Assala Nasri fait un tabac au festival des musiques sacrées de Fès
La mythique place Bab Al Makina de Fès, a été incapable jeudi soir de contenir la marée humaine venue assister à la prestation de la chanteuse syrienne Assala Nasri, à l’occasion du 19e festival de Fès des musiques sacrées du monde.
Ceux qui croyaient qu'il serait difficile à un autre artiste de faire mieux que la légende du flamenco Paco De Lucia, qui a donné samedi dernier un spectacle très réussi, ont déchanté !
Pour le concert d’Assala Nasri, prévu à 21h00, il fallait faire preuve de beaucoup de patience et surtout garder son sang-froid. Des embouteillages monstres se sont formés dès 19h00 sur les routes de Bab Boujloud et Ain Kadouss, et les automobilistes devaient garer leurs voitures plus loin et marcher beaucoup à pied pour accéder au site. Car il n'y avait pas seulement les habitants de la capitale spirituelle qui voulaient contempler leur idole. Les voitures avec des plaques d'immatriculation de Rabat, Casablanca ou Taza étaient tout aussi nombreuses.
Celui qui aime ne compte pas
Pour avoir le privilège d'assister à ce spectacle, la majorité de ce beau monde s'est acquitté volontiers de 400 DH, puisque les places à 200 DH se sont vendues comme du petit pain, et dès les premiers jours du Festival.
A l'entrée de Bab Al Makina, les forces de l'ordre et les préposés à la sécurité ont été débordés par moments par la foule.
Quand Assala Nasri fera son apparition sur scène, avec un petit quart d'heure de retard sur l'heure prévue, le public se laissa emporter par la voix d'enfant, et teintée de chagrin, de cette légende de la chanson arabe contemporaine, créant une ambiance de fête exceptionnelle.
L'artiste enchaîne, sans aucun répit, les titres à succès de son riche répertoire à la gloire de l'amour, de la patrie et de la beauté : «Ya majnoune», «Samihtek», «Ouala Tssadak», ou «Yamine Allah»…
Sa voix mélodique et les célèbres mawals de Sabah Fakhri retentissaient plus loin.
Dans sa communion avec le public marocain, Assala Nasri est allée jusqu'au bout jeudi soir, en interprétant avec brio «J'en ai marre», la chanson de sa «grande amie», la marocaine Asmaa Menouar.
Et chose promise chose due. En conférence de presse d'avant concert, elle a avait promis une «surprise» au public du Festival et elle a vraiment tenu parole.
Accompagnée par le maestro Yahya Mouji, un grand nom de la scène artistique arabe, elle a chanté des morceaux à la gloire de l'art, et qu'il a dédiés à la mémoire de feu Hassan II, un «grand homme d'Etat qui appréciait beaucoup l'art et les artistes», explique-t-elle.
Il faut dire que pour sa première prestation au festival de Fès des musiques sacrées, l'artiste a comblé ses fans et son spectacle a fait oublier l'absence surprise d'artistes arabes de ce calibre à cette édition.
Fès représente en effet beaucoup pour cette artiste, comme elle l'a reconnu elle-même. Elle la renvoie à ses années d'enfance dans les ruelles de Damas, qui ont de grandes similitudes avec celles de la cité spirituelle du Maroc.
Il faut dire aussi que si les yeux étaient rivés jeudi soir sur l'artiste, les cœurs l'étaient sûrement vers la Syrie, son pays d'origine ravagé par la guerre.
Et comme l'a si bien dit Assala, qui a clamé très tôt son soutien à l'opposition, la chanson peut aider à «résoudre la crise» et «l'artiste a toujours un message de paix et d'amour à véhiculer».
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