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Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens

Ouverte ce mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, la consultation nationale sur les systèmes d'alerte précoce dresse le bilan d'un dispositif en pleine mutation. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, le Maroc mise sur la haute technologie, l'intelligence artificielle et une couverture cartographique totale pour protéger ses populations et sécuriser ses infrastructures vitales.

Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens
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Le 24 juin 2026 à 18h56 | Modifié 24 juin 2026 à 20h34

L'essentiel

  • Une consultation nationale de trois jours s'est ouverte le 24 juin à Casablanca pour définir une vision commune et une feuille de route en faveur d'un dispositif national d'alerte précoce plus fiable et plus accessible à tous.
  • Le système d'alerte au public, développé avec les opérateurs nationaux et l'ANRT, entre dans ses dernières étapes et permettra l'émission d'alertes géolocalisées par Cell Broadcast ou SMS.
  • Entre 2015 et juin 2026, le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles a contribué au financement de 367 projets pour une enveloppe de 4,8 milliards de dirhams.
  • Le réseau d'observation s'est renforcé avec un doublement du nombre de pluviomètres en cinq ans, un taux d'automatisation des stations hydrométriques de 78% et huit radars opérationnels, quatre autres devant l'être d'ici la fin de l'année.
  • La cartographie des risques d'inondation progresse, avec un objectif de couverture nationale de 66% à court terme et une couverture intégrale des cartes d'aptitude à l'urbanisation visée dans trois ans.

Les détails

D'année en année, les catastrophes naturelles se multiplient au Maroc, mettant à rude épreuve le système national d'alerte face aux risques naturels. Un dispositif appelé à évoluer pour mieux protéger les infrastructures, les habitations et, surtout, les vies humaines.

C'est tout l'enjeu de la consultation nationale sur le dispositif d'alerte précoce, ouverte ce 24 juin 2026 à Casablanca.

Trois jours durant, les participants travailleront à définir une vision commune, au service d'un système d'alerte aux risques naturels plus efficace, plus fiable et accessible à tous. Déjà à un stade avancé de développement, ce système est porté conjointement par la Direction générale de la météorologie (DGM) et la Direction de la gestion des risques naturels (DGRN).

Il s'inscrit dans l'initiative mondiale “Early Warnings for All” (EW4All), qui ambitionne de couvrir, d'ici 2027, l'ensemble des populations par des systèmes d'alerte précoce performants, inclusifs et pleinement opérationnels.

Nizar Baraka : la réussite se mesure quand l'information atteint la bonne personne, au bon moment

Dans son allocution d'ouverture, Nizar Baraka, ministre de l'Équipement et de l'Eau, a appelé à passer à la vitesse supérieure. "Les défis qui nous attendent exigent que nous franchissions une nouvelle étape, a-t-il déclaré. L'efficacité d'un système d'alerte précoce ne dépend pas uniquement de la qualité des prévisions scientifiques ; elle repose sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'alerte".

Cette chaîne de valeur s'articule autour de quatre maillons : la connaissance des risques, l'observation et la prévision, la diffusion et la communication, ainsi que la préparation et l'intervention.

Pour le ministre de l’Équipement et de l’Eau, c'est le dernier maillon qui fait la différence. "La véritable réussite d'un système d'alerte précoce se mesure lorsque l'information atteint la bonne personne, au bon moment, dans un format lisible, compréhensible et qui lui permet d'agir efficacement, mais surtout à temps. Et c'est pour cela que cette consultation nationale revêt une importance particulière".

"Les défis auxquels nous sommes confrontés exigent des approches nouvelles, résolument tournées vers l’avenir. Des approches fondées sur la science, les technologies numériques, l’intelligence artificielle, les systèmes d’information géographique, ainsi que sur des solutions de communication innovantes", a souligné Nizar Baraka.

Afin d’atteindre l'objectif affiché, à savoir disposer d'un système d'alerte précoce avant l'échéance onusienne de 2027, Baraka plaide pour une mobilisation collective et éclairée, seule à même de transformer ces ambitions en actions concrètes au service de la sécurité de tous. "Au terme de cette consultation nationale, nous attendons des résultats concrets", a-t-il insisté. "Nous attendons d'abord une vision partagée, ensuite une feuille de route nationale claire et ambitieuse, et enfin un plan d'action structuré, assorti de priorités, d'échéances, mais surtout d'indicateurs de suivi et de performance".

Alerte, observation, infrastructures : un dispositif qui monte en puissance

Cette consultation est l'occasion d'évaluer l'évolution des dispositifs de gestion des risques au Maroc. En marge de l'événement, la Direction de la gestion des risques naturels (DGRN), relevant du ministère de l'Intérieur, a présenté l'avancement de ses projets de suivi, de gestion et de prévision des risques naturels.

Très attendu, le système d'alerte au public entre dans ses dernières étapes. Développé avec les opérateurs nationaux et l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), il permettra l'émission d'alertes géolocalisées par Cell Broadcast ou par SMS, et son lancement devrait être annoncé très prochainement.

Sur le plan du financement, le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles (FLCN) a contribué, entre 2015 et juin 2026, à 367 projets conventionnés pour une enveloppe globale de 4,8 milliards de dirhams, dont 36% apportés par le Fonds. Ces projets se répartissent entre les travaux de protection (48%), le développement des systèmes d'alerte (14%), la cartographie des risques (13%) et d'autres infrastructures liées à la gestion des risques (25%).

L'observation hydrométéorologique et hydrologique s'est nettement renforcée grâce à la collaboration avec les agences de bassins hydrauliques et la Direction générale de la météorologie. Le nombre de pluviomètres a doublé en cinq ans et le taux d’automatisation des stations hydrométriques a atteint 78%. Pour combler les lacunes persistantes d’observation, huit radars sont déjà opérationnels et quatre autres, en cours d'installation, devraient l'être d'ici la fin de l'année.

Des expériences pilotes ont par ailleurs été lancées pour densifier le réseau de pluviomètres en milieu urbain, avant une généralisation à d'autres villes. Le suivi des hauteurs et des lames d'eau suit la même logique, avec un équipement spécifique installé à Tanger, Mohammedia et Casablanca en partenariat avec le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC). Ce dispositif répond à la fois au besoin assurantiel du FSEC et au suivi des écoulements en zone urbaine.

Au vu des enseignements tirés des épisodes récents (Tata, Safi, le Gharb, Ksar El Kébir…), la DGRN accorde une importance stratégique au renforcement des infrastructures critiques et des services vitaux (hôpitaux, routes, ponts, barrages, centrales électriques…). Faute d'une résilience suffisante, ces infrastructures risquent d'aggraver les conséquences d'une catastrophe naturelle.

Ce programme incite les acteurs à évaluer leurs installations, puis à déployer un plan d'action garantissant la continuité de ces services en pleine crise. Une directive nationale, conçue avec l'ensemble des parties prenantes, encadre désormais ce travail.

Avancement de la cartographie des risques et des plans d'action anticipés

Les enseignements tirés des expériences passées ont montré que la carte ne se limite pas à un simple outil de représentation du territoire : elle constitue un instrument précieux pour protéger les populations et élaborer les plans d’évacuation les plus efficaces.

La cartographie des risques d’inondation progresse désormais à un rythme accéléré, grâce notamment aux atlas des zones inondables (AZI), qui délimitent les secteurs non constructibles au regard de l’aléa. Si le taux de couverture actuel n’atteint que 6,4% (soit 6 provinces), les atlas en cours d’élaboration couvrent déjà 59,6% du territoire (53 provinces), ce qui devrait permettre d’atteindre prochainement un taux national de 66%.

Les cartes d’aptitude à l’urbanisation avancent quant à elles plus rapidement : plus de quarante cartes sont en cours de validation, et une couverture intégrale de 100% du territoire national est prévue dans un délai de trois ans.

Enfin, les cartes d’action viennent prolonger la logique de l’alerte précoce (early warning) par celle de l’action anticipée (early action). En effet, sans plans adaptés aux spécificités de chaque territoire, l’alerte risque de manquer son effet, malgré tous les efforts déployés. Ces cartes recensent les points noirs, les zones de vulnérabilité, les actions à déclencher dès l’apparition d’un risque, ainsi que les acteurs chargés de leur mise en œuvre. Très utiles en gestion de crise, elles ont déjà fait leurs preuves lors des dernières inondations du Gharb, dans la région de Kénitra.

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Le 24 juin 2026 à 18h56

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