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ECONOMIE

Maroc-Union européenne : vers un nouveau libre échange

Les négociations pour un accord de libre-échange (ALECA) entre le Maroc et l’Union européenne viennent de commencer. De quoi s’agit-il et quels bénéfices pour le Maroc ?  

Maroc-Union européenne : vers un nouveau libre échange
Mélanie Xuereb
Le 30 avril 2013 à 15h34 | Modifié 30 avril 2013 à 15h34

Le premier round des négociations qui s’est déroulé la semaine dernière à Rabat entre l’Union européenne (UE) et le Maroc s’inscrit dans le cadre de la réponse de l’UE aux développements politiques survenus dans le monde arabe depuis 2011. Le Maroc est le premier des quatre pays pour lesquels la négociation d’un accord est envisagée (les trois autres étant l’Egypte, la Jordanie et la Tunisie) à s’asseoir à la table des négociations. Ce premier round fait suite à la rencontre entre Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain, et Manuel Barroso, président de la Commission européenne, le 1er mars dernier.

Réglementation des échanges commerciaux entre le Maroc et l’UE

L’UE est le premier partenaire commercial du Maroc. Les principaux produits échangés sont les produits textiles et agricoles. Selon l’accord d’association entré en vigueur en 2000, une zone de libre-échange est instaurée entre le Maroc et l’UE depuis le 1er mars 2012. En vertu de cet accord, tous les produits industriels européens entrent au Maroc en franchise de droits de douane. La libéralisation des échanges commerciaux de produits agricoles, des produits agricoles transformés, des poissons et des produits de la pêche est, quant à elle, effective depuis le 1er octobre 2012.

L’objectif de l’ALECA (Accord de libre-echange complet et approfondi) est renforcer les relations commerciales entre le Maroc et l’UE en étendant les domaines de coopération aux secteurs des services et en ouvrant les marchés publics. Il vise également à mieux protéger les investissements et les droits de la propriété intellectuelle. Cet accord vise une plus grande intégration de l’économie marocaine à l’espace communautaire européen et un rapprochement des législations et règlementations marocaines et européennes en matière d’échanges commerciaux. Cette intégration passe par une simplification des procédures douanières et un allègement des barrières non tarifaires telles que les normes industrielles ou les exigences en matière de surêté alimentaire (normes sanitaires et phytosanitaires), qui constituent bien souvent un frein aux exportations marocaines vers l’UE.

 

 Les bénéfices que le Maroc peut tirer de ce libre-échange

En théorie, cet accord devrait donc se traduire par un accroissement des flux commerciaux entre le Maroc et l’UE ainsi que des investissements directs étrangers en provenance de l’UE, avec à la clef le développement du secteur productif et par conséquent des créations d’emplois.

Mais, en pratique, pour que le Maroc tire pleinement parti de cet accord, c’est-à-dire pour que l’accroissement des flux se fasse dans les deux sens et que le pays oriente sa production et ses exportations vers des produits à plus forte valeur ajoutée, il devient urgent de mettre en place les réformes structurelles nécessaires pour renforcer la productivité et la compétitivité des entreprises marocaines. La formation de la main-d’œuvre dans les secteurs porteurs de l’économie est, par conséquent, une priorité pour attirer les investissements dans les secteurs économiques très productifs et ne pas cantonner le pays dans la production de biens ou services intensifs en main d’œuvre peu qualifiée, peu porteurs de développement social.

A plus court terme, ces négociations reposent la question de l’assouplissement du régime de change qui encouragerait les exportations et découragerait les importations en aidant à accroître la compétitivité du pays tant sur le marché intérieur que sur les marchés européens.

Ces négociations doivent donc être entendues comme l’occasion, à ne pas rater, de mettre en place les réformes nécessaires à une intégration économique réussie dans le bloc européen.

Les prochaines étapes de négociations

La route est encore longue pour aboutir à un accord. Alors, rendez-vous à Bruxelles à la fin juin pour le second round des négociations…

Parallèlement, une étude d’évaluation de l’impact économique, social, environnemental et relatif aux droits de l’homme (TSIA) est entreprise dans le cadre de ces négociations. Elle devrait s’achever au plus tard en octobre 2013.


 

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Mélanie Xuereb
Le 30 avril 2013 à 15h34

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