La CIMR affiche sa bonne santé
La caisse de retraite se porte plutôt bien. Elle affirme aujourd’hui sa volonté d'étendre le nombre d’abonnés mais redoute une généralisation du régime.
La Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR) fait exception. Contrairement aux autres caisses de retraite, la CIMR tire son épingle du jeu : les réserves de prévoyances ont grossi de +14% en 2012, à 28,5 milliards de DH, sans compter les 5 milliards de plus value non pris en compte.
Actuellement, la CIMR a, dans ses réserves, l’équivalent de 8 ans et demi de retraites à verser à ses 297.817 assurés. Ce nombre a augmenté de 5% en l’espace d’un an. « Pour pérenniser le régime de la caisse de retraite, nous n’avons besoin que de 0,5% d’augmentation annuelle moyenne du nombre d’abonnés, nous le dépassons de 4 points et demi » commente Khalid Cheddadi, président directeur général de la CIMR.
Outre l’augmentation du nombre d’abonnés, la caisse s’est dotée d’un service de recouvrement aussi efficace qu’ « agressif » selon les propos de Khalid Cheddadi qui ne manque pas de rajouter : « nous relançons les sociétés qui dépassent les délais prévus pour le paiement. Dans le cas où les cotisations ne sont pas versées, nous procédons à la radiation. Cette radiation est assortie d’une prime d’indemnité équivalente à 5 années de contributions. Il s’agit d’une mesure très dissuasive ».
Bref, la CIMR a toutes les raisons de rassurer. Ses résultats sont bons malgré un contexte économique inquiétant. Interpelé sur une potentielle augmentation des chiffres du chômage durant les mois à venir au Maroc, le président directeur général de la CIMR, confiant, répond à Médias 24 : « cela aura probablement un impact sur les recrutements, mais pas de manière importante. La progression continuera mais elle sera moins rapide » avant de rajouter que, « paradoxalement, c’est quand il y a de l’inquiétude sur l’avenir économique que les gens se préoccupent de leur avenir, et donc de leur retraite… Le succès du régime n’a jamais été aussi important ».
D’ailleurs, le champ d’expansion est assez important ; sur les 8 millions de travailleurs dans le secteur privé, seulement 2,5 millions sont couverts par la sécurité sociale, parmi ces derniers, moins de 300.000 adhèrent au régime de la CIMR.
Par rapport à son activité financière, la CIMR joue la carte de la sécurité tout en améliorant son rendement. Les études en terme d’allocation stratégique d’actifs montrent que la structure idéale à atteindre, en terme de produits, serait répartie entre : 55% d’actions, 20% d’obligations, 10% d’immobilier, 10% en projets d’infrastructure et 5% de produits divers.
Khalid Cheddadi décortique, pour Médias 24: « Les obligations affichent un rendement sûr, indépendant du contexte économique. Les actions cotées, même si elles perdent en valeur, arrivent à dégager des dividendes importants, ce qui convient à la politique de la CIMR qui garde le contrôle des actions. Concernant l’immobilier, la CIMR investit dans des projets fortement rentables ». Non inquiété par l’essoufflement du marché de l’immobilier, notamment les pertes en valeur des actions Alliances et Addoha, le PDG de la CIMR avance : « le PER de ces deux actions tourne autour de 5 et 6, très faibles par rapport au marché. C'est-à-dire qu’elles ont un potentiel de reprise important. Elles vont finir par augmenter! »
En ce qui concerne la réforme du régime des retraites, de nouveaux statuts seront fixés par la nouvelle loi sur les assurances maladies et les caisses de retraite. En attendant, sur la base de l’étude du cabinet Actuaria, les syndicats et le BIT (Bureau international du travail) s’accordent à dire que le moment est mal choisi pour généraliser le régime de la CIMR ; « Dans le cas ou le régime deviendrait obligatoire, les PME/PMI risquent de ne plus supporter les charges salariales » confie le PDG de la caisse. Toutefois, la direction générale de la CIMR attend le vote de cette nouvelle loi durant la prochaine session d’automne, au plus tard.
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