Tebboune ira à Canossa
En octobre dernier, le président algérien déclarait ouvertement ne pas vouloir se rendre à Paris pour s’y soumettre à la France. Alors qu’il évoquait sa visite à Paris reportée à plusieurs reprises, il laissait entendre que son déplacement serait appréhendé comme une action pour tout céder à la France. En formulant sa pensée par : "je n’irai pas à Canossa", phrase prononcée en français dans une interview en arabe, le message était adressé pour être entendu par qui de droit.
"Je n’irai pas à Canossa" signifiait ne pas vouloir se rendre en France pour supplier un pardon de l’ancien colonisateur. Cette expression, popularisée jadis et formulée par le chancelier allemand Bismarck à la fin du 19e siècle, se référait elle aussi à l’empereur germanique Henri IV au 11e siècle, qui s’était rendu dans la ville italienne de Canossa pour implorer le pape de lever son excommunication. On se demande comment Tebboune s’est identifié à un empereur, chrétien de surcroît, pour se mettre dans sa position. Mais qui l’a vraiment conseillé d’adopter cette posture ?
Le président Tebboune a donc acté officiellement le jour de Aid Al Fitr et la fin du Ramadan, la relance des relations franco-algériennes. Cela rappelle un précédent dans ce jeu d’équilibre que Paris tente de maintenir entre Rabat et Alger. Le communiqué diffusé simultanément à Paris et à Alger rappelle les liens entre les deux pays, la France et l’Algérie, et les défis auxquels, plus globalement, l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique font face. Les deux nations constituent des acteurs européen et africain de premier plan, pourrait-on lire, en ajoutant qu’ils sont tous les deux attachés à la légalité internationale et aux buts et principes édictés par la charte des Nations Unies. Comprendra qui voudra.
Le communiqué ajoute, par ailleurs, que les deux gouvernements travailleront ensemble pour donner à leurs relations une nouvelle ambition. Il annonce par ordre la reprise de la coopération sécuritaire et migratoire à travers l’établissement d’une "confiance fluide et efficace". Sur les questions mémorielles qui empoisonnent leurs relations bilatérales depuis 1962, Paris et Alger veulent relancer la commission des historiens pour tenter, pour la énième fois, d’apaiser les cœurs. Ce communiqué a expressément demandé un geste de clémence et d’humanité pour l’écrivain Boualam Sansal condamné à cinq ans pour sa déclaration sur l’annexion de territoires marocains durant la colonisation française.
La diplomatie française a dû batailler pour épurer ce texte de tout ce qui peut prêter à interprétation et n’a renoncé à aucune de ses exigences et à faire respecter sa souveraineté diplomatique sur toutes les questions internationales. Mieux encore, la pression de Paris pour mettre en primauté la libération de Sansal, vieux et malade, a bien fonctionné, reléguant ainsi les autres exigences algériennes au second plan.
C’est donc une éclaircie printanière dans le ciel souvent ombragé entre ces deux nations. Tout porte à penser que le calme qu’on essaie d’instaurer, cahin-caha, ne peut qu’être de passage pour ces deux pays qui n’ont pas encore pu solder leur passé faute de volonté de part et d’autre. La France, qui a fait ce qu’est l’Algérie aujourd'hui, traîne les séquelles d’une colonisation qui a littéralement marqué l’Algérien dans son esprit et dans sa chair. Pour sa part, le gouvernement algérien ne fait aucun effort pour rappeler, à chaque occasion, ce passé douloureux devenu un fonds politique et une rente mémorielle pour mobiliser la population et camoufler ses échecs.
à lire aussi
Article : Le Maroc intégré à un fonds Banque mondiale-SECO suisse pour renforcer les systèmes financiers
Doté de 4,65 millions de francs suisses, soit environ 54 millions de DH, le dispositif couvre quinze pays et vise à appuyer des réformes liées à l’inclusion, à la profondeur des marchés et à la résilience du secteur financier. Pour Rabat, il s’agit d’un cadre multilatéral d’accompagnement, et non d’une enveloppe bilatérale dédiée.
Article : Mondial 2026 : le Maroc “ne craint pas" le Brésil mais le "respecte”, assure Ouahbi
À la veille de l’entrée en lice des Lions de l’Atlas dans le groupe C, à East Rutherford, le sélectionneur a confirmé un groupe disponible malgré les forfaits de Nayef Aguerd et Abde Ezzalzouli, tout en appelant ses joueurs à assumer leur nouveau statut.
Article : Motocyclisme à El Jadida : la course test du championnat du monde sauvée in extremis
Les autorités locales d'El Jadida ont finalement levé leurs réserves sur la course test de Haouzia, permettant le maintien d'un événement présenté comme stratégique pour l'accueil d'une manche mondiale de motocyclisme sur sable.
Article : Pour près de 945 MDH, SOGEA Maroc décroche le très convoité marché de la future gare Casa Sud
Dans le cadre de la nouvelle LGV, le site prévu à l’intersection du boulevard Roudani, de la route d’El Jadida et de l’autoroute urbaine doit devenir un pôle de connexion de plus de 21.980 m², adossé au projet urbain Nassim.
Article : Avec le Grand Stade Prince Moulay Abdellah, Mawazine voit plus grand
Les 26 et 27 juin, Douzi, Cheb Khaled, Morad et ElGrandeToto se produiront dans l’enceinte de 68.500 places, appelée à devenir l’une des nouvelles scènes majeures du festival.
Article : Bourse de Casablanca : fort rebond du MASI de 1,9%
La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 12 juin sur une nette hausse. Le MASI a gagné 1,86%, soutenu notamment par le rebond des valeurs minières après les fortes turbulences observées la veille. Managem, Attijariwafa bank et LabelVie ont concentré l'essentiel des échanges.