La Samir lance ses propres stations-services pour éviter de disparaître
Le raffineur aura son propre réseau de distribution constitué de 30 stations-services à partir de septembre. Le groupe vise l’amélioration de sa rentabilité altérée par des marges de raffinage de plus en plus faibles.
C’est officiel, le géant raffineur se lance dans la distribution. A l’occasion de ses 50 ans, la Samir renoue avec le circuit du détail à travers sa filiale SDCC. Avec un parc de 30 stations-services pour la distribution de carburant, opérationnelles à partir du mois de septembre prochain et l’activité de commercialisation des lubrifiants qui démarrera le 1er juillet prochain, le groupe vise l’amélioration de sa rentabilité altérée par des marges de raffinage de moins en moins importantes.
Financièrement, la filiale pèse 150 millions de DH. Son directeur général Youssef Ouhilal espère atteindre entre 600 millions et 1 milliards de DH dans un horizon de 4 ans. Le management compte sur l’appui des banques pour réaliser cette augmentation de ressources.
Bien que minée par une rentabilité sans cesse soutenue par les banques, Youssef Ouhilal reste confiant. Dans un entretien accordé à Médias 24, il déclare : « la SDCC est le relai de croissance stratégique de la Samir. C’est elle qui va apporter de la valeur ajoutée, en assurant une consolidation de la marge. Car, si la marge de raffinage est fluctuante, la marge sur la distribution est garantie. Cela permettra à la fois de générer du cash, et d’améliorer les résultats de la Samir. C’est pourquoi les banques qui financent actuellement la Samir sont très confiantes par rapport au potentiel de la SDCC ».
Le président directeur général de la Samir, Mohammed Jamal Ba Amer, n’est pas du même avis, il déclare au micro de Médias 24 : « Ce n’est pas la distribution qui nous sauvera ! », conscient, sans doute, de la situation calamiteuse des finances de la société mère.
Quoiqu’il en soit, la filiale de la Samir espère atteindre un réseau de distribution qui comptera 150 à 200 stations-services dans les 4 ans, réparties sur tout le Maroc, et présentes dans les régions qui sont, actuellement, les moins desservies. L’objectif est de figurer parmi les 5 plus grands distributeurs à l’horizon 2017, et dans le podium des 3 meilleurs d’ici 2020.
Cette diversification dans l’activité du raffineur, pose essentiellement une question. La Samir n’est-elle pas en train de concurrencer déloyalement les distributeurs, en assurant l’intégralité du circuit, étant à la fois fournisseur et concurrent de ses propres clients ? Mohammed Jamal Ba Amer répond, non sans ironie, que « si les autres souffrent de notre implication dans la distribution, sachez que nous avons souffert avant eux ; Certains importent jusqu’à 70% des produits pétroliers, au lieu de se les procurer chez la Samir. Ils ne doivent pas nous en vouloir si nous nous lançons dans la distribution ».
Dans l’absolu, la SDCC espère s’ouvrir à l’international à travers son activité «lubrifiants». Sa cible : le marché africain ; 20 à 30% de sa production en huiles (moteur, transmission, engrenage, compresseur et hydraulique) et en graisse sera destinée aux pays de l’Afrique subsaharienne. Par ailleurs, le nouveau né nourrit l’espoir de devenir l’un des plus grands industriels du continent en consacrant 40% de son activité au B to B.
Quant aux curieux qui se demandent si les nouvelles stations services qui portentles couleurs de la filiale et qui ont ouvert un peu partout dans les grandes villes seront de futurs stations SDCC, Youssef Ouhilal répond que : « pour le moment, ce ne sont pas des stations de la Samir »… Pour le moment !
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