière quoi que ce soit ni qui que ce soit.
Rendez-vous le 4 septembre.
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