Feuilles d’Afrique. Comprendre l’animosité sud-africaine
Le Maroc a décidé, à juste titre, de boycotter un pseudo-sommet Brics-Afrique improvisé par l’Afrique du sud. Ce dernier est un pays qui ne cache pas son hostilité au royaume pour plusieurs raisons ! Décryptage.
Quand on ne s’intéresse pas de près à la géopolitique d’Afrique, on a du mal à comprendre ce va-t-en-guerre sud-africain à l’égard du Maroc. Rabat qui se trouve à 11.000 kilomètres de Pretoria et que rien ne prélude à une quelconque hostilité, tant rien ne réunirait ni n’opposerait non plus les deux pays. De quoi s’agit-il en fait ?
Un géant aux pieds d’argile
Dans les années 2005-2010, l’Afrique du sud dominait le continent en long et en large. D’ailleurs, d’aucuns dénommaient ce pays l’Amérique de l’Afrique, faisant allusion à sa super domination économique sur le continent. Elle fut la première économie en PIB et en diversité économique. Or, cette période coïncidait avec l’émergence du royaume qui tissait sa toile depuis le début du millénaire et qu’il a commençé à cueillir les fruits à partir de 2010.
L’Afrique du sud voyait d’un mauvais œil la montée en puissance du Maroc, comme ce fut d'ailleurs la posture de la France et de certaines puissances occidentales. Concrètement, Rabat a détrôné Pretoria du leadership africain dans l’industrie automobile, elle lui a aussi damé le pion en devenant la première place financière du continent, et en s’érigeant en véritable garant de la sécurité alimentaire dans le continent à travers les actions menées par OCP aux quatre coins de l’Afrique, y compris dans des bastions de l’Afrique du sud.
Rabat talonne de près Pretoria en devenant le deuxième investisseur africain en Afrique, et le leader en Afrique de l’Ouest, ce qui met une énorme pression sur les Sud-Africains et les laisse pantois quant au nombre de pays africains s’alignant plutôt du côté de Rabat. Dans mon livre Mohammed VI, un roi Africain, je raconte comment l’Afrique du sud a essuyé un échec cuisant à Addis-Ababa, lors des péripéties du retour du Maroc au sein de l’Union Africaine. Rabat avait réussi à mobiliser 42 pays de son côté alors que Pretoria n’a pu aligner plus qu’une douzaine de pays qui ne sont que des pays satellites en Afrique australe, plus bien sûr un intrus de taille, l’Algérie ! Ce fut une inoubliable humiliation.
Enfin, au lieu de se fixer le Maroc comme un adversaire, qui en fait ne l’est pas, le pays de feu Mandela gagnerait à se concentrer sur le repositionnement de son économie, larguée par le Nigeria et l’Égypte et qui n’est désormais que troisième économie du continent. Les prévision du FMI pour 2028, indiquent d’ailleurs que le PIB du Nigeria pèserait presque le double de l’Afrique du sud, à 956 milliards de dollars !
Le prétexte Brics-Afrique
Pretoria remue ciel et terre pour organiser un sommet Afrique-Brics, que les fondateurs de ce dernier n’ont ni annoncé ni validé. Une initiative purement sud-africaine comme le précise le communiqué du ministère des affaires étrangères du Maroc, et dont les objectifs sont tout sauf de bonne foi.
Prétextant de vouloir faire percer quelques pays africains au sein du Brics, les dirigeants sud-africains veulent en fait privilégier une entrée, dans ce club select, de l’Algérie afin de renforcer une voix, jusqu’ici aphone, qui appelle au soutien d’un pays fantôme appelé RASD. En fait, tout ce brouhaha vise la présence du Polisario dans cette messe, afin de "marketer" une affaire dont le traitement est du seul ressort des Nations-Unies.
Le couple algéro-sudafricain en est à sa énième tentative d’imposer ses marionnettes dans les mégas événements quitte à en créer pour leur donner une tribune où elles prennent leurs rêves pour des réalités, ignorant royalement la realpolitik qui prévaut sur la scène mondiale, notamment les prises de position, quant à ce dossier, par de grands pays de par le monde. Enfin, Brics ou pas, le Maroc continue à concrétiser sa diplomatie africaine bâtie sur la coopération économique et la co-construction du continent, quand d’autres prônent l’implosion du continent et l’émergence de micro États. La récente inauguration du pont de la baie de Cocody à Abidjan, construit par le royaume, en est l’illustration qui fait mal à Pretoria.
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Le Maroc bouscule le Brésil mais doit se contenter du nul (1-1)
Après une entame énergique et l’ouverture du score par Ismaïl Saibari, l’équipe nationale a concédé l’égalisation face au Brésil, ce samedi 13 juin dans le New Jersey. Les Lions de l’Atlas sont toujours dans la course à la qualification. Ils pourront valider leur billet contre l’Écosse lors de la deuxième journée, vendredi 19 juin.
Article : Mondial 2026 : des fan zones à Casablanca et Rabat pour vivre les matchs
À l’occasion de la Coupe du monde 2026, un réseau de fan zones sera déployé dans plusieurs villes marocaines afin d’accompagner les Lions de l’Atlas et permettre aux supporters de vivre pleinement la compétition.
Article : Le Festival Gnaoua, d’un pari culturel à un modèle de rayonnement pour le Maroc
Trente ans après sa création, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira s’est imposé comme bien plus qu’un événement musical. Invitée de Médias24, sa fondatrice Neila Tazi revient sur les origines de cette aventure née à la fin des années 1990 et devenue, au fil des éditions, un levier de transformation pour la ville d’Essaouira et un outil de rayonnement pour le Maroc.
Article : Numérique et résilience climatique : la Banque mondiale approuve deux programmes de 6 MMDH pour le Maroc
D’un montant total de 650 millions de dollars (plus de 6 milliards de DH), les deux nouveaux programmes sont destinés à accélérer la réalisation des objectifs du Maroc en matière de transformation numérique, tout en renforçant la résilience financière du Royaume face aux risques liés au climat, aux catastrophes et aux cyber-risques.
Article : Air Transat lance sa première liaison aérienne directe entre Montréal et Agadir
Le premier vol direct de la compagnie canadienne "Air Transat" reliant Montréal à Agadir a atterri samedi 13 juin, à l’aéroport Al Massira avec 194 passagers à bord.
Article : Crimes de masse, mémoire sélective : le procès impossible de l’Occident
De la traite transatlantique aux guerres contemporaines, des génocides coloniaux aux famines organisées, cette contribution de Fatiha Charrat, docteur en sociologie, interroge une contradiction majeure : les puissances qui ont façonné le droit international et se présentent comme gardiennes des droits de l’Homme sont aussi au cœur des crimes les plus structurants de l’histoire moderne. Une réflexion sur l’impunité, la mémoire sélective et l’exigence d’une justice réellement universelle.