Maroc/Espagne: Un Partenariat, non “une perte-nariat” !
Dr Tayeb Hamdi, connu dans les milieux de la médecine, intervient ici en tant que citoyen, ancien militant de la Jeunesse Ittihadia et d'organismes et délégations internationales de la Jeunesse.
L’Espagne est un pays voisin, ami et partenaire, dont des dirigeants ont choisi de comploter contre lui, contre la justice de leur propre pays et contre les intérêts de leurs propres pays, pour « plaire » à une poignée de généraux en Algérie.
Les voisins devraient comprendre que céder au chantage des généraux d’Alger est non seulement une perte de chance pour la paix et la stabilité de la région, mais également pour les propres intérêts du peuple espagnol. Ils devraient reconsidérer leurs positions et avancer dans leur approche du devoir de respect à l’intégrité territoriale du Maroc et sur les intérêts communs, à la lumière des données actuelles et des exigences de l’avenir.
Sur la question de son intégrité territoriale, le Maroc a fait évoluer son approche pour résoudre ce dossier dans un cadre d’une solution politique et négociable, toujours compatible avec la légitimité historique et la légalité internationale, par souci de préserver la stabilité de la région et la paix régionale et internationale.
Durant presque un demi-siècle, le Maroc a d’un côté, fait face à une obstination destructrice du pouvoir d’Alger avec son bras milicien polisarien, et d’un autre côté, à un immobilisme criant de ses partenaires au nord qui ont campé sur la même ligne durant ce demi-siècle.
Le Maroc a payé un lourd tribut à cause de cet immobilisme qui tient malheureusement toute notre région et ses peuples en stand-by de développement, de libertés et d’aspirations légitimes vers la démocratie. Malgré ce prix, le Maroc a consenti des efforts considérables pour avancer et harmoniser le développement de ses provinces récupérées. Les résultats sont là, et l’Espagne les connaît.
Le Maroc a eu toujours une ligne diplomatique basée sur la retenue, la patience et la compréhension envers ses amis et ses partenaires. Une attitude qui aurait malheureusement encouragé quelques-uns de ces « partenaires » à ne trouver aucune indécence à céder au chantage d’un régime militaire en déclin en Algérie, faussement persuadés que leur « ami » le Maroc serait «compréhensif » et ne pourrait mettre en péril leurs intérêts. Les dirigeants espagnols ont gravement enfreint les règles de bon voisinage, d’amitié et de partenariat envers le Maroc, les conséquences sont là.
Devant l’amplification de la crise politique en Algérie et un Hirak infatigable qui veut rompre avec un pouvoir en place par la seule volonté de quelques généraux, la junte multipliera l’usage de la politique du gaz sur le volet des affaires étrangères, pour assurer un semblant de réussite diplomatique, même en tarissant encore plus les caisses de plus en plus vides, au lieu de subvenir aux besoins et aux attentes du peuple algérien.
Le Maroc est un élément clef de la stabilité de la région, de la paix, une porte d’entrée vers l’Afrique et vers le monde arabe, un centre de rayonnement d’un islam modéré, un rempart contre l’obscurantisme, un partenaire de taille dans la lutte régionale et mondiale antiterroriste, un partenaire dans la coopération sécuritaire, anti drogues et migratoire.
La coopération bilatérale du Maroc sur certains de ces dossiers n’est pas – ou du moins n’est plus- un acquis irrévocable pour ses partenaires, que dans la limite de la réciprocité.
Ce sont les USA - et non les voisins, en plus d’être partenaires et amis du Maroc- qui ont fait le pas tant attendu : reconnaître la souveraineté marocaine sur ses provinces du sud. Alors que ses voisins complotent derrière son dos.
Le Maroc attend de ses partenaires des positions plus avancées sur les intérêts communs, sur son intégrité territoriale, et plus claires sur le séparatisme.
Les zones grises, le flou, l’ambiguïté doivent désormais céder place à la clarté et aux choix éclairés, délibérés des uns et des autres. Les Marocains d’ici et du monde, sauront faire le tri.
Les complications de l’affaire de Brahim Ghali Ben Bettouch et de la tentative de sa soustraction à la justice espagnole, devant laquelle il est poursuivi pour d’ignobles crimes, en connivence avec quelques généraux d’Alger, n’est que le signe de la détermination de tout un pays, de tout un peuple, pour faire valoir ses droits et ses intérêts légitimes et son refus du chantage et de l’immobilisme. Un cri d’un peuple pour une amitié dont le socle devrait être un partenariat gagnant pour tous les partenaires dans le respect mutuel.
Un partenariat qui fait gagner une partie, et en fait perdre l’autre n’est plus à l’ordre du jour. Les tentatives d’intimidation, par qui que ce soit, basées sur l’usage de vielles méthodes, ne sont plus de mise. Le Maroc a changé et change encore. Il n’est certes pas parfait, mais il n’est ni le Maroc que nos voisins ont connu il y a des décennies, ni comparable à des voisins à qui quelques de nos partenaires concèdent et cèdent aux détriments de leurs propres intérêts.
Le Maroc évolue doucement mais sûrement vers un nouveau Maroc à la hauteur des aspirations démocratiques de sa population et de sa jeunesse, à la hauteur des attentes de tous les peuples de la région en quête de paix, de stabilité, de libertés, de démocratie, de développement.
Pour avancer plus vite, le Maroc a besoin de vrais partenaires, et d’une consolidation de son front intérieur par une avancée rapide sur les fronts du développement, du processus démocratique, pour consolider sa position exceptionnelle dans la région. Les avancées sont en cours, ceux qui veulent appuyer seront les bienvenus.
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