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e-dirham : cinq leviers pour bâtir la souveraineté monétaire au Maroc

Nous vivons un tournant monétaire historique. Plus de 130 pays représentant 98% du PIB mondial explorent aujourd'hui les monnaies digitales de banque centrale (CBDC), et cette course redessine les rapports de puissance économique à l'échelle planétaire.

Le 21 avril 2026 à 14h31

Les BRICS accélèrent leurs mécanismes de règlement alternatifs au dollar, la Chine a déployé son e-CNY dans 26 provinces, l'Union européenne avance sur l'euro numérique, et les pays du Golfe expérimentent des ponts de paiement interopérables. La fragmentation progressive des systèmes de paiement internationaux n'est plus une hypothèse : c'est une réalité en marche.

Dans ce contexte, le Maroc occupe une position géographique et diplomatique exceptionnelle : carrefour entre l'Europe, l'Afrique subsaharienne et le monde arabo-musulman, hub financier régional en devenir. Mais cette position ne se transforme en avantage stratégique que si le pays choisit d’agir et d'agir maintenant.

L'économie marocaine est traversée par une fracture monétaire profonde. D'un côté, 58% des Marocains adultes sont désormais bancarisés, un bond de 4 points en un an. De l'autre, 2,03 millions d'unités de production informelles génèrent 526,9 milliards de dirhams de chiffre d'affaires annuel, représentant 33,1% de l'emploi non agricole, avec seulement 2,1% de leurs responsables disposant d'un compte bancaire dédié. À cela s'ajoute la question des Marocains résidant à l'étranger (MRE) qui transfèrent annuellement plus de 115 MMDH vers le Royaume, premier poste de recettes en devises du pays, un flux colossal encore largement capturé par des intermédiaires étrangers coûteux.

C'est dans ce double contexte de pression géopolitique externe et de fracture économique interne que l'initiative de Bank Al-Maghrib autour du e-dirham prend toute sa dimension. Il ne s'agit pas d'une simple modernisation des moyens de paiement. Il s'agit d'un choix de souveraineté nationale, d'un logiciel de puissance économique où la cryptographie, la blockchain, l'intelligence artificielle, la théorie des jeux et le Digital Twin doivent converger pour créer une infrastructure résiliente, testée avant déploiement, inclusive et résistante aux turbulences géopolitiques. Cette tribune n'a pas pour ambition de livrer un plan clé en main : elle entend ouvrir, sur des bases techniques et économiques solides, un débat national que la complexité du projet rend indispensable. J'articule cette réflexion autour de cinq niveaux d'action complémentaires, en assumant pleinement les défis et les incertitudes qui accompagnent chacun d'eux.

Infrastructure : qui contrôle la technologie contrôle la monnaie

Le succès du e-dirham repose d'abord sur des fondations technologiques solides où souveraineté algorithmique, résilience cybernétique et simulation prédictive s'articulent en un tout cohérent. L'enjeu cybersécuritaire est colossal : compromettre le e-dirham, c'est compromettre la liquidité nationale. Il faut intégrer dès la conception des mécanismes de détection d'anomalies par IA capables d'identifier en temps réel des patterns de transactions frauduleuses attaques distribuées DDoS, intrusions avancées persistantes APT. Par ailleurs, l’architecture doit être pensée dans une logique de crypto-agilité, permettant l’intégration progressive de primitives post-quantiques. Cette approche est essentielle pour anticiper la menace dite "harvest now, decrypt later", où des données chiffrées aujourd’hui pourraient être compromises à moyen terme par des capacités quantiques.

La véritable innovation réside dans l'apprentissage fédéré (Federated Learning) : entraîner des modèles de détection sur des données transactionnelles sans jamais les centraliser. Les algorithmes voyagent vers les données, et non l'inverse. Bank Al-Maghrib peut ainsi détecter les fraudes transfrontalières tout en préservant la vie privée des utilisateurs, exigence non négociable de la confiance citoyenne.

> Blockchain permissionnée : gouvernance maîtrisée

Je plaide pour une blockchain permissionnée où Bank Al-Maghrib joue le rôle central de nœud de gouvernance et d'émission, tandis que les banques commerciales marocaines assurent la validation des transactions. L'algorithme de consensus qui résistant aux attaques BFT  garantit la cohérence du réseau même si un tiers des nœuds sont compromis, ce qui en fait une assurance-vie pour la liquidité nationale.

Il faut cependant reconnaître ouvertement que les banques commerciales, dont les revenus reposent partiellement sur les commissions de transaction et de change, pourraient percevoir le e-dirham comme une menace à leurs marges. La conception du système devra donc ménager des incitations claires : rémunération des nœuds de validation, nouveaux services adossés au e-dirham, et co-gouvernance de l'écosystème. Ignorer cette résistance potentielle serait une erreur stratégique.

> Cloud souverain : une exigence stratégique

La souveraineté monétaire numérique est indissociable de la souveraineté des données. L'intégralité des données transactionnelles, des clés cryptographiques et des nœuds de consensus du e-dirham doit être hébergée exclusivement dans des datacenters situés sur le sol marocain, opérés sous juridiction marocaine. Recourir à des clouds étrangers, fussent-ils les plus performants, revient à confier les clés de la liquidité nationale à des puissances soumises à leurs propres législations extraterritoriales : Cloud Act américain, injonctions de divulgation, etc.

Cet impératif a un coût réel : selon les benchmarks internationaux, un datacenter souverain de niveau bancaire représente plusieurs millions de dollars d'investissement initial, auxquels s'ajoutent les coûts d'exploitation annuels et la consommation énergétique d'une infrastructure de validation en continu. Ces investissements doivent être planifiés, budgétisés et inscrits dans le cadre de la loi de finances, avec un phasage sur 3 à 5 ans.

> Digital Twin : simuler avant de déployer

Le jumeau numérique (Digital Twin) de l'infrastructure complète ce dispositif. Avant tout déploiement à grande échelle, Bank Al-Maghrib peut créer une réplique virtuelle complète du système pour simuler des millions de transactions simultanées, modéliser des attaques en conditions réalistes, et optimiser les corridors de paiement régionaux.

Cette validation sous stress avant exposition au risque réel justifie à elle seule l'investissement. Mais le Digital Twin ne se limite pas à la phase de conception. Une fois l'infrastructure déployée, il devient un système de monitoring prédictif en temps réel : connecté aux capteurs de performance des nœuds de validation, aux flux réseau et aux indicateurs de charge, il anticipe les pannes avant qu'elles ne surviennent, optimise la répartition géographique des validateurs pour résister aux partitions réseau, et permet de tester les mises à jour du consensus BFT sans interrompre le service. C'est le cerveau prédictif de l'infrastructure, capable de répondre à la question : que se passera-t-il si demain un datacenter tombe, ou si la latence vers l'Europe dépasse 200 millisecondes ?

Inclusion financière : transformer l’informel par la confiance

Le Maroc fait face à un paradoxe économique structurel : une économie informelle massive, dynamique et parfaitement organisée en dehors des circuits financiers officiels. 2,03 millions d'unités de production informelles, 33,1% de l'emploi non agricole, 526,9 MMDH de chiffre d'affaires annuel et pourtant 72,2% de leurs responsables se financent exclusivement par autofinancement, sans accès au crédit formel ni à la protection sociale.

Le e-dirham peut transformer cette masse invisible en économie formalisée non pas par la contrainte fiscale, mais par l'attractivité numérique. La clé réside dans le scoring alternatif par IA : sans historique bancaire, des modèles d'apprentissage automatique peuvent analyser des micro-transactions, fréquence, régularité, réseaux de paiement pour construire des profils de crédit adaptés, à l'image de ce que font déjà certaines fintechs africaines. Les preuves à divulgation nulle de connaissance (ZKP) permettront même à un acteur informel de prouver sa solvabilité sans révéler l'intégralité de son historique financier, préservant ainsi sa sphère privée tout en accédant au crédit formel.

> Adoption : condition préalable au scoring

Il serait intellectuellement malhonnête d'ignorer une objection centrale : le scoring alternatif par IA suppose que les acteurs informels utilisent déjà le e-dirham. Or c'est précisément la méfiance envers l'État et les banques qui alimente l'économie informelle. L'adoption est donc la condition préalable du scoring, et non sa conséquence.

C'est pourquoi l'inclusion financière ne peut être le moteur initial du déploiement : elle en est l'horizon à moyen terme, conditionné à une phase préalable de gain de confiance portée par des cas d'usage neutres fiscalement comme les transferts familiaux et paiements communautaires avant toute intégration d'outils de formalisation.

> IA : attention aux biais

Autre vigilance indispensable : le biais algorithmique. Si les données d'entraînement reflètent des inégalités historiques de genre, de région ou de secteur, l'IA les amplifiera mécaniquement. Des mécanismes d'auditabilité des modèles et des jeux de données représentatifs sont non négociables. Le e-dirham doit être une machine à réduire les inégalités, et non à les cristalliser.

L'objectif à moyen terme : permettre à une commerçante de Derb Ghallef ou à un artisan du bâtiment de Meknès de construire, transaction après transaction, une réputation financière numérique, passage obligé vers l'accès au crédit formel, à la protection sociale et à la croissance structurée.

Leçons internationales : pourquoi certains échouent et dautres réussissent

Les expériences étrangères sont un miroir indispensable. Au Nigeria, l'eNaira lancé en 2021 n'a capté que moins de 0,5% des transactions malgré une population massivement sous-bancarisée : manque d'usages concrets, méfiance envers l'État, et concurrence des stablecoins privés. Au Ghana, le eCedi peine à décoller face à des infrastructures numériques insuffisantes hors des grandes métropoles. Ces échecs ne sont pas des accidents techniques : ils sont des leçons de sociologie économique et de confiance institutionnelle.

À l'inverse, la Chine a déployé 260 millions de wallets e-CNY et traité 1,8 milliard de dollars de transactions lors des Jeux olympiques de Pékin 2022. La recette repose sur une stratégie de canalisation par les flux étatiques : salaires des fonctionnaires, aides sociales et transports publics versés en e-CNY. L'usage régulier crée l'habitude, l'habitude crée l'adoption, l'adoption crée l'écosystème. Mais ce modèle s'appuie sur un appareil d'État centralisé et une culture de conformité institutionnelle qui diffèrent profondément du contexte marocain. Toute transposition directe serait un contresens.

La théorie des jeux éclaire comment construire des incitations adaptées : un commerçant certifié e-dirham pourrait accéder à des marchés publics simplifiés, à des garanties de paiement accélérées, à des microcrédits préférentiels. L'objectif est de créer des équilibres où l'adoption individuelle converge naturellement vers l'adoption collective sans contrainte administrative.

Adoption : sans usage, pas de monnaie

Ce niveau est, à mes yeux, le plus déterminant de tous. Car si les solutions technologiques existent – blockchain, IA, Théorie des jeux, cryptographie, Digital Twin –, la vraie question n'est pas technique. Elle est politique, sociale et culturelle : comment réussir l'adoption à l'échelle d'une société diverse, méfiante envers les institutions et largement informelle ? Cela ne se décrète pas depuis un bureau de banque centrale. Cela exige une intelligence collective, un débat national ouvert associant citoyens, commerçants, entrepreneurs informels, associations, universitaires et parlementaires, pour coconstruire le meilleur plan d'adoption possible. Le e-dirham appartient à tous les Marocains ; sa réussite doit être l'œuvre de tous.

L'État marocain doit en être le premier utilisateur systématique : aides sociales (Tayssir, AMO-Tadamon (l'ancien Ramed), pensions), bourses étudiantes, paiements aux fournisseurs de l'administration, subventions agricoles. L’IA et Théorie des jeux  permettent un ciblage prédictif fin : identifier les populations exclues, anticiper les fraudes, évaluer l'impact des transferts en temps réel grâce à l'analyse des flux de dépense.

> MRE : un levier d’adoption stratégique

Les Marocains résidant à l'étranger ont transféré plus de 115 MMDH en 2023, premier poste de recettes en devises du Maroc devant le tourisme. Ces transferts transitent majoritairement par des intermédiaires étrangers qui captent des commissions significatives et imposent des délais de plusieurs jours.

Un wallet e-dirham accessible depuis la France, l'Espagne ou le Canada permettrait un virement instantané, quasi gratuit, directement vers un wallet familial au Maroc. C'est à la fois un gain de pouvoir d'achat pour les familles marocaines, une recapture de valeur pour l'économie nationale, et un levier d'adhésion massif de la diaspora, une population naturellement connectée au numérique et susceptible de constituer les premiers ambassadeurs du e-dirham.

> Daret : digitaliser sans dénaturer

Le Maroc dispose également d'une spécificité culturelle puissante : les Daret, tontines rotatives qui structurent l'épargne et le crédit informel de millions de Marocains. Le e-dirham peut digitaliser ces pratiques sans les dénaturer, grâce à des smart contracts permettant des tontines transparentes, traçables, avec distribution automatique des tours de paiement. C'est l'inclusion par la culture, et non contre elle.

Au-delà des frontières nationales, le e-dirham peut contribuer à l'émergence d'une passerelle de paiement régionale entre le Maroc, l'Afrique subsaharienne et le monde arabe permettant des transactions directes sans passer par les clearing houses européennes ou américaines, et s'inscrivant dans les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).  Aussi l’émergence d'une monnaie numérique maghrébine. Cette ambition régionale doit cependant être portée avec lucidité diplomatique, en reconnaissant les frictions géopolitiques actuelles et en construisant progressivement des espaces de confiance.

Confiance : protéger sans surveiller

Le succès du e-dirham reposera sur une variable intangible, mais absolument déterminante : la confiance citoyenne. L'intégration de l'IA pose des risques majeurs qu'il ne faut pas minimiser : la surveillance de masse, l'opacité algorithmique, la centralisation des données sensibles... La gouvernance doit être architecturée comme un système de freins et contrepoids réels, et non de simples principes déclaratoires.

Quatre piliers en constituent le socle :

- IA explicable : le droit à comprendre

La transparence algorithmique impose que les citoyens aient droit à une explication lorsqu'une décision automatisée les concerne : refus de crédit, limitation de transaction... L'IA explicable doit être rendue obligatoire par une disposition législative spécifique, avec sanction en cas de non-conformité. Mais la transparence ne doit pas signifier l'exposition totale.

- Confidentialité : prouver sans révéler

Les preuves à divulgation nulle de connaissance (Zero-Knowledge Proofs, ZKP) offrent ici une piste majeure : elles permettent de prouver qu'une transaction est valide, qu'un solde est suffisant ou qu'un critère de scoring est respecté, sans jamais révéler les données sous-jacentes. Un commerçant peut ainsi démontrer sa solvabilité à un prêteur sans dévoiler l'historique complet de ses flux. Bank Al-Maghrib peut vérifier la conformité d'un transfert transfrontalier sans accéder au contenu identifiant de l'expéditeur. C'est la confidentialité par la mathématique, et non par la promesse institutionnelle.

- Données : séparer pour mieux protéger

La souveraineté des infrastructures exige un hébergement exclusivement sur le sol marocain, avec une certification annuelle indépendante des conditions d'accès et de traitement des données. Le droit à la non-identification trouve sa solution dans une architecture à deux niveaux : données agrégées et pseudonymisées sur la chaîne ; données personnelles identifiantes hors chaîne avec possibilité d'effacement au-delà d'un seuil de transaction défini par la loi.

- Gouvernance : un contrôle indépendant

La possibilité de convertir son e-dirham en cash physique sans traçabilité rétrospective au-delà d'un certain seuil défini par la loi constitue une garantie contre la surveillance totale. Enfin, l'auditabilité indépendante suppose que l'organisme d'audit soit désigné par le Parlement, doté d'une personnalité juridique propre et d'un mandat à terme, avec publication obligatoire de ses rapports annuels.

CBDC : un nouvel outil de politique économique

Un angle trop souvent absent des débats sur les CBDC concerne leur dimension d'instrument de politique monétaire. Une CBDC n'est pas seulement un moyen de paiement : elle peut devenir un outil de pilotage économique exemple un taux d'intérêt différenciés selon les usages, plafonds de détention pour éviter la désintermédiation bancaire, épargne programmée pour des objectifs sociaux.

Ces leviers sont potentiellement puissants, mais aussi potentiellement intrusifs. Leur périmètre d'usage doit être défini par la loi, débattu au Parlement et soumis à révision périodique pour que le e-dirham reste un outil d'émancipation économique, et non un instrument de contrôle des comportements.

Ces technologies doivent être des outils d'autonomie citoyenne, et non des instruments de contrôle étatique ou marchand. La confiance se gagne par la prévisibilité des règles et la transparence des processus, bien plus que par la seule perfectibilité des algorithmes.

Une monnaie augmentée, souveraine et vecteur d'intégration régionale

Le e-dirham n'est pas une innovation technologique de plus. C'est une infrastructure stratégique de souveraineté nationale, au croisement de la monnaie, des données, de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité, de la blockchain permissionnée et du Digital Twin. C'est un choix de civilisation économique pour les décennies à venir, à condition de ne pas en sous-estimer les exigences.

Sur le plan économique intérieur, la formalisation progressive de l'informel et la recapture des flux MRE pourraient élargir l'assiette fiscale de plusieurs milliards de dirhams, financer les services publics et réduire les inégalités structurelles. Sur le plan social, des millions de citoyens aujourd'hui invisibles au système bancaire accéderaient au crédit, à la protection sociale et à l'épargne formelle. Ces effets sont réels mais conditionnels : ils supposent une adoption massive qui, comme les expériences nigérianes et ghanéennes le rappellent, ne va jamais de soi.

Sur le plan géostratégique, le potentiel est considérable. Le Maroc peut contribuer à l'émergence d'un espace de paiement numérique entre le Maghreb, l'Afrique et le monde arabe, permettant des transactions directes et quasi gratuites entre Casablanca et Abidjan, entre Rabat et Tunis, entre Tanger et Dubaï, sans passer par SWIFT ni par les clearing houses européennes ou américaines. Ce sont des milliards de dirhams de commissions, aujourd'hui captés par des intermédiaires étrangers, qui pourraient être restitués aux économies de la région.

Au cœur de cette architecture, la blockchain offre les garanties fondamentales d'immuabilité des transactions, de traçabilité auditable, de résilience distribuée et d'élimination des intermédiaires de confiance opaques. Mais la véritable robustesse réside dans le choix de l'algorithme de consensus BFT qui garantit que le système reste opérationnel et cohérent même si un tiers des nœuds du réseau sont compromis ou malveillants. Dans un contexte géopolitique instable où les infrastructures critiques sont des cibles privilégiées, cette résilience byzantine n'est pas un luxe technique, mais une assurance-vie pour la liquidité nationale. Le Digital Twin permet quant à lui de valider ces choix architecturaux avant exposition au risque réel, testant la tolérance aux pannes BFT sous stress, simulant des attaques sur les nœuds de consensus et optimisant la répartition géographique des validateurs pour résister aux partitions réseau. Le Digital Twin, connecté en temps réel à l'infrastructure dès le jour du déploiement, continue d'apprendre et de prédire, transformant le e-dirham en un système qui s'améliore avec l'âge plutôt qu'en dépit du temps.

Bank Al-Maghrib dispose d'une fenêtre d'opportunité de 24 à 36 mois pour poser les bases de cette architecture avant que d'autres définissent les standards régionaux à notre place.

Mais la technologie seule ne suffira pas. Ce projet exige une intelligence collective nationale : un débat public éclairé, associant tous les acteurs : banques, entreprises, commerçants, associations, diaspora, universitaires, et parlementaires pour coconstruire le meilleur plan de déploiement possible. Ce débat doit aborder sans tabou les questions de financement, de gouvernance, d'acceptabilité sociale et de diplomatie régionale. Ce débat nous concerne tous. Il est temps d'en parler.

Le temps n'est plus à la conception abstraite. Il est à l'action structurée, simulée avant déploiement, financée, négociée et inclusive.

Par
Le 21 avril 2026 à 14h31

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