Le Maroc épinglé par le dernier rapport sur le développement humain
Le dernier rapport sur le développement humain dévoilé par le PNUD, le 24 juillet à Tokyo, classe le royaume à la 129e place sur 187 nations étudiées. Une position peu reluisante pour le Maroc qui gagne néanmoins deux rangs par rapport à l’année précédente.
Intitulé «Pérenniser le progrès humain: réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience», le dernier rapport publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), livre un classement exhaustif de l’évolution du développement humain à travers le monde. Et cette année encore, le Maroc occupe une position peu enviable en se glissant à la 129e place sur 187 nations, avec un indice de développement humain (IDH) de 0,617.
Le rapport, qui consacre les trois premiers rangs à la Norvège (0,944), l’Australie (0,933) et la Suisse (0,917), distingue les pays en quatre catégories : les pays au développement humain très élevé, puis élevé, moyen et enfin les pays au faible développement humain. Le Maroc se situe pour sa part dans la catégorie «moyenne», contrairement à ses voisins maghrébins, la Tunisie (90e place) et l’Algérie (93e place), qui se sont hissés dans la section développement humain élevé.
Si la position du Royaume renvoie aux nombreux défis auquel le pays est confronté, elle s’est toutefois améliorée par rapport à l’année précédente, en grignotant deux places classement.
Une source gouvernementale de haut rang, contactée par Médias 24, soulignera à cet effet que réaliser un saut de la 131e à la 129e place ne constitue pas une avancée significative. Et d’ajouter que «cela fait des années que le Maroc est mal classé dans les rapports du PNUD». Ces classements ne sont, à son sens, «pas significatifs des efforts fournis par les gouvernements successifs (…)» qui ont mené de nombreuses actions en matière de santé, d’éducations, etc.; mais elle ne néglige pour autant le poids des efforts à venir pour répondre aux attentes et améliorer les conditions de vie des Marocains.
Une population vulnérable
Et pour cause, hormis l’espérance de vie qui s’élève honorablement à 70,9 ans, les autres critères pris en considération par le PNUD ne semblent pas pencher en faveur du Maroc. En effet avec un PIB par habitant de 6.878 (en parité de pouvoir d’achat – dollar de 2011), le pays se caractérise par un ratio emploi-population de 51,5%, les emplois précaires s’élèvent à 50,7% tandis que le chômage des 15-24 ans frise les 19%.
En matière d’éducation, nerf de la guerre en termes de développement, la durée moyenne de scolarisation atteint à peine 4,4 ans bien loin des 11,6 ans attendus. Ce constat accablant est accentué par le poids des inégalités qui plombent les performances marocaines. Ainsi face à l’éducation, le rapport indique un taux d’inégalité de 45,8%, idem en matière de revenus avec un taux de 23%.
Ces fossés séparant la population sont également particulièrement prégnants entre les genres. Sans surprise, les femmes enregistrent des retards dans la plupart des secteurs. Leur IDH atteint 0,545 contre 0,658 pour les hommes et la durée moyenne de scolarisation pour les femmes est de 3,2 ans contre 5,6 ans pour leurs congénères masculins. Cependant, l’écart le plus criant reste celui du revenu brut par habitant (en PPA dollars de 2011) puisqu’il s’élève à 10.692 pour les hommes contre seulement 3.215 pour les femmes…
Si ce rapport tend à «améliorer la compréhension et à sensibiliser sur la nécessité de réduire la vulnérabilité», il entérine dans le cas du Maroc une tendance de plus en plus visible. Et tant que de sérieux efforts ne seront pas fournis pour améliorer -entre autres- la condition de la femme, lui permettant ainsi de contribuer activement à la progression de la société, le Royaume peinera à répondre à ses aspirations et ses nombreuses ambitions.
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