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Economie, finances, politique: Les petites phrases de Abdellatif Jouahri

Les réformes économiques sont indispensables pour consolider l'ouverture politique. Les Marocains attendent une amélioration de leurs conditions de vie, qui ne peut être obtenue que par les réformes. Et si ces réformes tardent, c'est tout le processus démocratique qui est menacé.

Economie, finances, politique: Les petites phrases de Abdellatif Jouahri

Le 18 juillet 2013 à 13h56

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Les réformes économiques sont indispensables pour consolider l'ouverture politique. Les Marocains attendent une amélioration de leurs conditions de vie, qui ne peut être obtenue que par les réformes. Et si ces réformes tardent, c'est tout le processus démocratique qui est menacé.

La présentation du rapport annuel de Bank Al-Maghrib est chaque année attendue avec curiosité car elle est l’occasion de délivrer par touches subtiles, une appréciation sur la politique économique et financière.

Cette année, ce rendez-vous n’a pas dérogé à la règle et d’ailleurs, Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale, avait bien dit aux journalistes mi juin : «l’appréciation de la banque sera exprimée d’abord devant Sa Majesté à la prochaine présentation du rapport annuel».

C’est hier mercredi que le Roi Mohammed VI a reçu, au Palais Royal de Rabat, Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, qui a présenté au Souverain le rapport annuel de la Banque centrale sur la situation économique, monétaire et financière au titre de l'année 2012.

Dans sa traditionnelle allocution de présentation devant le Roi, M. Jouahri a fourni les principaux chiffres de l’année écoulée, analysant les principaux indicateurs.

M. Jouahri a souligné que 2012 était une année difficile au niveau des finances publiques et des comptes extérieurs. En effet, le déficit budgétaire a enregistré une accentuation de sa tendance haussière pour s’établir à 7,6 pc du PIB, en raison de la progression des dépenses, notamment celles relatives à la compensation. En parallèle, le compte courant de la balance des paiements a connu une nouvelle dégradation, son déficit s’étant élevé à 10 pc du PIB, occasionnant ainsi une contraction des réserves de change.

S’agissant de la politique monétaire, M. Jouahri a expliqué que, dans un contexte d’absence de tensions inflationnistes et de ralentissement de l’activité économique et du crédit bancaire, Bank Al Maghrib a poursuivi sa politique monétaire accomodante, marquée en particulier par l’abaissement du taux directeur à 3 pc et du taux de la réserve monétaire à 4 pc, tout en adaptant le volume de ses interventions aux besoins du marché en liquidités.

La Banque Centrale a également renforcé les règles prudentielles applicables au secteur bancaire national, en ligne avec les exigences des normes internationales, a-t-il ajouté.

Le gouverneur de Bank Al Maghrib a, en outre, affirmé qu’en dépit de la conjoncture économique difficile, le Maroc a continué à bénéficier de la confiance de ses partenaires et des investisseurs internationaux, comme en témoignent la signature de l’accord relatif à la ligne de précaution et de liquidité avec le FMI et les conditions avantageuses des deux dernières émissions du Trésor sur le marché international.

M. Jouahri a établi un lien entre démocratisation, réformes économiques et évolution du pays.

L’évolution récente positive et la résistance du Maroc aux chocs exogènes, a affirmé M. Jouahri, sont le fruit des initiatives politiques et des réformes institutionnelles lancées par SM le Roi, consolidées en 2011 par la révision de la constitution, qui a consacré le choix démocratique du Maroc.

Relever les défis auxquels fait face notre pays aujourd’hui, a-t-il souligné, passe par l’accélération et l’élargissement des réformes dans le cadre de la mise en oeuvre de la constitution et du parachèvement des projets structurants engagés ces dernières années.

Il est également impératif de rétablir les équilibres macroéconomiques et d’assurer la viabilité des finances publiques, qui requièrent en particulier la refonte de la politique des subventions, ainsi que la réforme des systèmes de retraite, du système fiscal et de la loi organique des finances.
 
Dans ce cadre, il a affirmé que les acquis politiques que le Maroc a enregistrés dans un contexte régional instable, largement salués à l’échelle internationale nécessitent, pour leur préservation et leur renforcement, des avancées économiques tangibles à même de permettre l’amélioration des niveaux de vie d’une population qui s’est mobilisée derrière le souverain pour la réussite des réformes politiques. En d’autres termes, si le gouvernement ne réalise pas les réformes économiques, il va hypothéquer les avancées politiques et menacer l’avenir.

A cet effet, M. Jouahri a souligné la nécessité, particulièrement dans la conjoncture actuelle, que l’ensemble des acteurs se mobilisent pour l’intérêt suprême de la nation.

Pour conclure, il a affirmé que la banque centrale ne ménage aucun effort en vue de contribuer à la réussite de ces projets, notamment en assurant le financement adéquat de l’économie, particulièrement en faveur des très petites, petites et moyennes entreprises et en améliorant l’accès aux services financiers ainsi que leur qualité.

Le rapport 2012 de Bank Al-Maghrib est téléchargeable ici.

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