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Maroc-Algérie: l’ambassade algérienne «n’est pas au courant…»

La récente déclaration algérienne à l’encontre du Maroc remue les esprits de part et d’autre et suscite des réactions chez les politiciens marocains. Certains ne sont pas au courant et d’autres préfèrent voir venir plutôt que de réagir à chaud.  

Maroc-Algérie: l’ambassade algérienne «n’est pas au courant…»
Samir El Ouardighi
Le 11 décembre 2013 à 15h29 | Modifié 11 décembre 2013 à 15h29

La décision algérienne de geler les relations politiques avec le Maroc ouvre la question de savoir si le Maroc doit prendre au sérieux cette nouvelle déclaration belliqueuse du voisin de l’Est, pour le moment non-officielle.

Si la rupture des relations diplomatiques entre les 2 pays ne semble pas d’actualité, faut-il pour autant prendre au pied de la lettre cette information qui enflamme déjà les esprits ?

Pendant ce temps là, officiellement…

Dans une déclaration à Médias24, l’ambassade d’Algérie à Rabat soutient avoir appris cette information comme tout le monde par la presse. N’ayant toujours pas de confirmation officielle de son autorité de tutelle, notre interlocuteur nous affirme qu’aucune instruction de quelque nature abondant dans le sens de la déclaration n’aurait été transmise par Alger.

Est-ce à dire que c’est un effet d’annonce sans lendemain?

En termes diplomatiques et optimistes, notre locuteur affirme que jusqu’à nouvel ordre, ses services diplomatiques ont pour unique mission de cultiver la fraternité qui unit les 2 pays.

Il faut noter que si la presse algérienne s’est largement fait l’écho de cette décision unilatérale, l’agence officielle algérienne APS seule habilitée à confirmer n’a pas relayé cette information.

C’est peut-être la raison pour laquelle jusqu’à présent le ministère des Affaires étrangères marocain n’a pas réagi officiellement à cette annonce. Malgré nos demandes de réaction, ce ministère n’a pas cru bon d’éclairer notre lanterne et à cela, deux explications possibles. Soit les AE estiment qu’elles n’ont pas à réagir à des informations non officielles, soit une réponse officielle appropriée est en cours de rédaction. Mais c’est probablement la première hypothèse qui est juste.

La classe politique de tout bord, elle, se veut plus prolixe et se partage entre surprise et retenue.

Réactions officieuses de politiques

Pour certains de nos interlocuteurs, commenter auprès de Médias 24 cette déclaration algérienne s’avère extrêmement sensible car ils veulent éviter d’engager leur organisation politique.

Certains choisissent la prudence en adoptant une posture de «wait and see» tandis que d’autres sont plus volubiles.

C’est le cas de Khalid Naciri, ex porte-parole du gouvernement, qui juge cette déclaration belliqueuse.

Il affirme que le problème posé entre le Maroc et l’Algérie est d’ordre générationnel, basé sur une rancune obsessionnelle des dirigeants algériens qui auraient fait l’école de la haine contre le Maroc.

Il déplore que l’Algérie s’entête à s’enferrer dans les querelles du passé alors que le royaume rentre de plain pied dans la modernité.

Sur un ton qui ne souffre aucune contradiction, il affirme que si l’affaire du Sahara est la cause du peuple marocain, elle est la bataille des seuls dirigeants algériens et non du peuple algérien qui ne se sent pas concerné par cette querelle de clochers. Ironiquement, il assure que même si l’auteur du décrochage de drapeau avait été condamné à 50 ans de prison, les autorités algériennes auraient certainement trouvé à redire en accusant encore une fois le Maroc de bafouer les droits de l’Homme.

L’Istiqlal, par la voix de Rahal Makaoui chargé des relations internationales, soutient que son parti n’a pas encore arrêté de réaction officielle. Cela ne l’empêche pas de penser que face aux nombreux succès diplomatiques marocains dont l’accord de pêche approuvé mardi par l’UE, l’Algérie a besoin d’exister politiquement et que son seul moyen est de prendre à partie le Maroc au détriment des deux peuples.

Membre du PAM, Younes Skoury nous confie que les dirigeants algériens n’ont pas une attitude constructive même si, qu’ils le veuillent ou non, les deux pays ont un avenir commun basé sur une histoire commune. Il refuse cependant d’enfoncer le clou car il pense que ce sera à l’histoire de juger les actes de chacun.

L’ancien patron de l’USFP, Mohamed El Yazghi nous annonce d’entrée de jeu qu’il n’était pas au courant de cette décision, il n’est pas surpris outre mesure. En vieux routier de la politique, il relativise les surenchères politiciennes algériennes en assurant que l’Algérie a la même position belliqueuse depuis plus de 35 ans.

La condamnation plutôt clémente du jeune qui avait arraché le drapeau algérien a-t-elle participé à cette escalade et n’aurait-il pas fallu marquer le coup en le punissant d’une peine exemplaire?

Du tout, répond-il, en ajoutant en bon juriste que «pour un primo-délinquant sans antécédent judiciaire, une sentence de deux mois avec sursis assortie de 250 DH d’amende est équilibrée.»

Sur cette question épineuse, le PJD semble être aux abonnés absents ou peut-être souhaite t-il simplement laisser la primeur de la réaction officielle au ministère des Affaires étrangères marocain tenu par son partenaire gouvernemental du RNI.

 

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Samir El Ouardighi
Le 11 décembre 2013 à 15h29

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