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La Corée du Nord lance un missile balistique intercontinental

(AFP)

AFP

Le 18 novembre 2022

La Corée du Nord a lancé vendredi un missile balistique intercontinental (ICBM), selon l'armée sud-coréenne, dernier épisode en date d'une série record de tirs de projectiles ces dernières semaines, alors que Séoul et Washington s'attendent à un essai nucléaire imminent de la part de Pyongyang.

L'état-major sud-coréen "estime que la Corée du Nord a lancé un ICBM", a déclaré à l'AFP un responsable de la Défense, sans plus de détails. Un peu plus tôt, l'armée du Sud avait indiqué avoir détecté "le lancement d'un missile balistique non-identifié en direction de l'est".

Le Japon a également confirmé ce lancement, le qualifiant d'"absolument inacceptable", selon son Premier ministre. Il a averti que l'ICBM pourrait tomber dans sa zone économique exclusive (ZEE) maritime. Les gardes-côtés nippons ont demandé aux navires croisant dans les parages de ne pas s'approcher des débris pouvant flotter en mer.

Le 3 novembre, la Corée du Nord avait déjà lancé un ICBM mais ce tir avait apparemment échoué, selon Séoul et Tokyo. Le pays avait rompu en mars dernier un moratoire qu'il s'était auto-imposé en 2017 sur les lancements de ce type de missiles à longue portée.

La Corée du Nord avait déjà tiré jeudi un missile balistique à courte portée, quelques heures après une mise en garde de son ministre des Affaires étrangères qui avait promis une riposte "féroce" au renforcement de l'alliance de sécurité entre Séoul, Tokyo et Washington.

Les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont intensifié ces derniers mois leurs manoeuvres militaires conjointes face aux menaces de la Corée du Nord, laquelle voit dans ces exercices des répétitions générales à une invasion de son territoire ou à un renversement de son régime.

Au cours d'une rencontre mardi en marge du sommet du G20 à Bali, le président américain Joe Biden a tenté de convaincre son homologue chinois Xi Jinping d'intercéder auprès de la Corée du Nord pour qu'elle renonce à effectuer un essai nucléaire, comme Washington et Séoul lui en prêtent l'intention.

M. Biden, son homologue sud-coréen Yoon Suk-yeol et le Premier ministre japonais Fumio Kishida ont par ailleurs, dimanche, promis une réponse "forte et ferme" si Pyongyang réalise cet essai, qui serait le premier depuis 2017 et le septième de son histoire.

Jeudi, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Choe Son Hui, a condamné ces rencontres entre dirigeants, affirmant qu'elles font "entrer la situation dans la péninsule coréenne dans une phase imprévisible".

- Riposte "féroce" -

Plus Washington s'efforce de renforcer son alliance de sécurité avec Tokyo et Séoul, et "plus la riposte militaire de la RPDC sera féroce", a déclaré M. Choe, en employant le signe de la République populaire et démocratique de Corée, le nom officiel de la Corée du Nord.

La Corée du Nord a procédé début novembre à une rafale sans précédent de lancements de projectiles, dont celui d'un missile balistique qui est tombé près des eaux territoriales de la Corée du Sud. Le président Yoon a dénoncé une "invasion territoriale de facto".

La seule journée du 2 novembre a vu 23 tirs de missiles nord-coréens, soit plus que pendant toute l'année 2017, quand le dirigeant Kim Jong Un et le président américain de l'époque Donald Trump échangeaient des menaces de guerre nucléaire.

En septembre et octobre, Pyongyang avait déjà effectué une copieuse série de tirs, dont celui d'un missile balistique à moyenne portée qui, le 4 octobre, avait survolé le Japon pour la première fois depuis cinq ans.

Les dernières séries de lancements se sont accompagnées de barrages d'artillerie près de la ligne de démarcation intercoréenne et de sorties aériennes de grande envergure dans le ciel nord-coréen.

Pyongyang a justifié ses actions de novembre par l'attitude "agressive et provocatrice" de Séoul et Washington, qui menaient au même moment les plus grandes manoeuvres aériennes jamais réalisées jusque-là entre eux, avec notamment des avions furtifs et des bombardiers stratégiques.

Les analystes estiment que la Corée du Nord, qui en vertu de résolutions de l'ONU n'a pas le droit de lancer des missiles balistiques, s'est enhardie face à la probabilité d'échapper à toute nouvelle sanction des Nations unies en raison des divisions au Conseil de sécurité.

La Chine, principal allié diplomatique et économique de Pyongyang, s'y est en effet jointe à la Russie en mai dernier pour opposer son veto à une tentative des Etats-Unis de renforcer les sanctions contre la Corée du Nord.

Le 18 novembre 2022

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