Meurtre de Charles Ndour, l’enquête progresse
Quatre personnes ont été arrêtées par la police de Tanger dans le cadre de l’enquête sur la mort de Charles Ndour le 29 août dernier à Tanger. Une délégation du Conseil national des droits de l’homme marocain (CNDH) s’est rendue à Dakar pour y rencontrer des membres du gouvernement sénégalais et des ONG.
Après l’arrestation de trois personnes présumées impliquées dans le meurtre du ressortissant sénégalais Charles Ndour à la cité Al Irfane 2 à Tanger le 29 août dernier, deux autres personnes étaient encore recherchées cette semaine. Une quatrième personne, un vendeur de cigarettes au détail du quartier a été interpellé en début de semaine, une cinquième personne est toujours en fuite.
Des sources de la police de Tanger nous indiquent que «le dossier est actuellement entre les mains du parquet qui poursuit ses investigations avant de décider de la date d’ouverture du procès. Des témoins sénégalais du crime ont également été entendus afin de déterminer les circonstances exactes du crime».
Au quartier Boukhalef qui ne dispose ni d‘un commissariat de police ni d’équipements publics, les tensions risquent de perdurer. Des résidents expriment leur ras-le-bol tant sur la présence de migrants sans-papiers et l’absence des autorités.
Du côté des Subsahariens, le crime du 29 août dernier a suscité colère et désarroi. Marocains et Subsahariens disposent de leurs propres «patrouilles» de sécurité.
La mort de Charles Ndour, résident à Casablanca et étudiant à Rabat, avait soulevé une vive émotion au Maroc comme à Dakar.
A Rabat, une manifestation fortement encadrée par la police et les forces auxiliaires était organisée devant l’ambassade du Sénégal le 3 septembre dernier. Sur sa page Facebook, le Forum social sénégalais indique que l’ambassadeur du Sénégal a refusé à cette occasion de recevoir des représentants de la communauté sénégalaise.
A Dakar, une manifestation prévue deux jours plus tard devant l’ambassade du Maroc a tourné court. Une deuxième manifestation prévue pour le 8 septembre n’a pas eu lieu pour des raisons de sécurité.
Le meurtre de Charles Ndour à l’arme blanche et les incidents qui avaient précédé et suivi le crime, notamment une manifestation de ressortissants sur l’avenue Moulay Rachid de Tanger avaient conduit à l’arrestation de dizaines de personnes. 19 parmi elles ont été expulsés, six ont vu leur expulsion suspendue et 10 autres ont écopé d’un mois de prison ferme pour notamment manifestation non autorisée et outrages à agents.
Le CNDH à Dakar
Envoyée en «mission d’information» à Dakar les 8 et 9 septembre, une délégation du CNDH composée de Mme Meryem Khrouz, Abderrahim Kassou et Ahmed Taoufik Zainabi a pu rencontrer les ministres sénégalais de l’Intérieur et de la Justice ainsi que le secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’extérieur. Des rencontres avec le Forum social sénégalais, Caritas et Rencontre africaine de défense des droits de l’Homme RADDHO étaient également au programme.
Au terme de cette mission, le CNDH et le Comité sénégalais des droits de l’homme (CSDH) ont publié un communiqué commun dans lequel les deux organismes «saluent le partenariat entre les deux institutions nationales» et «rappellent l’importance de la mise en œuvre en œuvre effective de la nouvelle politique migratoire du Royaume du Maroc».
En rapport direct avec le meurtre de Charles Ndour, 3ème point du communiqué, le CNDH et le CSDH «saluent et encouragent les efforts à mener pour que la lumière soit faite et les responsabilités déterminées dans la mort de Charles Alphonse Ndour».
Dès la nouvelle du crime connue, sur Facebook, Twitter ou au sein du Forum social sénégalais, les réactions à ce crime ont été vives. Une pétition «Justice pour Charles Ndour» circule sur le net.
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