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Taghazout, le bon endroit pour lancer sa start-up selon Virgin

Le village du sud royaume figure en bonne position parmi les lieux où il fait bon monter et lancer sa startup selon le géant Virgin. John Miller, entrepreneur du web ayant tenté l’aventure marocaine, livre son expérience de startuper sur place.  

Taghazout, le bon endroit pour lancer sa start-up selon Virgin
Houda Outarahout-M.
Le 1 août 2014 à 15h36 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Taghazout, une destination côtière du sud marocain, bien souvent synonyme de plages au sable fin, de farniente au soleil près de dix mois sur douze, ou encore de paradis pour le surf donnant accès à des vagues de classe mondiale… Mais si ce petit village de pêcheurs renfermait bien plus d’opportunités qu’un simple cadre de vacances idylliques ? John Miller et son équipe, startupers expérimentés ayant bourlingué en Europe, Amérique du Nord et du Sud ainsi que fondateurs du site Maptia, y ont en effet vu le lieu idéal pour lancer leur projet.

Ils considèrent même que ce village de 35.000 âmes possède de nombreux atouts pour se hisser au rang des meilleurs hubs pour « monter son affaire » (a fortiori si celle-ci est amenée à se développer sur le web). Face aux sceptiques, John Miller, relayé par le volet spécialisé en entreprenariat du géant Virgin, décrypte les avantages mais également les inconvénients d’un Taghazout, hub à start-up.

Des shots d’énergies

Ce village ne déroge pas au « tempo marocain si particulier », selon l’entrepreneur. Une temporalité appréciable pour la jeune équipe lui permettant de se concentrer sur son « propre calendrier », réalisant ainsi des « merveilles en termes de productivité ». John Miller précise qu’aux Etats-Unis, son équipe et lui-même avaient la fâcheuse tendance « à brûler la chandelle par les deux bouts, » travaillant à un rythme insoutenable, à l’instar « des jeunes équipes de startupers tenaces » et avides de succès. Une attitude fréquente et pourtant contre-productive selon John Miller, qui préconise et rappelle l’importance « de savoir gérer son temps ».

« A Taghazout, nous avons découvert une qualité de vie idéale pour recharger nos batteries : nous surfions sur des vagues incroyables à quelques mètres seulement ; avions l’occasion de pratiquer nos séances de yoga sur le toit, d’y mêler de longues randonnées pédestres, ou de la lecture bien lovés dans de confortables hamacs, sans même évoquer les agréables massages dans les hammams locaux » affirme le jeune entrepreneur. Des loisirs et des distractions qui ne nuisent aucunement au travail, insiste l’équipe qui s’active « de longues heures durant, 7 jours sur 7, motivée par le souhait d’améliorer notre projet ». Et d’ajouter avec enthousiasme qu’au cours « de nos temps off, nous nous sentions épanouis, heureux et plus sains, comme si nous recevions des shots d’énergies ».

Coûts et courant

Si ces à-côtés plaident largement en faveur de ce village du sud marocain, John Miller n’omet toutefois pas de mentionner les bémols qui entravent quelque peu le lancement d’une start-up à Taghazout.

Les principales pierres d’achoppement : l’accès internet et le courant ! Bien que le premier se révèle « moins mauvais que prévu en oscillant entre 4 Mo/s et 8 Mo/s », le réseau manque un brin de fiabilité. Le courant électrique en revanche est lui bien plus capricieux. « Des coupures occasionnelles de courant se produisent pendant des moment cruciaux tels qu’au cours d’importantes lignes de code ou d’indispensables conf-calls sur Skype », signale John Miller. Sans compter que dans ce petit village côtier, le « réseau d’entreprises ou d’investisseurs n’est pas très développé », malgré la présence d’une « petite communauté d’entrepreneurs dynamiques ».

Cependant, ces jeunes startupers semblent faire contre mauvaise fortune bon cœur, et ne semblent pas réellement handicapés par cette logistique. Le tissu entrepreneurial est peu étoffé ? Qu’à cela ne tienne ! Cette lacune « nous a permis de nous concentrer sur l’amélioration des versions bêta de notre site ». Quant aux échanges avec des interlocuteurs londoniens, John Miller rappelle que la capitale anglaise n’est jamais qu’à 5 heures de vol.

S’ils semblent décidés à se concentrer sur les aspects positifs de ce hub inédit, les membres de l’équipe ont indiscutablement été séduits par la faiblesse des coûts financiers engagés. Pour se nourrir, ils privilégient les courses sur le marché local « du bien nommé Banana Village [Aourir, ndlr] ». Ils s’y procurent quantité de produits frais qui ont le mérite de présenter « des bénéfices doubles » : être meilleurs pour leur santé, eux qui cédaient facilement à l’alimentation rapide faute de temps, et convenir à « la bonne santé de leurs finances » s’amuse John Miller. Et pour cause, l’équipe consacre en moyenne 10 dollars par semaine et par personne pour réaliser ces achats. Pour les fournitures de « bureau », ils ont opté pour une logique de maximisation des économies : ils transforment en effet, une partie de leur maison de location en espace de travail, meublé après un passage utile dans « la chaotique ferraille » d’Agadir. Ils y ont déniché quantité de vieilles tables et bureaux ainsi que des chaises d’écoliers, conservant des vestiges de bons et loyaux services (de nombreux messages « en mauvais français », de griffures et signes gravés, précise John Miller). Un confort sans doute un brin rudimentaire accepté visiblement avec simplicité par ces aventuriers du web.  

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Tags : Agadir
Houda Outarahout-M.
Le 1 août 2014 à 15h36

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