Marques, marketing et soft power : ce que révèle la présence marocaine dans le classement ACMO 100
La présence de sept profils marocains dans le classement African Chief Marketing Officers (ACMO 100) dépasse la simple reconnaissance individuelle. Elle reflète une transformation profonde des métiers du marketing et de la communication, désormais au cœur des stratégies de croissance, tout en illustrant la montée en puissance du Maroc dans les dynamiques de marque et d’influence à l’échelle africaine. Une tribune de Mounir Jazouli.
Il ne s’agit ni d’une surprise ni d’un hasard : la présence de sept profils marocains dans le classement African Chief Marketing Officers (ACMO 100) traduit une évolution profonde des métiers du marketing et de la communication, ainsi que la place croissante qu’occupe le Maroc dans les dynamiques de marque et d’influence en Afrique.
Depuis quelques années, une mutation majeure s'opère : les fonctions marketing, communication et gestion de marques ne sont plus périphériques, mais de plus en plus au cœur des enjeux de croissance, de transformation et de compétitivité.
Ce constat, appuyé par les études récentes de la World Federation of Advertisers, montre que les organisations les plus performantes placent la marque et sa cohérence stratégique au centre de leur modèle, avec une intégration du marketing au plus haut niveau de la décision. Le rôle du CMO évolue en profondeur. Il ne s’agit plus uniquement de piloter des campagnes, mais de contribuer directement à la création de valeur, d’aligner les fonctions internes et de naviguer dans des environnements complexes et mouvants.

A ce titre, la présence marocaine dans ce classement atteste d’une maturité de l’écosystème national et de la capacité de nos talents à exceller dans des contextes multi-pays et multiculturels exigeants.
Au-delà des individus, c’est la marque-pays qui se joue. Le développement du "Made in Morocco", et plus largement du "Made in Africa", ne peut se limiter à une logique industrielle ou commerciale. Il repose sur la capacité à construire des marques fortes, crédibles et porteuses de sens, capables de s’aligner aux standards internationaux sans pour autant perdre de leur authenticité ou se détacher de leur réalité locale.
Dans un environnement marqué par l’accélération des flux d’information et la volatilité des perceptions, la maîtrise des narratifs devient un enjeu stratégique. Les marques, comme les pays, doivent être en mesure de construire dans la durée des récits cohérents, crédibles et alignés avec leurs fondamentaux. C’est aussi là que se joue une part essentielle du soft power. À travers ses institutions, ses marques et ses talents, le Maroc renforce progressivement sa capacité à projeter une image, des valeurs et une expertise reconnues au-delà des frontières.
Dans le cadre de mes responsabilités de vice-président Afrique au sein de la World Federation of Advertisers, je contribue à cette dynamique de rayonnement des marques africaines et d’empowerment des talents et des fonctions marketing sur le continent.
L’accès à un réseau mondial de pairs, à des plateformes de partage de connaissances, de benchmarking et de standards internationaux constitue aujourd’hui un levier déterminant pour accompagner la montée en puissance des CMO africains et renforcer la compétitivité des marques qu’ils gèrent.
Pour l’instant, seuls quelques pionniers africains - ABSA, BANK OF AFRICA, First Bank Nigeria, Maroc Telecom - intègrent cette organisation mondiale, qui fédère plus de 150 grandes marques internationales représentant 90 % des investissements publicitaires, soit environ 900 milliards de dollars américains par an, ce qui souligne à la fois les avancées réalisées et le potentiel encore largement sous-exploité en matière d’intégration des marques africaines dans les dynamiques globales.
L’enjeu, aujourd’hui, dépasse la reconnaissance des talents individuels. Il réside dans la capacité à structurer des écosystèmes solides, à faire émerger des champions régionaux et à accompagner le développement de marques africaines capables de rivaliser à l’échelle internationale. La présence marocaine dans ce classement est donc moins une fin en soi qu’un indicateur de la solidité des fondamentaux et de la nécessité de transformer cette dynamique en avantage compétitif durable, au service de marques marocaines et africaines.
à lire aussi
Article : Le Maroc intégré à un fonds Banque mondiale-SECO suisse pour renforcer les systèmes financiers
Doté de 4,65 millions de francs suisses, soit environ 54 millions de DH, le dispositif couvre quinze pays et vise à appuyer des réformes liées à l’inclusion, à la profondeur des marchés et à la résilience du secteur financier. Pour Rabat, il s’agit d’un cadre multilatéral d’accompagnement, et non d’une enveloppe bilatérale dédiée.
Article : Mondial 2026 : le Maroc “ne craint pas" le Brésil mais le "respecte”, assure Ouahbi
À la veille de l’entrée en lice des Lions de l’Atlas dans le groupe C, à East Rutherford, le sélectionneur a confirmé un groupe disponible malgré les forfaits de Nayef Aguerd et Abde Ezzalzouli, tout en appelant ses joueurs à assumer leur nouveau statut.
Article : Motocyclisme à El Jadida : la course test du championnat du monde sauvée in extremis
Les autorités locales d'El Jadida ont finalement levé leurs réserves sur la course test de Haouzia, permettant le maintien d'un événement présenté comme stratégique pour l'accueil d'une manche mondiale de motocyclisme sur sable.
Article : Pour près de 945 MDH, SOGEA Maroc décroche le très convoité marché de la future gare Casa Sud
Dans le cadre de la nouvelle LGV, le site prévu à l’intersection du boulevard Roudani, de la route d’El Jadida et de l’autoroute urbaine doit devenir un pôle de connexion de plus de 21.980 m², adossé au projet urbain Nassim.
Article : Avec le Grand Stade Prince Moulay Abdellah, Mawazine voit plus grand
Les 26 et 27 juin, Douzi, Cheb Khaled, Morad et ElGrandeToto se produiront dans l’enceinte de 68.500 places, appelée à devenir l’une des nouvelles scènes majeures du festival.
Article : Bourse de Casablanca : fort rebond du MASI de 1,9%
La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 12 juin sur une nette hausse. Le MASI a gagné 1,86%, soutenu notamment par le rebond des valeurs minières après les fortes turbulences observées la veille. Managem, Attijariwafa bank et LabelVie ont concentré l'essentiel des échanges.