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Mezouar imprime un tour économique à la diplomatie

Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar a été mercredi 18 décembre l'invité d'une rencontre à la CGEM portant sur l’élaboration d’une nouvelle diplomatie économique. Patronat et AE envisagent des stratégies communes.  

Mezouar imprime un tour économique à la diplomatie
Samir El Ouardighi
Le 19 décembre 2013 à 19h22 | Modifié 19 décembre 2013 à 19h22

Cette réunion a permis de cerner les contours futurs d’une diplomatie novatrice censée consacrer à terme le rôle majeur du Maroc sur les plans régional et continental.

A l’occasion de cette rencontre inédite, le MAE et le patronat marocain se sont mis d’accord sur les moyens à mettre en œuvre de part et d’autres pour développer un nouveau type de diplomatie active qui se veut efficiente en matière économique.

Cette stratégie qui est une grande première dans la politique étrangère du Maroc découle d’une volonté du ministre Mezouar de «renforcer la place de l’entreprise marocaine à l’échelle internationale» mais aussi de renforcer la place du Maroc grâce à ses entreprises performantes.

Face à la redistribution des cartes qui est en train de s'opérer avec l'émergence de nouvelles régions à fort potentiel économique, le ministre assure que «ces changements doivent forcément induire des nouveaux comportements diplomatiques et ce à l'échelle mondiale».

Mezouar qui avait été auparavant en charge du portefeuille des finances sait mieux que quiconque qu’une diplomatie engagée peut «répondre aux mutations de l’environnement économique marocain pour lui permettre de se transformer en hub financier régional et même continental».

Le volet économique traditionnellement dévolu aux seuls acteurs entrepreneurs ou entreprises va donc devenir un fer de lance de la politique du ministère des affaires étrangères.

Le discours du ministre est à ce propos éloquent et édifiant vu qu’il énonce que le Maroc doit «changer de paradigme pour renforcer les liens économiques entre Etats». Pour cela, le département des AE ambitionne de «jouer un rôle novateur et fédérateur par son accès privilégié aux ambassades et consulats et par ses relais internationaux en donnant une nouvelle impulsion aux échanges».

Le marché africain sera sa priorité grâce à un «accompagnement de l’investisseur marocain de bout en bout» du processus d’investissement en Afrique mais les relations avec l’Union Européenne et les pays du Golfe ne seront pas en reste.

La diplomatie marocaine s’oriente donc vers une «approche client» qui devrait permettre de booster les possibilités d’investissement aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Pour y arriver, Mezouar propose la création d’une cellule d’intelligence économique et d’un comité d’action stratégique pilotés en bonne intelligence entre la CGEM et les ministères concernés.

Il semble que le MAE a été convaincant au regard des déclarations de Miriem Bensalah, présidente du patronat marocain qui a pris l’engagement de mobiliser ses membres pour créer une cellule conjointe avec le ministère.

La complémentarité MAE-CGEM devrait permettre à cette nouvelle diplomatie économique d’axer son action sur trois objectifs :

-Etre un relais d’information sur le Maroc

-Etre un prospecteur d’avant-garde pour drainer les investissements et courants d’affaires

-Faire de la veille et donc de l’intelligence économique efficiente

Selon Mme Bensalah, il va sans dire que cette vision novatrice a l’assentiment de tous les hommes d’affaires marocains. Elle affirme que cela devrait leur permettre de prospecter de nouveaux marchés, de développer le volume des échanges commerciaux et les opportunités d’investissement. Il faut souligner que c’est la 1ère fois que la CGEM rencontre un ministre des AE marocain qui en outre est issu des propres rangs des patrons.

L’ancien homme d’affaires Mezouar a sans doute en tête l’exemple efficient et mythique du ministère du commerce international et de l’industrie japonais plus communément appelé MITI.

Ce célèbre ministère avait bouleversé les us et coutumes économiques grâce à son positionnement inédit de chef d’orchestre de la croissance japonaise.

Surnommé l’empire de l’intelligence (économique), ce ministère avait en son temps fortement contribué au développement du Japon.

Grâce à la promotion du label économique marocain prôné, le Maroc pourra espérer se positionner comme un leader et une locomotive des échanges économiques au niveau continental et pourquoi pas mondial.


 

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Samir El Ouardighi
Le 19 décembre 2013 à 19h22

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