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ECONOMIE

Les ingrédients du nouveau partenariat Maroc-Espagne

Les deux organisations patronales marocaine et espagnole ont signé hier mardi une convention prévoyant toutes mesures de rapprochement, de partenariat et de facilitation et créant un conseil des affaires maroco-espagnol.  

Les ingrédients du nouveau partenariat Maroc-Espagne
Mélanie Xuereb
Le 17 juillet 2013 à 16h07 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

La seconde partie du Forum économique organisé mardi 16 juillet à Rabat par la CGEM à l’occasion de la visite du roi Juan-Carlos 1er, Roi d’Espagne, a consisté en deux tables rondes organisées autour des thèmes « partenariat technologique et colocalisation » et « intégration territoriale, infrastructures et réseaux ». Ces tables rondes ont eu lieu en présence des ministres marocains et espagnols de l’industrie et de l’Equipement.

Transfert technologique et colocalisation pour un partenariat gagnant/gagnant

Le concept de colocalisation est né en réponse à l’éclatement de la chaîne des valeurs à l’échelle de l’économie mondiale, chaîne dans laquelle le Maroc est en train de s’insérer.

Ce concept se substitue à celui de délocalisation dans le cadre d’un partenariat concerté et non subi par l’économie qui le reçoit. Selon A. Aâmara, ministre marocain de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, la colocalisation est « un partenariat fin et mutuellement réfléchi sur des chaîne de valeurs conjointement identifiées » avec l’adhésion du secteur industriel local.

Le ministre a insisté sur la qualité de l’environnement productif marocain, qui « n’est pas une destination low cost mais un pays avec des avantages comparatifs qui en font une destination privilégiée des IDE. »

Le Maroc et l’Espagne ont vocation à se positionner en commun sur les marchés de l’Afrique et du Moyen-Orient. Selon José Manuel Soria Lopez, ministre espagnol de l’Industrie, de l’Energie et du Tourisme, le Maroc « a été, est et sera toujours un partenaire de choix en raison de sa proximité géographique et des opportunités économiques qu’il offre ».

Le Maroc est une porte ouverte sur d’autres marchés. Le transfert technologique et de connaissance et la coopération industrielle sont les clefs de l’expansion internationale des entreprises. C’est ce transfert de technologie qui permettra de transformer la filiale marocaine en bras opérationnel pour la conquête des marchés africains et arabes.

Le Maroc a également beaucoup à retirer de l’expérience espagnole dans le secteur agricole, aussi bien pour la mécanisation du secteur que pour l’irrigation localisée, bien que ce secteur soit plutôt actuellement une pierre d’achoppement entre les deux pays.

Le secteur de l’agro-alimentaire marocain est encore à l’état embryonnaire. Il ne représente que 4% du PIB dans un pays où la production agricole en représente 16 à 20%. Il y a donc de grandes marges de manœuvre pour accroître la valeur ajoutée créée par ce secteur en s’appuyant sur l’expérience espagnole et au bénéfice des secteurs privés des deux pays. Des mesures sont mises en œuvre actuellement pour dépasser les barrières psychologiques et favoriser la coopération entre les deux pays dans ce secteur.

L’Espagne et le Maroc doivent donc maintenant « meubler le concept de colocalisation », selon les mots du ministre Amara, pour une mise en œuvre intelligente qui permette aux deux pays de profiter mutuellement des gisements de croissance existants.

Créer l’environnement infrastructurel propice à un partenariat équilibré

Le développement des infrastructures est crucial pour une économie. Il permet à la fois d’accroitre la production et les exportations, d’améliorer les conditions de vie et le bien-être des populations, etc. En développant les infrastructures, l’objectif ultime est de faire des deux pays un espace de prospérité pour les entreprises des deux pays et ainsi améliorer le bien-être des citoyens des deux pays.

La position géostratégique de l’Espagne et du Maroc est une position clef à l’échelle mondiale, à la fois dans une perspective est-ouest d’ouverture sur le bassin méditerranéen et nord-sud pour les échanges entre l’Europe et l’Afrique.

Il est donc, comme l’a souligné la ministre espagnole de l’Equipement, A.M. Pastor, « indispensable d’établir des réseaux de transport qui garantissent la connectivité » que ce soit par voie maritime, aérienne, ferroviaire, autoroutière, etc. L’Espagne et le Maroc ont donc tout intérêt à travailler ensemble sur des projets communs. Le grand projet de la liaison fixe entre les deux pays né à la fin des années 1970 s’inscrit dans cette ligne. Il est de nouveau d’actualité puisque les Nations Unies ont été saisies de ce projet le 5 juillet dernier à Genève, comme l’avait rappelé un peu plus tôt la Présidente de la CGEM, Mme Bensalah-Chaqroun.

Le Maroc a beaucoup investi ces dernières années pour se doter des infrastructures nécessaires à son développement économique et à son insertion dans la chaîne des valeurs internationale. Mais beaucoup reste encore à faire. C’est pourquoi, une loi sur le partenariat public/privé est en préparation pour favoriser le financement des nouveaux projets d’infrastructure, afin de donner aux investisseurs privés toutes les garanties nécessaires, qu’ils soient nationaux ou internationaux. A cette occasion, le ministre marocain de l’Equipement et du Transport, A. Rabbah, a lancé un appel au secteur bancaire pour l’exhorter à mettre à disposition des fonds pour les infrastructures pour inciter le secteur privé à investir dans les infrastructures.

Dans le domaine des infrastructures, également, le Maroc a beaucoup à retirer d’un partenariat plus étroit avec l’Espagne, pour bénéficier de l’expérience espagnole en la matière, que ce soit dans le domaine de l’énergie, de la logistique, etc. ou même de la planification des investissements à réaliser.

Selon les mots du PDG de Royal Air Maroc, D. Benhima, « les vents sont favorables à une accélération du partenariat, il ne faut pas rater le rendez-vous ».

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