Un groupe Tamarod Maroc veut faire tomber Benkirane
Avec à peine 600 fans, la page facebook Tamarod Maroc a de bien grandes ambitions : changer la constitution, faire tomber Benkirane et dissoudre le parlement. Explications du co-fondateur de ce mouvement inspiré par la contestation égyptienne.
L’effet domino du mouvement contestataire égyptien « Tamarod », ou « Rébellion », qui vient de balayer, avec l’appui de l’armée, le président Morsi, a atteint le Maroc. Cinq jeunes, pour la plupart des militants de gauche, ont créé, dans la continuité des mouvements contestataires précédents, une page sur Facebook, nommée « Tamarod Maroc ».
Amar al-Wafi, un des fondateurs de la page, nous annonce d’emblée les revendications du mouvement, qui ressemblent à s’y méprendre à ceux que brandissaient les Egyptiens : « changer la constitution actuelle, faire tomber le gouvernement de Benkirane, qui a été élu sur la base d’une constitution qui n’a rien de démocratique, et dissoudre le parlement ».
Autant dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. A part le fait, peut-être, que cette fois-ci, c’est Benkirane qui est dans le collimateur. Ce détail n’a pas manqué de leur attirer des critiques, parfois virulentes : « faire tomber Benkirane ne reviendrait-il pas à servir les intérêts de Chabat ? Il faut arrêter de nous prendre pour des gamins, car nous avons déjà essayé tous les partis », martèle ce commentateur.
Plusieurs questions se posent : comment 563 « fans » pourraient-ils renverser le gouvernement ? « Nous comptons, au lieu de descendre dans la rue, formuler des propositions à ceux qui voudraient bien nous entendre. A l’issue de nos réunions, nous proposerons une nouvelle constitution qui garantirait à tous les Marocains les mêmes droits », nous répond Amar al-Wafi.
Et si Benkirane fait la sourde oreille, que fera-t-on ? « Nous passerons à l’étape suivante : nous investirons la rue jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites », poursuit-il.
Sur les 563 sympathisants, une centaine a contribué à la mise en place de la plateforme de revendications. « Des partis, comme le PADS, le PSU, la Voie Démocratique, pourraient nous rejoindre bientôt », nous confie Amar al-Wafi.
Ce qui est étonnant, selon beaucoup d’observateurs, c’est qu’aucune revendication de Tamarod Maroc ne porte sur la séparation entre le religieux et le politique, un reproche que l’on adresse souvent au PJD. Là encore, notre interlocuteur nous répond sur un ton sûr que le communiqué parle, à demi-mot, de l’instauration d’un Etat laic.
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