Younes Maamar
Ingénieur. Membre du Bureau Politique du PAMLa Chambre des Lords de nos amis British
En déambulant dans la presse, j'ai suivi l'ouverture par la reine d'Angleterre du parlement britannique. Je me suis mis à rêver.
Le protocole, vieux de sept siècles, montre combien la structure de cette démocratie solide repose sur des institutions fortes. Et les institutions fortes reposent sur des femmes et hommes pétris au sens de l'Etat, loin des calculs court-termistes.
L'ouverture, donc, se fait par la lecture du discours royal devant la seconde Chambre, la chambre des Lords. Cette Chambre est constituée de nobles, soit de sang, soit de clergé, soit enfin, anoblis par la reine pour service rendus. Les Lords sont nommés à vie. Y siègent d'anciens hauts dignitaires mais aussi des familles millénaires dont l'histoire se confond avec celle de la couronne, donc de l'Etat.
Cette seconde Chambre prend toute son importance dans les grands rendez-vous de la nation. Elle réunit la mémoire institutionnelle du pays et contribue à une certaine continuité.
D'autres pays, plus proches de nous, ont adopté un système similaire, visant à garder dans le giron de l'Etat, des dignitaires qui peuvent encore "donner" de par leur expérience ou leurs réseaux: La Jordanie.
Alors je me suis mis à rêver que notre seconde Chambre puisse, un jour, jouer ce rôle. Puisse donner corps à nos hauts commis laissés sur le bas-côté du chemin sinueux de notre devenir. Puisse donner à nos grands diplomates, nos grands économistes, nos grands penseurs la chance d'apporter une contribution à l'édifice de notre pays et du rayonnement de sa triptyque.
Notre seconde Chambre s'appelle la chambre des Conseillers. Elle n'a de "conseiller" que le nom.
Elle fut instaurée en 62 puis supprimée, puis reinstaurée, puis réformée en 2011 avec, cerise sur la "ghriba", une dernière mouture qui offre des strapontins à un club de patrons ne représentant que lui même.
Elle gagnerait à être reformatée sinon elle continuera à être un machin.
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