Les montagnes, clés de l’avenir hydrique marocain
À l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, célébrée annuellement le 22 mars, l’UNESCO et l’Organisation météorologique mondiale, qui coordonnent cette célébration, ont choisi cette année de souligner l'importance cruciale des montagnes dans la gestion des ressources en eau à travers le monde.
Le rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2025, préparé par l’UNESCO et lancé à New York et Paris cette semaine en même temps que la première Journée mondiale des glaciers, se concentre ainsi sur les eaux de montagne et leur rôle essentiel en tant que « châteaux d'eau » de la planète.
Pour le Maroc, il s’agit d’un enjeu particulièrement vital. Les montagnes, véritables réservoirs naturels, fournissent une part significative des flux d'eau douce nécessaires à la vie quotidienne, à l'agriculture et à l’industrie dans le pays.
Les montagnes de l'Atlas et du Rif, avec leurs manteaux neigeux, constituent des retenues d'eau essentielles, particulièrement durant les mois secs d'été. Les neiges accumulées en hiver permettent de nourrir les rivières et les nappes phréatiques pendant la saison estivale, assurant ainsi l'approvisionnement en eau des populations et des terres agricoles.
Selon le rapport sur l’eau 2025 préparé par l’UNESCO, l’ensemble de la région arabe sera passé sous le seuil de pénurie absolue d’eau d’ici à 2050 et le Maroc n’échappe pas à la tendance. Cette prévision prend en compte la croissance démographique, ainsi que les répercussions du changement climatique sur les chutes de neige et les précipitations saisonnières.
Pour les communautés montagnardes de la région arabe, et plus particulièrement au Liban et au Maroc, cette situation va affecter les activités économiques telles que le tourisme et l’agriculture. Pour pouvoir aller de l’avant, des mesures intersectorielles d’adaptation au climat s’imposent, au rang desquelles des solutions fondées sur la nature, des techniques d’irrigation et de sélection des cultures optimisées ainsi que des stratégies de diversification économique intelligentes.
Les efforts gouvernementaux
Face à ces défis, le Maroc a déjà pris depuis longtemps des mesures importantes pour renforcer la gestion de ses ressources en eau, sous la direction des autorités publiques.
Le gouvernement a ainsi mis en place des politiques ambitieuses pour faire face à la situation. Le Plan Maroc Vert a ainsi été lancé dès 2008 pour moderniser l'agriculture et encourager des pratiques agricoles durables, notamment dans les régions montagneuses.
Le rapport de l’UNESCO 2025 note à cet égard que, le Plan Maroc Vert a permis l’émergence d’une nouvelle politique de gestion des ressources naturelles et de promotion des savoirs autochtones en matière de gestion des écosystèmes.
Le plan encourage utilement les mesures d’adaptation au changement climatique et cherche également à améliorer l’agriculture à petite échelle dans les zones marginales par le biais de subventions pour la plantation d’arbres sur les terrains en pente et de la mise en œuvre de techniques économes en eau, telle l’irrigation au goutte-à-goutte.
Il convient de souligner par ailleurs que le Maroc a beaucoup investi dans des infrastructures hydrauliques modernes, telles que des barrages et des stations de traitement de l'eau, pour stocker et distribuer l'eau de manière plus équitable et efficace.
Ces efforts sont également accompagnés de plusieurs initiatives pour renforcer la résilience des territoires. Parmi celles-ci, on peut citer l’amélioration des infrastructures de stockage d'eau et la diversification des sources d’approvisionnement, telles que le dessalement de l'eau de mer.
Le soutien de l'UNESCO
L’UNESCO joue un rôle clé en accompagnant à travers le monde tous les pays qui le souhaitent dans la mise en place de solutions durables pour la gestion de l’eau, en particulier dans les zones de montagne. L'organisation promeut par exemple une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), qui consiste à prendre en compte l'ensemble des facteurs naturels et humains qui influent sur l’eau.
Cette approche est particulièrement pertinente dans les régions montagneuses, où les dynamiques hydrologiques sont complexes. Pour l'UNESCO, une telle gestion doit inclure la collecte de données précises sur l’hydrologie et la mise en place de modélisations pour anticiper les impacts du changement climatique.
Notre rapport sur l’eau 2025 préconise également les innovations technologiques portant par exemple sur la surveillance efficace des glaciers et les systèmes d’alerte précoce, susceptibles de fournir des informations essentielles sur la fonte des glaciers et les glissements de terrain.
Le Maroc, en partenariat avec l’UNESCO, s’efforce également de renforcer la formation des ingénieurs et des gestionnaires de l’eau, afin de mieux préparer les générations futures aux défis liés à l’eau. L’UNESCO soutient ainsi les efforts du Maroc en matière d’éducation et de formation, notamment en ce qui concerne les technologies innovantes pour le traitement de l’eau.
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La gestion durable de l'eau est à l’évidence l'un des défis majeurs du Maroc, comme d’ailleurs de l'ensemble du Maghreb. À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, il est essentiel de reconnaître les efforts entrepris par le Maroc pour gérer cette ressource vitale, en particulier dans les zones montagneuses, et de considérer les mesures supplémentaires qui pourraient être prises.
Ces efforts, soutenus par des initiatives comme le Plan Maroc Vert et les recommandations de l’UNESCO, sont vitales pour garantir la sécurité hydrique face aux enjeux climatiques. Ce sont bien la coopération internationale et l’adoption de solutions adaptées aux spécificités locales qui permettront de relever ces défis liés à l’eau et de préserver l’avenir des générations futures.
Eric Falt est le Directeur régional de l’UNESCO pour le Maghreb et Représentant de l’UNESCO auprès de l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Il est basé à Rabat.
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