Accélérer les réformes pour renforcer la résilience de l’économie
Le ministère de l’Economie et des finances publie cette semaine le rapport économique et financier 2014, dans lequel il présente les défis et opportunités de l’économie marocaine dans un contexte international et régional changeant.
Des politiques monétaires accommodantes et l’amélioration de la situation sur les marchés des capitaux devraient conduire en 2014 à une croissance mondiale un peu plus soutenue (3,6%) qu’en 2013 (2,9%) et une légère reprise dans la zone euro (+1%) après deux ans de récession. La région Mena devrait, elle aussi, bénéficier d’un contexte plus favorable, avec une prévision de croissance de 3,8% pour 2014, contre 2,1% en 2013.
La croissance du commerce mondial de marchandises devrait également se renforcer en 2014 (4,5% contre 2,5% en 2013).
Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc devrait connaitre en 2014 une croissance nettement plus forte qu’en 2013 (3,4% contre 0,5%).
Les réformes en cours de l’environnement des affaires ont permis de rendre le territoire national plus attractif pour les investissements étrangers (IDE).
… tout en affrontant une transformation économique et sociale
L’économie marocaine s’est engagée dans un processus de diversification des sources de sa croissance, avec une tertiarisation croissante du tissu productif. La croissance moyenne du pays s’est ainsi améliorée, passant de 3,8% sur la période 1999-2005 à 4,6% pour 2006-2012.
Mais si les secteurs tertiaires et primaires ont vu leur contribution à la croissance nationale s’améliorer, notamment sous l’effet des efforts réalisés dans le cadre du plan Maroc Vert, celle du secteur secondaire a, au contraire, diminué de 1,1 à 0,8 point entre les deux périodes, de même que sa part dans la valeur ajoutée totale (de28 à 26,3%).
Du côté des emplois, la demande intérieure reste le principal moteur de croissance de l’économie, avec une consolidation de la consommation finale – soutenue par les mesures prises en faveur du pouvoir d’achat des ménages (revalorisation salariales, réduction de l’impôt sur le revenu, etc.) – et de l’investissement, dont la part dans le PIB est passée entre 1999-2005 et 2006-2012 de moins de 26% à plus de 30%.
Le déficit commercial marocain s’est fortement dégradé ces dernières années. En effet, les importations ont fortement augmenté, notamment celles de produits énergétiques et alimentaires – en raison de l’envolée des cours mondiaux – et celles de biens d’équipement stimulées par la dynamique d’investissement de l’économie nationale.
En parallèle, les exportations souffrent d’un manque de compétitivité de l’offre exportable nationale. L’émergence des nouveaux métiers mondiaux du Maroc (automobile, aéronautique, offshoring et agroalimentaire) encouragée par les stratégies sectorielles, constitue une grande opportunité pour le pays d’accélérer la diversification de son économie et d’améliorer son positionnement sur la chaine de valeur mondiale.
Sur le plan social, le taux de pauvreté est passé de 21% en 1985 à 6,2% en 2011. Mais si des progrès significatifs ont été accomplis dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la santé, des faiblesses demeurent, notamment dans la gestion des réformes entamées.
La pleine réussite des politiques économiques mises en œuvre nécessite une amélioration de la gouvernance aussi bien au niveau de l’environnement des affaires, de la justice ou de la gestion des finances publiques. De nombreux chantiers de réformes ont été ouverts dans ce sens.
Assurer la soutenabilité des finances publiques et mener à bien les réformes
Les finances publiques ont subi de grandes transformations ces dernières années.
Le démantèlement tarifaire, une conjoncture économique défavorable et les mesures fiscales des dernières lois de finances ont mis un frein à l’expansion des recettes fiscales qui se sont stabilisées autour des 21% du PIB depuis plusieurs années.
En revanche, les dépenses ont augmenté de 10% par an entre 2009 et 2012, du fait de l’alourdissement de la charge de compensation et des efforts d’investissement. Le solde budgétaire est ainsi passé d’un léger excédent en 2008 (+0,4%) à un déficit de 7,3% en 2012, pesant sur la dette publique qui est passé de 47,1% du PIB en 2009 à 59,6% en 2012.
Dans un tel contexte, la LF2014 a pour objectif d’accélérer les réformes structurelles (justice, fiscalité, régionalisation, retraites, etc.), de soutenir l’investissement, l’entrepreneuriat et l’emploi et de renforcer les mécanismes de cohésion et de solidarité sociale. Et tout cela en s’efforçant de rétablir les déséquilibres macro-économiques.
Le document est consultable sur le site.
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