Alliances de fortune : la géopolitique dans un mouchoir de poche
L’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran marque un tournant majeur dans la recomposition du Moyen-Orient. Entre alliances de circonstance, rivalités stratégiques et réinvention des proxies, la région entre dans une phase de transition incertaine où les équilibres traditionnels vacillent.
"C’était prévisible !" "Pas à ce point". "Si, mais l’ampleur et la portée de l’action dépassent les projections et les anticipations". "On entre dans un nouveau cycle de violences légitimes pour des raisons de politique intérieure et de repositionnement régional". "Oui, la politique n’est pas une science exacte".
Voici un résumé d’un dialogue entre deux analystes politiques. Ils sont surpris par le niveau de la violence atteint dans la confrontation entre les États-Unis, Israël et l’Iran, allant jusqu’à éliminer le Guide suprême Ali Khamenei.
Auparavant, les mêmes analystes parlent de l’esquisse d’alliances surprenantes au Moyen-Orient qui, en apparence, ressemblent à une situation de déjà-vu, mais qui au fond dessinent les contours d’une nouvelle géopolitique intrigante à plus d’un titre. C’est dire la phase critique que traversent les sous-systèmes régionaux et les complexes sécuritaires adjacents. Cela donne du fil à retordre aux planificateurs politiques et aux stratèges militaires.
En effet, la perception de la géopolitique et de la planification politique donne libre voie aux lectures dichotomiques. Elle recèle néanmoins un côté passionnant qui fait que le jeu en vaut la chandelle. Quoi de plus normal ! Un droit légitime dans la mesure où, en la matière, le monopole du savoir s'avère une prétention absurde. Bien qu’ils prennent les précautions nécessaires, les décideurs et les planificateurs politiques, sous pression, se trompent à longueur de journée.
Conscients de cette vérité, les décideurs et les planificateurs politiques sont tenus par l'impératif de l'adaptation quand leurs projections se heurtent à des obstacles qui tombent du ciel. Il en est ainsi de la lecture qu'ils se font des différentes dynamiques associées à l'équilibre de puissance dans des complexes sécuritaires fragiles. Ces complexes sécuritaires ne répondent plus aux exigences de l'adaptation mentionnées plus haut ; ils deviennent victimes d'une course effrénée au redéploiement dans la précipitation.
Il en découle une saccade de décisions à la fois bizarres et injustifiées que les acteurs étatiques prennent pour parer au plus pressé. Dans les pays dits démocratiques, la précipitation est conditionnée par la lutte politique internationale et par le poids des acteurs qui agissent dans l'ombre. Ces acteurs peuvent promouvoir une lecture plus terre à terre et ne se soucient guère de l'impact immédiat hors frontières. Ils sont cependant rattrapés par la réalité du terrain et par le jeu caméléon de leurs adversaires.
Dans les pays qualifiés de moins démocratiques, l'empreinte personnelle des décideurs clos les débats sur la relation entre la dimension interne et la dimension externe. Oui, peut-être, jusqu’à une date récente, avant que les motivations des décisions stratégiques soient gardées secrètes. Plus le cas, de nos jours. Les fuites délibérées ou par inadvertance placent les décideurs individuels dans une situation de vulnérabilité permanente.
Le dilemme du repositionnement
Dès lors, se pose le dilemme du repositionnement des acteurs nationaux et des auteurs internationaux sur les différents échiquiers sécuritaires, politiques et diplomatiques. Toutefois, de tous les acteurs invités dans le cas d'espèce, ce sont les acteurs dits mineurs qui attirent l'attention pour les besoins de cet article.
Ceci est d'autant plus vrai que la perception des comportements des acteurs mineurs est plus facile à entendre sur un échiquier abandonné momentanément par des acteurs majeurs internationaux. Les acteurs mineurs croient pouvoir déterminer le jeu politique et diplomatique à leur aise, profitant de la démission temporaire de leurs alliés, acteurs majeurs.
Les acteurs dits mineurs ne réalisent pas que des objectifs communs qu’ils partageaient au départ avec leurs partenaires acteurs majeurs deviennent un handicap à moyen et long terme, car la délégation du pouvoir ne signifie pas une parité stratégique claire ou un chèque en blanc. En termes de division du travail, cela équivaut au strict respect des missions assignées aux uns et aux autres.
Comment expliquer ce frottement sans risque de passer à côté de la plaque ? Tout d'abord, le dilemme de l'ambition et de la phobie de perdre du terrain poussent les bénéficiaires de l'intermittence stratégique à commettre des erreurs d'appréciation du temps géopolitique.
D'où la manie de certains d'entre eux de faire des déclarations gonflées et de publier des communiqués de leurs ministères des Affaires étrangères à propos et sans propos. Ils sentent l'eau couler sous leurs pieds, non pas comme un signe de rafraîchissement salutaire, mais comme un appel à la réinvention de leurs outils d'analyse.
Ensuite, il y a la ruée vers les alliances fast-food pour colmater les brèches et gagner du temps. Cette ruée fait état d'un affolement politique et diplomatique qui les met devant des choix difficiles qu'ils ne peuvent psychologiquement opérer sans laisser des dégâts.
Enfin, la surestimation de la puissance par des acteurs qui oscillent entre le fait d'être des puissances émergentes et le fait d'être des proxies réinventés. C'est-à-dire des acteurs qui constituaient des substitutions de service pendant le temps mort des arrangements stratégiques et qui, profitant de la confusion des acteurs majeurs alliés, se faisaient confier un certain rôle d'intendance dans des zones problèmes où ils se tentaient tranquilles.
Le système international en transition ? Il l'a toujours été. Mais la présente transition est visible et ses mécanismes sont prédictibles. Par exemple, la bataille pour le contrôle des passages maritimes qui entre dans le cadre de la volonté des belligérants de prêcher le faux pour avoir le vrai. Les passages maritimes, qui avaient été relativement gérés en bonne conscience de l'importance de ne pas perturber le commerce international, deviennent une malédiction pour les pays de transit et pour les principaux bénéficiaires.
Le coût de l'assurance et les risques de menaces permanentes ajoutent à l'appréhension la phobie de l'imprévisible. Les différents épisodes de piraterie durant les années 2014-2022 ont fait éclater au grand jour des scandales de complicité incroyables. Certains centres de décision au sein des pays victimes ont été les instigateurs ou les bénéficiaires.
Lors d’un séjour récent dans un pays donnant sur l’océan Indien, j’ai appris que les pirates sont connus et agissent au nez et à la barbe des pays victimes. La complicité est indéniable dans la mesure où certains groupes de pirates sont inféodés à des services de renseignement étrangers dont les pays sont concernés par la bataille des ports et des passages maritimes.
Qu'en est-il de ces acteurs qui sont présentés comme plus influents dans l'état actuel des choses ? Des acteurs qui ne savent plus à quel saint se vouer. Il en est ainsi de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis (EAU), de l'Égypte, de l'Iran, du Qatar, de la Turquie, de la Russie, du Pakistan et de l'Inde.
La course à l'influence dans un espace aussi étroit que le Moyen-Orient est aléatoire. Si bien qu'il devient problématique de comprendre les malentendus politiques et stratégiques entre l'Arabie saoudite et les ÉAU. Alliés au départ dans la guerre au Yémen, ils entrent en conflit direct aujourd'hui. Le prétexte qatari ou iranien s'estompe. Il fait apparaître une autre dimension sécuritaire à connotation économique.
Les deux modèles se télescopent. L'aura des EAU en la matière prend un coup. Les ambitions de l'Arabie saoudite font peur. Toutefois, le souci que partagent les deux pays et les pousse à se neutraliser est le degré et la portée de la normalisation avec Israël.
Si la normalisation des relations entre les ÉAU et Israël fait couler beaucoup d’encre, la normalisation escomptée entre ce dernier et l’Arabie saoudite est débattue avec des pincettes. L’Arabie saoudite pose des conditions, qui sont celles de la plupart des pays arabes ; cependant elle se garde d’afficher une option publique définitive. Car les réformes politiques et sociales introduites dans le pays sont combattues à l’intérieur et dans le voisinage immédiat.
Surestimation de la puissance
Israël s'invite également dans le débat, notamment en ce qui concerne le rôle de l'Égypte dans la nouvelle équation sécuritaire. L'Égypte veut garder la main, en tant que médiateur privilégié, dans le conflit israélo-palestinien. Une perception exagérée dont l'illustration est la moue qu'aurait faite Le Caire à la suite de la création du Conseil de paix pour Gaza par les États-Unis. Par ailleurs, le flou concerne la place désormais contestée de la Turquie et du Qatar qui voient la carte de l'islam politique au pouvoir perdre de son importance.
La Turquie et le Qatar n'arrivent pas à accepter la réalité, à savoir l'érosion du rôle des acteurs proxies. Il en est de même de l'Iran qui s'évertue à vouloir sauver les meubles. Une situation volatile tant il est vrai que l'objectif des décideurs iraniens demeure, malgré les événements survenus avant-hier, d'empêcher que le régime change comme le souhaitent les détracteurs de l'Iran.
L'intransigeance de la diplomatie iranienne sur le dossier nucléaire, le programme des missiles balistiques et les acteurs proxies dans les pays voisins reçoit un coup dur le 28 février 2026. La mort d’Ali Khamenei brouille les cartes. Des concessions douloureuses sont incontournables pour éviter que le scénario de changement radical de régime ne devienne la seule option possible.
Bien qu’il soit trop tôt de tirer des conclusions sur la reddition totale ou le changement de régime en Iran, il est certain que le pays entrera dans une période d’incertitude sur l’avenir des institutions politiques. Une période de transition est nécessaire, mais il est peu probable que la continuité du régime, selon la conception imposée en 1979 et remodelée en 1989, puisse aboutir.
Le respect des dispositions constitutionnelles en matière de succession au Guide suprême sera un test sérieux de repositionnement de l’Iran sur l’échiquier diplomatique et sécuritaire régional et international. Une structure collégiale pour faire une transition authentique vers un régime civile authentique, dans lequel l’institution du Guide suprême serait symbolique et non pas exécutive, pourrait être une solution. Cette structure collégiale avait été déjà proposée, il y a dix ans, par d’anciens chefs d’Etats iraniens. Les faucons au sein du système ont fait avorter ce scénario.
Il est certain que le débat le plus urgent n’est pas de maintenir une certaine marge de manœuvre pour pouvoir éviter le pire sur le dossier nucléaire, mais de réfléchir à une solution de compromis pour ne pas provoquer une guerre civile aux conséquences incalculables.
Entre dans ce cadre, la nécessité de ne pas imposer un régime de substitution pendant cette période de transition difficile sans jauger l’éventualité de son acceptation par les Iraniens, toutes tendances confondues. Le morcellement de l’Iran n’est pas une option. Il peut faire boule de neige et raviver les velléités de division du Proche-Orient qui remontent à 1916 et 1945.
La prudence veut qu’il ne faille pas sous-estimer les capacités de résilience de l’Iran bien que ses cartes de négociation sur le dossier nucléaire, le programme balistique et les proxies soient en fait des cartouches blanches. Les négociations seront encore plus rudes pour les Iraniens car l’objectif désormais sera de neutraliser les capacités militaires de l’Iran et de mettre fin à ses nuisances dans le voisinage.
Si les négociations reprenaient demain, l’Iran aurait compris qu’il était seul et qu’aucun pays ne viendrait à sa rescousse. La généralisation de la guerre ne serait pas une option pour les acteurs majeurs qui assistent à une reconfiguration profonde du système international.
De même, des concessions incontournables seront incontournables pour un acteur aussi important que la Russie. Le rôle de Moscou au Moyen-Orient reste assujetti au succès de sa stratégie tournée vers sa profondeur asiatique. Car il est certain que le pari russe sur l'Europe se réduira davantage tant que la crise russo-ukrainienne ne sera pas résolue dans un avenir proche.
La désillusion russe a été savamment exprimée à l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité en 2007. Elle a été confirmée quand, en 2008, le Sommet de l’OTAN à Bucarest a ouvert la voie à l’élargissement de l’Alliance. Bien qu’ils aient reporté l’extension de l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie, les États membres étaient conscients que les carottes étaient déjà cuites.
La Russie a répondu par la coupure de l’approvisionnement du gaz russe vers l’Europe via l’Ukraine (sous prétexte que celle-ci n’avait pas honoré ses engagements financiers à l’égard de Moscou) et a encouragé, puis reconnu, l’indépendance unilatérale de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.
Le Moyen-Orient est en ébullition. Les agitations récentes dessinent les contours d’une géopolitique qui met face à face des acteurs toujours aux aguets pour ne pas perdre sur la ligne finale de la course. Il en est ainsi du Pakistan.
Le Pakistan redoute l'impact du corridor économique entre l'Inde, le Moyen-Orient et l'Union européenne esquissé récemment. Les décideurs pakistanais sont invités à la vigilance sécuritaire, économique et commerciale.
Les affrontements militaires entre l’Afghanistan et le Pakistan soulèvent la question des proxies qui ne veulent pas lâcher prise. Les Talibans ont été créés par les États-Unis et le Pakistan pour chasser la Russie de la région. La géopolitique des gazoducs s’invite dans le débat. Le rapprochement entre le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie ne plait pas aux autres pays, notamment à Israël et à l’Inde.
Les chances de réussite des différents partenariats stratégiques sont limitées ; cependant le droit à la compétition est légitime dans des sous-systèmes régionaux politiquement fragiles et économiquement volatiles.
Des alliances de fortune se forment et leurrent les observateurs. Il en est ainsi de celle hypothétique entre Israël, les Emirats unis et l’Inde. L’alliance tripartite est promue comme étant un stratagème contre l’islam et non pas comme une revendication légitime d’une défense commune. L’Inde se trouve donc au centre des nouvelles tractations politiques, sécuritaires et diplomatiques.
En effet, l'Inde se projette comme un acteur de substitution si le rôle de la Chine est amené à se stabiliser sans entrer en conflit avec les autres compétiteurs stratégiques sous-régionaux. Car la retenue stratégique enseigne que courir plusieurs lièvres à la fois est un facteur de faiblesse programmée.
Réinvention des proxies, calcul risqué
Dès lors, l’on se trouve dans une situation dans laquelle on passe de l'esquisse de la complémentarité à l'accélération de la compétition aveugle. Voici une équation difficile à résoudre. Le désir de coopérer est nourri par l'existence d'ingrédients complémentaires qui poussent à fermer l'œil sur certains détails. L'idée est que les insuffisances que recèlent ces détails vont être réparées une fois que la machine roule à plein régime.
Cependant, c'est le contraire qui se produit. Les contraintes de la compétition entrent en jeu et imposent des réajustements, lesquels se heurtent vite à la loi de la neutralisation. Cela peut prendre du temps, mais la conclusion est la même. On entre alors dans un autre cycle qui ne semble pas si étranger que cela : le cycle des alliances temporaires. Les BRICS, par exemple, qui donnent l'impression d'une alliance future solide, n'arrivent pas à adopter une stratégie claire de solidarité à toute épreuve.
Au contraire, les BRICS se retrouvent dans le dilemme de l'inclusion laborieuse. Les pays qui avaient été fascinés au début par la création de cette alliance marquent le pas. Si les BRICS constituent un contrepoids à la prédominance américaine, ils pèchent par trop d'optimisme quant à une refonte en profondeur de la structure du système international.
Déjà des pays membres des BRICS se rendent compte que la force ne vient pas avec le nombre. De même que les rapports de force entre les pays fondateurs sont fragilisés par leurs implications dans des conflits régionaux. Les différentes interventions leur imposent une certaine retenue pour garder un minimum de cohésion. Cependant l’accélération des processus d’exclusion ne leur laisse pas d’alternatives salutaires.
Les alliances temporaires sont toujours dans l'air du temps pour améliorer la capacité de marchandage ou revoir les instruments du pouvoir qui favorisent un équilibre maîtrisé sur l'échiquier politique. Toutefois, les alliances temporaires traduisent un état d'insécurité permanente et augmentent le sentiment de vulnérabilité. Ceci est d’autant plus avéré que, depuis quelques mois, on assiste à des tentatives de ressuscitement des proxies.
Le rôle des proxies réinventés est en passe de gagner des points dans des zones-problèmes dont la dynamique de déstabilisation accélérée est en branle. Ce dilemme est vécu avec la même intensité par des pays comme l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Qatar.
Si les proxies ont été au centre des négociations entre l'Iran et les États-Unis, avant l’escalade militaire du 28 février, c’est parce que la situation politique en Syrie et en Irak, par exemple, est troublée en n’augure rien de bon. Parmi les causes occultées, il y a le retour sur la scène politique de figures qui ne recueillent pas l’adhésion à l’intérieur et à l’extérieur.
L’échiquier stratégique est brouillé par la multiplication des intervenants qui n’ont pas les moyens de leurs ambitions. Si bien que l’intervention loin des frontières, qui avait été pendant longtemps un moyen d’influence et de marchandage efficaces, perd de son efficacité.
Cette stratégie devient très coûteuse. Sur le plan militaire tout d'abord. Ensuite, sur le plan de la tentation pécuniaire de certains décideurs. La demande et la gourmandise de ces derniers ne cessent jamais d'augmenter.
Pour leur part, les bénéficiaires s'affolent. Le calcul des risques devient laborieux. Si bien que la vulnérabilité se généralise. La hiérarchie des acteurs dans des situations de marchandage serré est fragilisée par la multiplication des trouble-fêtes.
L'ancien ordre est difficile à reproduire. La fragmentation est inévitable. L'ordre libéral appartient au passé. L'Europe doit prendre le train en marche ou sombrer dans ses propres contradictions. La Russie qui tourne le dos à l’Europe doit repenser sa politique asiatique et ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. La Chine, non plus, n’aura pas la réussite à chaque pas effectué en direction d’une parité stratégique qu’elle s’efforce de contourner présentement.
Une question cependant : Est-ce que le multilatéralisme est une réalité tangible ? Est-ce que les mêmes acteurs majeurs vont avoir une place ou garder leur place dans la nouvelle architecture basée sur la répartition des rôles et le remodelage des priorités stratégiques ?
L'idée qui fait son chemin, c'est l'essoufflement des acteurs majeurs internationaux. Ces derniers voient leur marge de manœuvre s'évaporer et leur influence rétrécir comme peau de chagrin. L'un des constats qui posent problème, c'est la cadence de la lutte entre les différents centres de décision intranationaux chez des acteurs majeurs et des acteurs mineurs.
La confusion vient également de la perception de ce qui est appelé "État profond". Les divergences dans la planification politique et stratégique, qui devraient être gardées dans les coulisses, sont bruitées grâce à des canaux inféodés aux différents intérêts intranationaux.
Si le souci de tous les acteurs étatiques majeurs et mineurs est de garder l’équilibre de puissance, observé à ce jour, au même niveau de contrôle, l’entêtement des acteurs proxies va continuer à semer la zizanie, notamment au sein des complexes sécuritaires qui expérimentent une effervescence jamais vécue depuis 2008.
Cette date est importante car elle coïncide avec la troisième crise financière internationale, le chamboulement des relations entre l’Europe et la Russie, l’initiative laborieuse du Partenariat pour la Méditerrané, l’ébauche du Partenariat oriental et les péripéties du printemps arabes.
La période post-Covid 2022 ajoute un pavé dans la mare. Les planificateurs politiques et les stratèges militaires trouvent des difficultés à produire des analyses prospectives à même de rassurer les décideurs politiques dans leurs pays respectifs. C’est ce qui explique que l’idée de l’équilibre de puissance, chère à l’école réaliste des relations internationales, est traduite dans l’esquisse d’alliances de fortune.
La précipitation avec laquelle ces alliances sont construites est un comportement d’affolement qui traduit une vulnérabilité et une sensibilité croissantes qui remettent en cause la hiérarchie des acteurs et la pérennité des nouvelles alliances construites dans la précipitation. La violence au Moyen-Orient et l’escalade militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis démontrent la vulnérabilité grandissante de tous les acteurs de la région.
L’évolution que connaitra la situation politique en Iran conditionnera les relations entre les pays membres du Conseil de coopération du Golfe, le rôle des intermittents stratégiques tels que l’Égypte ou la Turquie et la place désormais critique d’Israël dans la recomposition du complexe sécuritaire régional.
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