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ECONOMIE

Un arsenal financier inédit pour les écosystèmes de l’automobile

Après l’annonce de l’arrivée de PSA à Kénitra, la stratégie industrielle pour l’automobile se précise, avec l’engagement des banques aux côtés des écosystèmes.  

Un arsenal financier inédit  pour les écosystèmes de l’automobile
Ariane Salem
Le 14 juillet 2015 à 17h42 | Modifié 14 juillet 2015 à 17h42

Le ministre de l’Industrie et le président de l'Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (AMICA) ont signé mardi trois conventions de partenariat, avec respectivement la Banque Populaire, Attijariwafa Bank et le groupe BMCE Bank, visant l’accompagnement du déploiement des écosystèmes automobiles.

Ces conventions viennent concrétiser l’engagement des banques pris auprès du secteur lors du lancement du Plan d’accélération industrielle en avril 2014.

Désormais poussée par la locomotive Peugeot, la stratégie des écosystèmes automobiles commence à s’organiser. Elle doit permettre au Maroc de se hisser au rang des constructeurs mondiaux.

«Nous atteignons aujourd’hui 600.000 véhicules programmés, ce qui nous place parmi les pays de référence en termes de construction automobile. Atteindre 1 million de véhicules permettra d’asseoir notre position», a déclaré MHE. 

Une offre financière dédiée

L’offre bancaire à destination des 4 écosystèmes automobiles comprendra l’avance sur crédit de TVA - essentielle pour ce secteur à vocation exportatrice-, les différents types de financement en devises, le factoring pour accélérer le recouvrement des factures des sous-traitants, les financements en relais sur les subventions d’investissement et de formation.

Le financement de l’investissement en dirhams ou en devises fait également partie de cette offre, en vue de faciliter l’installation et le développement d’entreprises au Maroc et de concourir ainsi à relever le taux d’intégration du secteur.

Pour répondre aux exigences d’intégration locale et mettre à niveau le secteur, les besoins d’investissement identifiés atteignent une enveloppe de 60 à 80 MMDH d’ici 2020

«Nous avons dans un premier temps écouté les opérateurs des écosystèmes automobiles, pour comprendre leurs besoins et proposer des services adaptés», a expliqué Soumia Alami Ouali, DGA de BP.

Les besoins du secteur automobile s’articulent autour de deux concepts centraux: l’intégration et la sous-traitance.

L’intégration des entreprises suppose leur transformation: mise à niveau technique et technologique, changements d’échelle, intégration de nouvelles activités par un développement en joint-venture. Les banques s’associent à ces transformations, en mettant à disposition les crédits de développement nécessaires. Les besoins d’investissement sont colossaux: entre 60 à 80 MMDH à l’horizon 2020. 

Le concept de sous-traitance recouvre la relation clients-fournisseurs et les problématiques de trésorerie que rencontrent ces derniers. Les banques partenaires veulent s’engager à leur côté avec une offre consacrée. Le crédit de TVA est un élément important, offert exclusivement par la BP aux entreprises faisant face à des délais importants de remboursement des crédits. La BP couvre jusqu’à un an une avance sur crédit de TVA pour les entreprises exportatrices.

Le factoring -ou affacturation- est un autre élément essentiel de la panoplie financière. Sa réalisation est permise par l’organisation en écosystème, détaille S. Alami Ouali, car l’ensemble de la chaîne de valeur est ainsi bien identifié par la banque, ce qui réduit notablement le risque de défaut. 

Complète, cette offre financière est également inédite. Les banques ne s’étaient effectivement pas engagées avec une offre dédiée au temps de l’arrivée de Renault: «On a tiré les leçons de la première expérience avec Renault. Il faut associer l’ensemble des acteurs automobiles.» 

Pour parvenir à 60 puis 80% d’intégration

L’engagement financier doit contribuer à réaliser les objectifs assignés au secteur, en termes de création d’emplois, d’exportations et d’intégration.

Le ministre de l’Industrie a rappelé à ce titre que la mise en œuvre des écosystèmes automobiles permettra de créer, à l’horizon 2020, 90.000 nouveaux emplois, de porter le chiffre d’affaires à l’export du secteur à 120 milliards de dirhams, et le taux d’intégration locale à 60%. Et d’ajouter : «nous ne dérogerons pas d’un iota aux objectifs affichés».

Les 4 premiers écosystèmes lancés à ce jour concernent les filières du «câblage automobile», de «l’intérieur véhicule & sièges», du «métal/emboutissage» et des «batteries automobiles». D’autres écosystèmes seront déployés autour de constructeurs installés au Maroc tels que Renault et PSA et de constructeurs basés à l’étranger, tels que Ford et Volkswagen.

Peugeot s’est engagé avec l’État sur un taux d’intégration de 60% porté à 80% d’ici 2023. 

«Nous ne parlons plus de taux d’intégration hors moteur et boîte de vitesses, comme ce fut le cas pour Renault», précise Hakim Abdelmoumen, DG  de l’AMICA. «Peugeot intégrera l’écosystème moteurs et batteries. Une série de nouveaux métiers va être créée, qui va constituer une nouvelle offre exportable pour le Maroc».

La profession compte sur le dynamisme porté par Peugeot pour pousser le premier constructeur à intégrer une plus grande partie de sa chaîne de valeur localement. «Nous entrons dans la boucle positive d’industrialisation, puisque de nouveaux constructeurs s’intéressent à ces offres». 

Les équipementiers marocains et étrangers manifestent dès à présent leur volonté d’être intégrés à la boucle. Au niveau local, le ministre a insisté sur le besoin d’intégrer davantage d'opérateurs marocains, qui ont engagé ces derniers temps des investissements importants et qui présentent des résultats remarquables. La présence de fournisseurs étrangers, porteurs de savoir-faire, est également recherchée.

MHE a parlé d’un engouement fort des opérateurs, qui veulent fournir les deux constructeurs, mais également les marchés internationaux. «De nombreux équipementiers se sont dès à présent manifestés: des opérateurs marocains dans la batterie, ou qui fournissent des composants de la batterie, mais également des leaders mondiaux, déjà présents au Maroc, avec une ou deux activités et qui souhaitent désormais intégrer un écosystème».

Faurecia, équipementier en sièges automobiles présent au Maroc, a déjà entamé avec le ministère des réunions de travail bien avancées, a informé le ministre. 

«Peugeot prend en charge les choses sérieusement. Ses fournisseurs à travers le monde sont fortement sollicités à s’installer au Maroc».

375 ingénieurs ont dès à présent été recrutés par Peugeot, ce chiffre devant être porté à 600 avant la fin de l’année. Peugeot s’est engagé à recruter au total 1.500 ingénieurs dans ses centres de R&D. 

En termes d’intégration, le ministre ambitionne d’atteindre à la fin de l’année 1 MM€ de chiffres d’affaires sur le rang 1. À l’heure actuelle, le CA des équipementiers s’établit autour de 320 M€.

 

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Ariane Salem
Le 14 juillet 2015 à 17h42

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