ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente
Sonia Mezzour a été élue présidente de l’ASMEX, à l’issue de l'assemblée générale élective tenue ce mardi 23 juin à Casablanca. Elle succède à Hassan Sentissi El Idrissi, qui dirigeait la Confédération marocaine des exportateurs depuis 2013.
Sonia Mezzour a été élue, ce mardi 23 juin 2026, présidente de l’ASMEX, à l’issue de l’assemblée générale élective tenue à Casablanca.
Elle a obtenu 102 voix, contre 99 pour Abdelaziz Mantrach et 92 pour Adil Zaidi.
Elle succède à Hassan Sentissi El Idrissi, qui dirigeait l’organisation depuis 2013 et dont le mandat arrive à échéance le 30 juin.
Cette élection met fin, du moins sur le plan institutionnel, à plusieurs semaines de tensions autour de la succession à la tête de l’ASMEX.
Le processus électoral avait été maintenu après la validation des candidatures par les organes de l’association, malgré les réserves exprimées par le président sortant sur l’éligibilité de certains candidats.
En l’absence de Hassan Sentissi, l’assemblée générale élective a été présidée par Mohammed Es-Saadi, vice-président le plus âgé.
La séance s’est tenue en présence d’un huissier de justice désigné par le tribunal de première instance de Casablanca, signe du climat de tension entourant ce scrutin et de la perspective d’une éventuelle bataille judiciaire postélectorale.
Avant le vote, chacun des trois candidats a disposé de quinze minutes pour présenter sa vision devant les membres. L’assemblée a également proposé de faire de Hassan Sentissi El Idrissi le président d’honneur de l’ASMEX, après plus d’une décennie passée à la tête de la confédération.
Le scrutin s’est déroulé selon un système de vote pondéré. Certains votants disposaient de plusieurs bulletins, en fonction notamment de leur cotisation à l’ASMEX.
Qui est Sonia Mezzour, la nouvelle présidente de l’ASMEX ?
Sonia Mezzour est une dirigeante marocaine spécialisée dans la finance, l’investissement, l’énergie et le commerce international. Banquière d’affaires, elle dispose de près de trente ans d’expérience au Maroc et à l’international, avec un parcours à l’intersection du public et du privé.
Elle est directrice générale d’Oversee, banque d’affaires agréée par l’Autorité marocaine du marché des capitaux. Elle est également vice-présidente de la Commission mondiale énergie & environnement de la Chambre de commerce internationale, administratrice de la Chambre de commerce internationale Maroc, et vice-présidente de l’ASMEX où elle préside la Commission financement et assurance.
Sa candidature s’inscrivait dans une logique de renforcement du financement export et d’accompagnement des entreprises marocaines face aux nouvelles exigences internationales.
Le différend statutaire reste ouvert
Selon nos informations, l’assemblée générale extraordinaire convoquée par Hassan Sentissi El Idrissi pour le 22 juin, soit la veille du scrutin, ne s’est pas tenue. Cette AGE devait examiner une modification des statuts visant à préciser les critères d’éligibilité à la présidence de l’ASMEX.
Le fond du différend portait sur l’interprétation de la condition statutaire exigeant une "expérience avérée en matière d’export". Hassan Sentissi défendait une lecture stricte de cette condition, estimant que la présidence devait revenir à un exportateur direct. Une majorité du conseil d’administration considérait, de son côté, que les candidatures déposées étaient conformes aux statuts et que le processus électoral devait aller à son terme.
Avant le scrutin, Hassan Sentissi El Idrissi avait indiqué qu’il pourrait recourir à la justice après l’élection, maintenant ainsi la possibilité d’une contestation postélectorale.
Avec cette élection, l’ASMEX ouvre une nouvelle séquence. Le premier défi de la nouvelle présidente sera de refermer la crise de gouvernance ouverte par cette succession et de rassembler les différentes composantes de la confédération autour d’une feuille de route commune pour les exportateurs marocains.
À découvrir
à lire aussi
Article : Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”
Le deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib de l'année 2026 s'est tenu ce mardi 23 juin, suivi par la traditionnelle conférence de presse du Gouverneur. Voici l'essentiel des réponses de Abdellatif Jouarhri aux questions des journalistes.
Article : Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains
Les 18 et 19 juin 2026, le Club Afrique Développement et Attijari bank Mauritanie ont réuni près de 300 acteurs économiques et institutionnels venus notamment du Maroc, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, d’Égypte, des États-Unis et d’Europe. Mines, énergie, pêche, agro-industrie, BTP... La 46e mission multisectorielle du groupe a mis en avant les secteurs appelés à porter l’industrialisation du pays, avec un mémorandum signé pour accompagner les micro, petites et moyennes entreprises.
Article : ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc
Le changement peut sembler administratif. Il est en réalité hautement stratégique. En devenant ONHYM-SA, l’Office obtient une marge de manœuvre nouvelle pour porter des actifs, investir au Maroc comme à l’étranger et s’impliquer davantage dans la création de valeur, à un moment où le Royaume prépare les prochaines étapes du gazoduc Afrique-Atlantique et la structuration de son marché gazier.
Article : Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?
Depuis décembre 2022, les instances ordinales vivent sous mandat expiré, tandis que les médecins privés contestent des négociations menées en leur nom sur l’AMO, les tarifs et leur place dans les futurs groupements sanitaires territoriaux. Le texte attendu le jeudi 25 juin pourrait ouvrir une sortie de crise pour quelque 17.000 praticiens, dans un secteur qui affirme assurer 67% de l’offre de soins. Détails.
Article : Chine-Afrique : à Pékin, Bank of Africa signe deux accords pour attirer les entreprises et les investissements chinois
Avec sa succursale de Shanghai et son réseau présent dans 31 pays, le groupe bancaire marocain veut se positionner comme relais financier entre opérateurs chinois et marchés africains.
Article : Enquête Médias24. IA et emploi : 10% des entreprises interrogées envisagent des licenciements
EXCLUSIF. Recrutements freinés, postes déjà transformés, licenciements envisagés… Médias24, avec le concours de notre partenaire DRH.ma, a mené une enquête déclarative auprès de 327 répondants, représentants d'entreprises marocaines, très majoritairement des profils RH. Les résultats font apparaître une tension sociale encore émergente autour de l'impact de l'adoption de l'intelligence artificielle sur l'emploi.