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ECONOMIE

Un puits dans votre jardin ? Il faut payer une redevance

Les propriétaires de puits ont jusqu’au 2 octobre 2015 pour régulariser leur situation en déclarant leurs points d’eau auprès de l’agence du bassin hydraulique de leur lieu de résidence, en équipant leurs puits d’un compteur et en s’acquittant d’une redevance.    

Un puits dans votre jardin ? Il faut payer une redevance
Hamza Mekouar
Le 14 juillet 2014 à 18h14 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Passé cette date, ceux qui n’auront pas déclaré leur puits seront en infraction. En attendant, l’Etat peine à appliquer la réglementation sur l’usage du domaine public hydraulique.

Cette mesure qui vient d’être rendue publique par le ministère de l'Agriculture et de la pêche maritime concerne aussi bien les agriculteurs, les industriels, les propriétaires de bains maures que les particuliers qui possèdent un puits dans leurs résidences.

Alors que la date limite avait d’abord été fixée à février 2012 puis à octobre 2013, le délai de déclaration des prélèvements d’eau a été prolongé de deux ans à compter du 3 octobre 2013, et ce en application des dispositions du décret n° 2-13-665 du 8 Août 2013.

La prolongation du délai à octobre 2015 concerne uniquement les usagers dont l’installation est antérieure au premier janvier 2009. Ceux qui l’ont fait après cette date sans l’aval des autorités sont déjà en infraction et risquent à tout moment de faire l’objet d’un contrôle de la police de l’eau, laquelle peut rédiger un procès-verbal et l’envoyer au procureur du roi. L’usager en infraction risque dans ce cas de se voir fermer son puits. 

Les propriétaires doivent s'acquitter d'une redevance

En cherchant à mettre de l’ordre dans la gestion du domaine public hydraulique, l’Etat se fixe deux objectifs: permettre aux autorités chargées de l’eau d’établir un inventaire des points de prélèvement d’eau pour gérer de façon plus rationnelle les ressources et inciter les usagers à payer des redevances.

«Cela nous permet en tant que gestionnaires de l’eau de maîtriser tous les prélèvements et d’assurer ainsi une meilleure connaissance et un suivi rigoureux des ressources en eau», déclare à Médias 24 Abdelmajid Naimi, directeur de l’Agence du bassin hydraulique du Tensift.

Le second objectif est donc d’«inciter les utilisateurs du domaine public hydraulique à s’aqcuitter d’une redevance et ainsi apporter des aides financières aux actions d’intérêt commun au bassin», déclare à Médias 24 Abdelaziz Zerouali, directeur de l’Agence du bassin hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia.

En effet, l’article 37 de la loi n° 10-95 sur l’eau stipule que toute personne physique ou morale utilisant les eaux du domaine public hydraulique est soumise au paiement d'une redevance pour utilisation de l'eau, dans les conditions fixées dans cette loi.

En fonction des volumes prélevés, ces redevances sont à payer auprès des services des Agences de bassin hydraulique, des Offices régionaux de mise en valeur agricole, des Directions régionales et provinciales d’agriculture et des autorités locales. Précisément, les usagers des villes de Casablanca et Rabat doivent s’adresser à l’Agence du bassin hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia située à Benslimane.

Equiper le puits d'un dispositif de comptage

Pour un usage domestique, l’utilisateur doit payer 4 centimes le mètre cube, et ne payera rien pour une consommation inférieure à de 2 mètres cubes par jour.

Comprendre par usage domestique, tout particulier possédant un puits dans sa résidence, en milieu rural ou urbain, quel que soit l’usage qu’il en fait.

Pour un usage industriel, pour une production d'énergie hydroélectrique ou pour l’irrigation, les usagers doivent payer 2 centimes par mètre cube, et ne paieront rien pour une consommation inférieure à 10 mètres cubes par jour.

Les propriétaires de puits devront également équiper leurs puits d'un dispositif de comptage du volume d'eau prélevé. En clair : installer un compteur.

A titre de comparaison, à la Lydec, le prix du mètre cube d'eau est de 2,99 DH à Casablanca et de 2,60 DH à Mohammedia.

La police de l’eau peut effectuer des contrôles à tout moment

A partir du 2 octobre 2015, les utilisateurs qui se trouveront dans une situation irrégulière seront donc en infraction, et se verront fermer leurs puits par la police de l’eau qui existe depuis 1925, comme le prévoit l’article 114 de la Loi n° 10-95 sur l’eau qui stipule que «l’agence de bassin aura le droit de faire fermer d’office les prises d’eau qui seront reconnues sans droit ou auraient été faites sans autorisation».

Selon Abdelaziz Zerouali, les propriétaires de bains maures sont dans l’œil du cyclone, puisqu’ils refusent de payer les redevances bien qu’ils profitent du domaine public hydraulique gratuitement à des fins commerciales.

L’Etat peine à convaincre les usagers

Mais en attendant, l’Etat a du mal à convaincre les propriétaires de puits de régulariser leur situation malgré une large communication qui a démarré en 2012. En effet, bien qu’à ce jour le nombre de demandes de régularisation adressées aux agences de l’eau du Maroc ne soit pas connu, Abdelaziz Zerouali assure que ce nombre est dérisoire et que les usagers ne suivent pas.

«A Berrechid, nous avons reçu très peu de demandes, et rares sont ceux qui acceptent de payer. Pourtant, nous avons largement communiqué sur ça. Nous avons notamment organisé plusieurs rencontres avec les usagers de la région, nous avons également tenus des réunions au niveau des provinces et des chambres d’agriculture et organisé des journées d’informations sur le risque de la surexploitation de la nappe pour sensibiliser les usagers», explique Abdelaziz Zerouali.

Le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime avait lancé dès 2012 un plan de communication comprenant des spots télé et des messages radio pour inviter  tous les utilisateurs du domaine public hydraulique qui exploitent des installations de prélèvements d’eau à s’inscrire dans cette opération. Suite à la prolongation du délai, d’autres opérations de communication vont suivre.

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Tags : Essaouira
Hamza Mekouar
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