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Le paradigme “Patron-Client” : réajustement ou dépendance à l’envers

Il y a de ces paradigmes qui ne vieillissent pas. Ils ne vieillissent pas, car à leur conception, ils ne sont pas pris au sérieux et prennent alors le temps de grandir en toute aisance. Ils sont même méprisés et leurs auteurs passés à tabac, intellectuellement parlant. Ils prennent le temps qu’il faut jusqu’à ce que la tempête passe. Et puis, ils reviennent plus forts que jamais pour rendre la monnaie à leurs détracteurs. Il en est ainsi du paradigme ‘’Patron-Client’’.

Le 24 septembre 2024 à 11h00

Que l’on jette un clin d’œil sur l’actualité politique, diplomatique et géopolitique pour déceler la force et la pertinence de ce paradigme pour expliquer ce qui se passe. Tout ce qui est nouveau dérange, car la communauté sociale n’aime pas être défiée dans son confort intellectuel et social. La communauté déteste des expressions savantes telles que ‘’les coupures épistémologiques’’ appliquées à la politique – et à plus forte raison à la diplomatie et à la géopolitique.

Il me plaît de me hasarder sur ce terrain et de remettre en cause certaines vérités premières en relation avec des paradigmes iconiques et avec le traitement qui leur est réservé. La première vérité à faire descendre de son piédestal est la croyance que les luttes des peuples pour la liberté sont identiques et qu’elles invitent à sacrifier les fondamentaux intranationaux. La deuxième vérité à récuser est la croyance que les acteurs étatiques font du bénévolat ou se comportent comme des Samaritains.

La troisième vérité à déconstruire est celle de croire que les militants pour les causes – dites justes – agissent par conviction et non pas par intérêt personnel. Quatrième vérité à épingler est de croire que les mouvements politiques et leurs bras paramilitaires n’obéissent pas à des formes d’allégeance au-delà de l’objectif principal que leur impose la lutte qu’ils livrent à d’autres mouvements ou États.

Si on se limite à l’histoire contemporaine, on retiendra quatre exemples au moins.

1 – Le premier exemple se rapporte au régime des capitulations.

2 – Le deuxième exemple concerne la dialectique de la lutte politique et de la démocratie.

3 – Le troisième exemple épilogue sur la cooptation aléatoire des acteurs étatiques et non-étatiques pour l’exécution de scénarios confectionnés à la hâte par des acteurs extérieurs.

4 – Le quatrième exemple interpelle la hiérarchie des acteurs dans des configurations politiques et stratégiques circonscrites dans le temps et prolongées dans l’espace.

Réajustement ou revers de la médaille

Tous ces exemples, que l’on examinera d’une manière anachronique, ont un dénominateur commun : le revers de la médaille. Ils n’échappent pas à la loi de l’expiration, non pas par érosion, mais par erreurs d’appréciation préalable à la conception. Quel rapport ont ces cas de figure avec le paradigme ‘’Patron-Client?’’

1 – Les capitulations peuvent être schématiquement définies comme étant un ensemble de privilèges accordés à des ressortissants d’un État sous domination étrangère par la puissance administratrice. Il s’agit des privilèges qui sont octroyés en contrepartie de services rendus – qui peuvent être mutuellement consentis – et du degré de perception de la double allégeance. Il s’agit d’une relation de ‘’Parton-Client’’ qui ressemble un peu à l’existence de sociétés écrans. Le gérant est connu de tous et les vrais actionnaires le sont moins, mais qui ne s’interdisent pas d’observer de loin et, par la même occasion, calculer les risques.

La littérature sur le régime des capitulations est abondante et chacun y trouve le menu qui attise son appétit politique. Mais déjà, un premier constat : les bénéficiaires du régime des capitulations sont régis par les dispositions d’un contrat synallagmatique. Leur engagement est conditionné par la capacité de marchandage dont ils disposeront une fois ce contrat arrivé à expiration. Dans ce cas d’espèce, il s’agit de la fin de la colonisation ou du protectorat. Mais les privilèges peuvent être entretenus et conservés autrement pendant des périodes plus ou moins longues à moins qu’ils ne soient remis en cause par la force des choses.

2– La dialectique de la lutte politique et de la démocratie s’applique à la relation que certains planificateurs politiques établissent entre le militantisme politique et l’instauration de ce qui est libellé "démocratie authentique". Dans ce cas, la lutte se ressource dans différents référentiels idéologiques. Elle prend trois formes au moins. Un : une lutte au grand jour, relativement bien structurée, qui vise la réforme du système politique à partir de l’intérieur. Elle brasse large en ciblant tous les espaces qui meublent la stratification sociale telle que communément perçue.

Deux : la lutte pour la sauvegarde d’un système de privilèges qui comporte néanmoins des concessions. Les acteurs appartenant à ce groupe ne sacrifient pas la précipitation ou à la panique. Ils peuvent être recrutés au sein de la catégorie des capitulés et de celle qui aspire à les détrôner. Un mariage contre-nature peut résulter de cette formule. Cependant, ni la première catégorie, ni la deuxième n’ambitionne de changer le régime politique.

Trois : la lutte table rase qui vise non seulement à réformer  totalement le système politique, mais aussi à demander des comptes. Les acteurs qui appartiennent à cette catégorie ne sont ni plus ni moins épris de valeurs démocratiques que les autres. Cependant, ils sont parfois réceptifs aux sirènes revanchardes. Par ailleurs, ces acteurs n’aiment pas se positionner au centre. Ils entretiennent des alliances qui n’ont d’éloquent que le verbatim bien structuré dont ils raffolent pour séduire.

3- La cooptation aléatoire pour l’exécution de scénarios confectionnés à la hâte concerne les processus qui s’invitent dans des espaces politiques sans que les planificateurs politiques étrangers aient pu les prévoir ou anticiper. Les acteurs choisis se recrutent dans deux catégories.

La première catégorie concerne des personnalités politiques, intellectuelles et celles émanant du monde des affaires. Ce sont généralement des personnes qui portent un projet politique clair et, sans faire dans la dentelle, cherchent à introduire des réformes profondes pouvant aller jusqu’à changer le régime politique en place.

La deuxième catégorie concerne des acteurs qui n’y vont pas par quatre chemins. Ils visent le changement de régime et ont une formation militaire, paramilitaire ou sécuritaire avérée. Ils n’agissent pas à partir de l’intérieur, mais s’appuient sur des complicités intranationales.

Les planificateurs politiques et militaires ne perdent pas beaucoup de temps pour se lancer dans le bain. Ils cooptent et réfléchissent après. Si bien que les résultats s’avèrent lourds de conséquences.

Les mouvements politiques et leurs bras paramilitaires peuvent se scinder en plusieurs sous-catégories qui se transforment en formations armées non-étatiques. Ces formations ne cachent pas leurs allégeances. Et, comble d’ironie, la plupart est créée par des services de renseignement étrangers.

Encore une fois, quel rapport avec le paradigme ‘’Patron-Client ?’’ Il y a un rapport très étroit qui devient encore plus intéressant si on y ajoute le paradigme du ‘’Désordre créatif’’. La quintessence première de ce désordre est l’inversement des rôles et la bousculade du positionnement hiérarchique.

Procédons de la même manière que dans la répartition établie plus haut.

1– Les capitulations tout d’abord. Il s’avère que la disposition principale du contrat synallagmatique nécessite des amendements d’usage. Il s’agit en l’occurrence de la relation asymétrique qui passe de l’aspiration par l’acteur mineur à s’adjuger une position plus avancée sur l’échiquier des privilèges, à une remise en cause de la distribution du pouvoir.

Plusieurs exemples peuvent être cités à cet égard. Les bénéficiaires des dividendes des capitulations ambitionnent alors de voler de leurs propres ailes. Certes, ils continuent à opérer suivant le schéma apparent de ‘’Patron-Client’’, mais le ‘’Patron’’ devient leur otage dans la répartition des gains. Exemple concret, la série des nationalisations qui ont caractérisé la politique de certains pays au Moyen-Orient (Égypte, Syrie, Irak, Libye) et en Afrique (Algérie, Zimbabwe, Afrique du Sud, Nigéria, etc.). Le processus a été enclenché quand la question de la légitimité des institutions a été posée.

2– La dialectique de la lutte politique et de la démocratie présente une autre paire de manche, mais, sur le fond, elle chamboule la hiérarchie ‘’Patron-Client’’. Des mouvances qui prônent la lutte politique comme condition incontournable à l’instauration de la démocratie concluent des arrangements. Ces arrangements prennent, au départ, la forme d’alliances organiques laissant au ‘’Patron’’ le dernier mot.

En effet, le ‘’Client’’ est pressé par le temps, alors que le ‘’Patron’’ raffole du statu quo. Le premier veut avoir droit au chapitre sans trop attendre que l’initiative vienne du ‘’Patron’’. Ce dernier s’agrippe aux dispositions du contrat qui ne remettent pas en cause la forme asymétrique des relations entre les deux signataires. Au fur et à mesure que le temps passe, les choses se corsent et le miroir des arrangements s’étiole.

Exemple concret : tous les mouvements et partis politiques qui se sentent nourris par le panarabisme et le panislamisme ont goûté à cette recette. L’échec qu’ils ont essuyé s’explique par la lecture confuse qu’ils aient faite de leur place sur l’échiquier de la répartition des rôles et des gains immédiats. Très vite, ils ont été neutralisés d’une part, pour avoir mal négocié la transition politique sur le plan national et d’autre part, pour n’avoir pas pu décoder les messages envoyés par les vrais acteurs de l’échiquier stratégique international.

Pas d’alliance dans la hiérarchie totale

Le référentiel idéologique de ces mouvements et formations politiques a été atteint par l’absence d’horizons clairs – qui plus est – a été accentuée par la faillite des modèles qu’ils ont tant adulés. Ils se retrouvent seuls, à se poser des questions sur la relation ‘’Patron-Client’’ dont ils ont si souvent bénéficié, en regrettant le temps où ils avaient une opportunité d’emporter la partie en se dégageant de la double servitude-dépendance sur les échiquiers interne et international.

3– La cooptation aléatoire est un exercice qui correspond à la va-vite ou à celui de battre le fer pendant qu’il est chaud. C’est un exercice qui traduit un choix rationnel pour couper l’herbe sous les pieds des détracteurs potentiels.

Il s’agit là de changements politiques imprévus avec l’apparition de mouvements qui dérogent à la conception traditionnelle de la politique. Une inconnue qui est liée aux mouvements de masse dont les planificateurs politiques n’avaient pas vu venir. Exemple concret : l’opposition en exil et l’Islam politique dans la périphérie arabe.

Vers la fin des années 1990, la conclusion tirée dans les sous-sols hermétiques des centres de décision en politique étrangère aux États-Unis et en Europe a été de se débarrasser, sans procès, des anciens clients (bénéficiaires du régime des capitulations, militants à la mode et intellectuels qui brillent sous le soleil des prix littéraires et scientifiques).

On sort son carnet d’adresses et on coche le nom des personnalités qui se ressourcent dans le narratif des droits de l’Homme et de la démocratie. Il s’agissait du plan A. Le plan B consistait en la cooptation des figures islamistes dites modérées.

Les attentats qui ont frappé les États-Unis, le 11 septembre 2001, ont chamboulé les perceptions et les priorités. Ni les ‘’démocrates’’ tirés au volet ni ‘’les islamistes’’ – dit modérés– ne remplissaient vraiment les conditions de maintenir le modèle ‘’Patron-Client’’ sans changement. Même les rectifications sommaires que les planificateurs et stratèges politiques occidentaux ont introduites se sont avérées comme un coup d’épée dans l’eau.

Trois explications. Une : les forces cooptées n’étaient pas préparées. Elles ont été prises au dépourvu. Deux : les planificateurs politiques étrangers se sont aperçus qu’ils avaient mal calculé leur coup. Et même pire : leurs méthodes d’analyse et d’anticipation ont été atteintes par l’érosion et la myopie. Trois : la conditionnalité tant adulée dans les bureaux climatisés s’est avérée, elle, une construction d’esprit, car ni les bénéficiaires du régime des capitulations, ni les partisans du changement par la confrontation et encore moins les militants tirés au volet n’étaient prêts à accepter la dépendance totale à l’égard de leurs commanditaires. Mieux, leur patriotisme était avéré et ne souffrait pas de l’ombre d’un doute.

4– D’où, la nécessité pertinente de conjuguer le paradigme ‘’Patron-Client’’ avec celui du ‘’Désordre créatif’’. Les deux paradigmes traduisent la volonté des acteurs étatiques de créer un climat dans lequel la dimension psychologique joue un rôle déterminant.

Cette dimension est conditionnée par la prédominance de rapports hiérarchiques et par la phobie des acteurs de les voir remis en cause dans un sens ou dans un autre. L’intervention du désordre créatif permet à l’acteur-patron de jauger sa capacité de marchandage pendant la phase préparatoire d’un changement souhaité ou imposé par la réalité sur le terrain.

C’est dans cette perspective que la cadence de création d’acteurs armés non-étatiques a été accélérée. Le ‘’Patron’’ avait besoin de structures bien huilées pour acculer le ‘’Client’’ à se soumettre en multipliant les possibilités de lui faire peur. Intervient alors le recours aux principes tels que les droits de l’Homme, la justice sociale, l’égalité du genre, etc.

La consultation des archives de l’ethnologie militaire ou l’exhumation de correspondances gardées secrètes dans les archives familiales ayant une relation étroite avec l’exercice du pouvoir dans le passé, sont autant de moyens de pression pour que le ‘’Patron’’ reste patron et que le ‘’Client’’ reste client.

Si bien que durant les années 1970, des formations politiques ont été encouragées à créer (ou à ressusciter) des bras syndicaux avec une double casquette que pourraient, à l’occasion, porter leurs chefs. L’ouverture de ces formations sur le monde leur a permis d’établir des alliances transnationales.

Dans la foulée, la relation ‘’Patron-Client’’ prend la forme requise. Elle crée un rapport hiérarchique qui s’inscrit dans le cadre de la dépendance unilatérale. Preuve en est la manière dont ces bras syndicaux se comportent au sein des fora internationaux quand leurs pays sont épinglés au sujet, par exemple, des droits humains.

Cette configuration a été vérifiée encore pendant les années 1990 avec le paradigme des nouvelles générations’’ au sein de la périphérie arabe. Cependant, le ‘’désordre créatif’’ a été mis en sourdine quand la cooptation aléatoire a démontré ses limites, sinon ses failles, dans l’exécution d’un scénario à double facette : l’instauration de la démocratie à la carte et le changement de régime.

Par ailleurs, la marge de manœuvre qui a été laissée à certains pays dans le cadre de la redistribution des rôles de sous-traitants géopolitiques, leur a offert l’opportunité de multiplier la création de bras armés. Cette mission a été confiée à des structures spécialisées, dont les services de renseignement.

Le climat d’instabilité, qui a été constaté, à intervalle régulier durant les années 1970-1990-2000, a été enclenché et entretenu par ces structures. Une fois ressenti que le rapport hiérarchique selon le paradigme ‘’Patron-Client’’ commence à changer dans un sens ou dans un autre, une nouvelle forme de ‘’chaos créatif’’ est apparue. Ironie du sort, des mouvances politiques intranationales et des figures de proue internationales sont aujourd’hui observées en train de squatter les forums internationaux, sollicitant une attention particulière qui leur est accordée en compte-gouttes.

La période post-Covid-19 constitue une phase de transition importante au cours de laquelle les planificateurs politiques et les stratèges militaires se cherchent encore pour échafauder de nouvelles formes de relations interétatiques. Ils savent que l’illusion du pouvoir ne peut plus séduire.

Les acteurs étatiques et non-étatiques à l’échelle globale ont, semble-t-il, décidé de résoudre un certain nombre de conflits qu’ils ont gérés à distance. De ce fait, une nouvelle perception des rapports asymétriques interétatiques est envisageable. Elle impose cependant de revoir le système d’alliance classique dans lequel certains partenaires (Clients) pouvaient exécuter des missions de sous-traitance moralement condamnables.

Des crises et des conflits ont été soit partiellement résolus, soit maintenus sous contrôle. Cependant, deux questions épineuses restent insolubles. Un–la détermination du montant de primes (et de dédommagement) financier pour service rendu, qui se chiffre par des milliards de dollars. Deux–l’intégration  dans l’armée, ou la dissolution des groupes ou milices militaires. Trois– la part que s’assignent les Patrons et les Clients-sous-traitants dans l’effort de reconstruction des zones sinistrées.

De surcroît, la relation ‘’Patron-Client’’ prend des formes complexes au point que le sous-traitant géopolitique, qui a lui-même sous-traité ses services, se trouve entre le marteau et l’enclume. Il n’a de choix que de parer au plus pressé en sacrifiant une partie de ses tentacules. La situation actuelle au Moyen-Orient offre un exemple des plus éloquents en la matière.

Pendant quatre décennies, la relation ‘’Patron-Client’’ était acceptée dans les conditions définies par le ‘’Patron’’. Il s’inscrivait dans la logique de l’acteur majeur et de l’acteur mineur. Ce dernier disposant d’une certaine marge de manœuvre dans l’espace qui lui a été réservé d’office. À un certain moment de cette relation emblématique, le ‘’Patron’’, pour des raisons de marchandage entre acteurs majeurs internationaux plus corsés, laisse apparaître des signes de lassitude ou de soumission à l’acteur mineur.

L’acteur mineur fait donc des concessions qui permettent à ce dernier d’étendre son influence dans l’espace circonscrit. Une fois la pendule remise en ordre, l’acteur mineur trouve des difficultés à se débarrasser de ses relais sous-traitants. Il en est ainsi des mouvements paramilitaires ou des bras militaires de mouvements séparatistes en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

L’histoire recentre relate des expériences de réintégration qui ont soit donné des résultats mi-figue mi-raisin, soit ont carrément échoué. En Afrique, le cas du Soudan vient en tête. La réintégration des milices de Janjawid (le vent en poupe depuis 2003à Darfour), a été une arme à double tranchant. Après une trêve de quelques années, le pays sombre dans une guerre civile au lendemain incertain. Le Soudan du Sud vit dans un état de pays failli et l’armée sud-soudanaise est à la merci des divergences entre formations politiques et militaires bénéficiaires des dividendes  du séparatisme des premières années de l’Indépendance.

Il y a aussi le cas des différentes composantes militaires de l’Azawad et des Touaregs qui ont été alternativement intégrées dans l’armée malienne durant les différentes phases de paix fragile. Le processus a échoué à cause de l’intervention des pays voisins, la Libye de Kadhafi jusqu’à 2011 et l’Algérie, depuis des décennies.

En Asie, il y a eu les différentes tentatives d’intégration de mouvances armées au Tadjikistan, en Ouzbékistan et en Kirghizistan. En Amérique latine, il y a le cas de la Colombie. L’intégration des FARCS a été difficile et les forces militaires et paramilitaires (dont des sensibilités narcotrafiquantes) ont du mal à coexister.

Il y a, enfin, deux cas qui vont être une source de préoccupation pour deux Etats qui ont sponsorisé des mouvements dissidents qui ont une armée constituée et des milices aguerries à la guerre de guérilla. Tout d’abord, l’Arménie qui doit trouver une issue honorable au conflit de Nagorno-Karabakh après que la majeure partie de ce territoire a été récupérée par l’Azerbaidjan. Cela passera ensuite par la démobilisation des milices arméniennes et leur intégration, si possible, dans l’armée.

Il y a, ensuite, l’Algérie. L’Algérie aura une mission encore bien délicate, une fois la question du Sahara marocain définitivement résolue. Tout d’abord, les décideurs algériens auront besoin de faire le tri entre les militaires sahraouis originaires des Provinces du Sud et ceux qui ont été recrutés au Tchad, en Libye, au Soudan, au Niger et au Mali. Les décideurs algériens auront un problème beaucoup plus sérieux : celui d’intégrer les Algériens qui ont combattu  dans (ou encadré) les milices du Polisario.   

Il est certain que le paradigme ‘’Patron-Client’’ a de longues années devant lui, car les rapports entre acteurs étatiques ne peuvent se concevoir sans une certaine forme d’hiérarchie. Ce qui est nouveau, c’est le désir exprimé ouvertement par certains acteurs étatiques, qui ont été écrasés dans le passé par la relation Centre-Périphérie et par la dépendance unilatérale totale, de se dégager de l’étau qui les a paralysés pendant des décennies. Un défi très difficile, mais qui vaut la peine de le relever.

Si bien qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Quand le ‘’Client’’ veut subtiliser le rôle de préséance au ‘’Patron’’, l’un des deux doit s’éclipser ou se faire violemment déloger. Il n’existe pas d’allié éternellement indispensable : ‘’Read my lips’’  pour reprendre la phrase laconique du Président américain, George H. Bush au lendemain de la chute du Mur de Berlin et sa tirade sur la naissance d’un nouvel ordre mondial. Mais quel ordre mondial dans lequel nous vivons, aujourd’hui ?

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Le 24 septembre 2024 à 11h00

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