img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Dossier Cet article est issu du dossier «L'Asmex en crise de gouvernance» Voir tout le sommaire
BUSINESS

ASMEX : comment Sonia Mezzour a gagné une élection bien plus disputée que prévu

Après plusieurs semaines de tensions autour de ses statuts et de son processus électoral, l’ASMEX a finalement tenu, mardi 23 juin, son assemblée générale élective dans un climat apaisé. Sonia Mezzour a été élue présidente au terme d’un scrutin serré. Elle prend la tête d’une association appelée à tourner la page des crispations internes et à ouvrir rapidement le chantier de sa gouvernance.

Sonia Mezzour élue présidente de l'ASMEX
Sonia Mezzour élue présidente de l'ASMEX
Par
Le 24 juin 2026 à 18h01 | Modifié 24 juin 2026 à 19h32

L’essentiel

  • Sonia Mezzour a été élue présidente de l’ASMEX au terme de l’assemblée générale élective tenue le mardi 23 juin 2026.
  • Le scrutin a opposé trois candidats : Sonia Mezzour, Abdelaziz Mantrach et Adil Zaidi.
  • L’élection s’est jouée à quelques voix : Sonia Mezzour a obtenu 102 voix, contre 99 pour Abdelaziz Mantrach et 92 pour Adil Zaidi.
  • Le vote pondéré, lié notamment au chiffre d’affaires et aux cotisations des membres, a pesé dans l’issue du scrutin et rendu le résultat difficile à anticiper.
  • Après plusieurs semaines de tensions autour des statuts et du processus électoral, les candidats ont salué le résultat. Sonia Mezzour fait désormais de la clarification des statuts l’un des premiers chantiers de son mandat.

-oOo-

Les détails

Il y avait du monde, mardi 23 juin 2026 dans l’après-midi, dans la salle du Hyatt Regency de Casablanca. Des exportateurs venus nombreux, des membres appelés à trancher, des visages connus de l’ASMEX, et cette impression, dès les premières minutes, que l’association abordait un moment charnière.

L’ambiance, pourtant, ne donnait pas l’image d’une élection sous tension. Dans la salle, les membres se saluaient chaleureusement et les candidats échangeaient. Rien, dans les premières scènes, ne laissait voir une confrontation entre blocs opposés. L’atmosphère était plutôt celle d’une grande réunion professionnelle, tenue dans les formes, avec ses équilibres, ses codes et ses non-dits.

Mais il y avait un grand absent. Hassan Sentissi El Idrissi, président sortant, n'est pas là comme le veut la coutume pour présenter son bilan et passer le flambeau. Son absence n'est pas une surprise. Il a été au premier front pour empêcher la tenue de cette assemblée élective, sans succès.

En son absence, lui qui a longtemps incarné la présidence de l’ASMEX, la conduite de l’assemblée générale a été confiée à Mohamed Es-Saadi, vice-président le plus âgé.

La séance a commencé par les usages institutionnels : mots d’ouverture, rappels du chemin parcouru, remerciements et volonté de reconnaître l’apport de l’ancien président, dont le nom a été proposé pour la présidence d’honneur.

Un moment de tension est toutefois apparu au début des travaux lorsqu’un membre a demandé que les échanges se fassent en arabe. L’épisode, bref, a rappelé que derrière le calme apparent de la salle, cette assemblée arrivait après plusieurs semaines de débats internes, de lectures divergentes des statuts et d’interrogations sur les conditions de l’élection.

La présence d’un huissier de justice, désigné par le tribunal de première instance de Casablanca, a également donné à cette assemblée un caractère plus formel. Dans une élection ordinaire, sa présence aurait pu passer pour une simple précaution. Dans le cas de l’ASMEX, elle traduisait aussi la volonté de sécuriser le processus, d’en attester le déroulement et de prévenir d’éventuelles contestations ultérieures.

Une compétition serrée entre trois candidatures

Après l’examen des rapports et le vote des résolutions, l’assemblée est entrée dans son moment attendu : l’élection de la nouvelle présidence.

Trois candidats étaient en lice : Sonia Mezzour, Abdelaziz Mantrach et Adil Zaidi. Chacun disposait de quinze minutes de parole pour défendre sa vision et tenter de convaincre les membres.

Abdelaziz Mantrach a mis en avant une campagne de terrain, marquée par des déplacements dans plusieurs régions et par des rencontres avec les exportateurs. Son discours s’est appuyé sur la proximité avec les membres et sur la connaissance des préoccupations concrètes des opérateurs.

Adil Zaidi, lui, a présenté une approche structurée autour d’une vision "ASMEX+". Dans son intervention, il a insisté sur l’idée de remettre l’exportateur au centre de l’action de l’association, avant même l’exportation comme agrégat ou objectif économique. Son discours, très préparé, a pris parfois les contours d’une feuille de route institutionnelle.

Sonia Mezzour a, elle aussi, défendu sa candidature devant des membres attentifs. Son intervention, construite et maîtrisée, a mis en avant un profil de rassemblement et une volonté de continuité renouvelée. Dans un scrutin encore difficile à lire, sa prise de parole a progressivement installé l’idée d’une candidature capable de parler aux différents groupes présents au sein de l’ASMEX.

Avant le vote, plusieurs observateurs donnaient Abdelaziz Mantrach en position forte. D’autres voyaient Adil Zaidi capable de créer la surprise. Mais le mode de scrutin allait rapidement rappeler une autre réalité. À l’ASMEX, le vote ne se réduit pas au nombre de personnes présentes dans un camp.

Le système repose en effet sur une pondération liée notamment au chiffre d’affaires et à la cotisation. Certains membres disposent d’une seule voix, d’autres de six.

Avoir le plus grand nombre de soutiens visibles dans la salle ne garantit pas nécessairement l’arrivée en tête. Quelques entreprises fortement pondérées peuvent modifier le résultat. Une majorité apparente peut donc se révéler fragile au moment du dépouillement.

Une fois le vote terminé, une pause-café a suspendu l’attention quelques instants. Puis le dépouillement a commencé, bulletin après bulletin, voix après voix. À mi-parcours, Sonia Mezzour semblait avoir pris une avance confortable. Elle comptait alors environ 75 voix, loin devant ses deux concurrents. Mais la suite du dépouillement a resserré l’écart. Abdelaziz Mantrach et Adil Zaidi ont progressivement repris du terrain. La dynamique initiale s’est transformée en suspense.

Au terme du comptage, l’écart final s’est révélé étroit : 102 voix pour Sonia Mezzour, 99 pour Abdelaziz Mantrach et 92 pour Adil Zaidi. Trois voix seulement séparent les deux premiers, un résultat qui reflète une élection disputée et l’absence d’un consensus net autour d’un seul nom.

Contacté par Médias24, Adil Zaidi estime que le déroulement du scrutin dans de bonnes conditions traduit un apaisement des tensions internes et l’ouverture d’une nouvelle étape pour l’ASMEX.

"Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions. Les résultats reflètent les équilibres entre trois blocs, mais cela montre aussi que le processus a été transparent. Aujourd’hui, l’ASMEX fonctionne normalement et il n’y a pas de difficulté particulière", souligne-t-il.

ASMEX : comment Sonia Mezzour a gagné une élection bien plus disputée que prévu

Après le scrutin, le chantier de la gouvernance

L’annonce de l’élection de Sonia Mezzour a été accueillie dans un climat d’apaisement. Les deux autres candidats l’ont félicitée, suivis par les membres présents. La scène a contribué à refermer, au moins publiquement, une séquence électorale qui avait été précédée de fortes crispations.

La nouvelle présidente a ensuite pris la parole. Dans la salle, certains semblaient surpris par l’issue du vote, surtout au regard des pronostics qui circulaient avant l’assemblée. D’autres l’étaient moins, conscients que le scrutin pondéré pouvait produire un résultat différent des rapports de force apparents.

Sonia Mezzour hérite désormais d’une organisation attendue sur plusieurs fronts : représentation des exportateurs, accompagnement des entreprises, diversification des marchés, compétitivité, logistique, diplomatie économique et adaptation aux nouvelles exigences du commerce international. Son élection lui donne une légitimité réelle, mais exige aussi une capacité rapide à rassembler.

Dans ce même esprit, Sonia Mezzour entend faire de la révision des statuts l’un des premiers chantiers de son mandat. Interrogée par Médias24, la nouvelle présidente de l’ASMEX indique que cette modification constitue une priorité, afin de lever les zones d’ambiguïté révélées ces dernières semaines et de clarifier les règles de fonctionnement interne de l’association.

"Il s’agit d’une priorité. Nous allons en finir avec les ambiguïtés des statuts et clarifier les points qui ont pu prêter à confusion", affirme-t-elle.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 24 juin 2026 à 18h01
SOMMAIRE DU DOSSIER

à lire aussi

Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens
NATION

Article : Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens

Ouverte ce mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, la consultation nationale sur les systèmes d'alerte précoce dresse le bilan d'un dispositif en pleine mutation. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, le Maroc mise sur la haute technologie, l'intelligence artificielle et une couverture cartographique totale pour protéger ses populations et sécuriser ses infrastructures vitales.

Énergie : le bureau de l’ONUDI au Maroc certifié ISO 50001, une première mondiale pour l’organisation
Quoi de neuf

Article : Énergie : le bureau de l’ONUDI au Maroc certifié ISO 50001, une première mondiale pour l’organisation

Le site de Rabat couvre désormais près de 40% de ses besoins électriques grâce au solaire, après l’installation de panneaux photovoltaïques, le passage à l’éclairage LED et la modernisation de la climatisation. Selon l’agence onusienne, ces mesures ont permis de réduire de 25% la consommation globale et de plus de 60% les émissions de carbone.

Le Grand Stade Hassan II primé aux Architizer A+Awards 2026
Quoi de neuf

Article : Le Grand Stade Hassan II primé aux Architizer A+Awards 2026

Le futur fleuron sportif marocain a reçu le prix du jury dans la catégorie des projets sportifs non encore construits.

Logistique : Colis.ma s’étend au Sénégal et lance son premier corridor en Afrique de l’Ouest
Quoi de neuf

Article : Logistique : Colis.ma s’étend au Sénégal et lance son premier corridor en Afrique de l’Ouest

Spécialisée dans les échanges entre le Maroc et l’Europe, Colis.ma poursuit son développement avec l’ouverture d’un corridor logistique vers le Sénégal, première étape de son expansion sur le continent africain.

Enquête. Le scandale silencieux des avoirs en déshérence : pour un dirham rendu aux héritiers, deux partent au Trésor
ECONOMIE

Article : Enquête. Le scandale silencieux des avoirs en déshérence : pour un dirham rendu aux héritiers, deux partent au Trésor

Chaque année, des millions de dirhams oubliés par leurs propriétaires ou leurs héritiers glissent discrètement vers les caisses de l'État. Au Maroc, la loi organise le transfert des avoirs en déshérence mais impose peu d'obligations pour retrouver leurs bénéficiaires. Enquête sur une zone peu explorée du système financier dont l'ampleur réelle demeure inconnue.

Dans son nouvel ouvrage, le Pr Hassan Chelly explore l’impact du numérique sur la relation médecin-patient
Livres

Article : Dans son nouvel ouvrage, le Pr Hassan Chelly explore l’impact du numérique sur la relation médecin-patient

Dans un nouvel ouvrage intitulé "La relation médecin-patient à l’ère du numérique", le Professeur Hassan Chelly analyse les transformations profondes qui redessinent aujourd’hui les échanges entre praticiens et patients. Face à la montée de l’intelligence artificielle, de la téléconsultation et de l’information médicale en ligne, il plaide pour une médecine où la technologie reste au service de l’humain.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité