L'essentiel
- Cosumar prépare une unité de production de CO₂ liquide alimentaire à la raffinerie de Casablanca, avec une capacité de 20.000 tonnes par an en première phase et une mise en service prévue fin 2026.
- Le projet LCO₂ représente un investissement de plus de 500 MDH et vise à transformer le CO₂ issu du raffinage en source de revenus récurrents, indépendante des cours du sucre.
- Le groupe indique que le Maroc dépend aujourd’hui entièrement des importations de LCO₂ alimentaire, avec des débouchés dans l’agroalimentaire, le dessalement, la pharmacie, la cryogénie et l’agriculture.
- Sur l’amont agricole, Cosumar met en avant des gains liés à l’IA, aux drones et à l’irrigation intelligente: jusqu’à 50% d’économies d’eau, 25% de réduction des doses d’engrais et 80% de baisse de la consommation d’eau pour les traitements phytosanitaires par drone.
- La plateforme "Attaissir" fédère environ 46.000 utilisateurs et intègre 2.420 machines agricoles. Cosumar indique aussi avoir formé plus de 500 agriculteurs à ces outils au SIAM 2026.
- Pour le contrat-programme 2030, le groupe cite trois leviers: extension des superficies, amélioration des rendements par la technologie et poursuite de la mise à niveau industrielle.
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Les détails
Cosumar veut donner une nouvelle profondeur à son modèle industriel. Le géant marocain du sucre avance bien sur plusieurs chantiers qui dépassent la seule logique de production sucrière. On cite notamment la valorisation du CO₂ industriel, l’agriculture de précision, la montée des capacités, l’export et les objectifs de la filière à horizon 2030.
Médias24 a contacté Cosumar, qui nous détaille les ambitions portées par les nouveaux chantiers, entre diversification industrielle, performance agricole et cap 2030 pour la filière sucrière.
LCO₂ Food Grade Premium : Cosumar prépare une activité autour du CO₂ alimentaire
Cosumar avance sur le projet "LCO₂ Food Grade Premium" à la raffinerie de Casablanca. L’idée est de récupérer le CO₂ issu du raffinage, de le traiter selon les standards du CO₂ alimentaire, puis de le vendre à des industriels.
"Le projet LCO₂ est un investissement de plus de 500 millions de dirhams dans une unité de production de CO₂ liquide alimentaire d'une pureté supérieure à 99,9%, intégrée à la raffinerie de Casablanca. La capacité est de 20.000 t par an en première phase, avec une mise en service prévue fin 2026", explique le groupe Cosumar.
LCO₂: La capacité est de 20.000 tonnes par an en première phase, avec une mise en service prévue fin 2026
"Concernant le principe, il est simple. Il s’agit de capter le CO₂ émis lors du processus de raffinage, de le purifier aux standards internationaux ISBT et EIGA, et de le commercialiser. C'est de l'économie circulaire appliquée à l'échelle industrielle, un sous-produit transformé en source de revenus récurrents, indépendante des cours du sucre".
"Le Maroc dépend aujourd'hui entièrement des importations de LCO₂ alimentaire. Les débouchés sont diversifiés : industrie agroalimentaire, dessalement de l'eau de mer qui est un secteur en pleine expansion au Maroc, il y a aussi l’industrie pharmaceutique, cryogénie et agriculture. Le programme est appelé à être déployé sur d'autres sites du groupe"
Agriculture de précision : Cosumar mise sur l’IA, les drones et l’irrigation intelligente
Sur l’amont agricole, Cosumar pousse davantage l’usage des technologies de précision. Le groupe s’appuie sur l’IA, les drones, l’imagerie satellitaire et l’irrigation intelligente pour mieux suivre les cultures sucrières, ajuster les apports en eau et en intrants, et accompagner les agriculteurs sur le terrain.
Alors quels gains observe Cosumar sur le terrain, et comment ces outils renforcent-ils la résilience face au stress hydrique ? Le groupe nous précise que "les gains sont concrets et mesurables. Le Smart Blender, notre outil d'agriculture de précision, a permis une réduction de 25% des doses d'engrais apportées aux parcelles. L'irrigation localisée en goutte-à-goutte, couplée au pilotage intelligent par données satellitaires et IA, génère des économies d'eau pouvant atteindre 50%. Les traitements phytosanitaires effectués par drone réduisent la consommation d'eau de 80% par rapport aux méthodes conventionnelles".
"Ces technologies ont un impact direct sur le revenu agricole. Les partenaires agricoles qui bénéficient de cet accompagnement technologique ont enregistré une hausse de 35% de leurs revenus sur les deux dernières années. C'est un indicateur déterminant, parce que l'attractivité de la filière sucrière dépend également de la rentabilité pour l'agriculteur".
"L'écosystème repose sur la plateforme Attaissir, qui fédère environ 46.000 utilisateurs et intègre 2.420 machines agricoles. Elle centralise les données agronomiques, climatiques et satellitaires au profit des partenaires agricoles dans les cinq régions sucrières. Au SIAM 2026, nous avons formé plus de 500 agriculteurs à ces outils dans des ateliers pratiques", ajoute Cosumar.
"Sur la résilience hydrique plus largement, les résultats sont significatifs à tous les niveaux de la chaîne de valeur : -73% de consommation d'eau industrielle dans les sucreries de betterave et -64% dans les sucreries de canne à sucre entre 2013 et 2023, -59,7% à la raffinerie de Casablanca sur 11 ans".
Le Smart Blender, notre outil d'agriculture de précision, a permis une réduction de 25% des doses d'engrais apportées aux parcelles
Contrat-programme 2030 : les leviers de Cosumar pour renforcer la filière sucrière
Le contrat-programme 2021-2030 fixé dans le cadre de Génération Green vise 73.000 hectares de cultures sucrières, 620.000 t de sucre blanc, des rendements de 11 t par hectare pour la betterave et 10 t pour la canne, et 750.000 t à l'export.
"La campagne 2024-2025 a confirmé le potentiel de la filière, avec plus de 2 Mt de betterave et 281.000 t de sucre blanc local. Sur le volet export, le groupe a atteint 853.000 t vers plus de 90 pays", ajoute Cosumar.
Mais quels sont les leviers pour atteindre ces objectifs ? "D'abord, l'extension des superficies à travers le modèle d'agrégation avec les 80.000 partenaires agricoles et la poursuite du plan de relance de la canne à sucre dans le Gharb et le Loukkos", estime le groupe.
"Ensuite, l'amélioration des rendements par l'accompagnement technologique : Attaissir, imagerie satellitaire, irrigation intelligente, mécanisation, pour atteindre les objectifs de productivité fixés par le contrat-programme".
Et de conclure : "Parallèlement, la mise à niveau industrielle se poursuit, avec les capacités importantes de traitement de la betterave à 4,7 Mt par an dont nous disposons, adossée à un outil de raffinage de plus de 2 Mt de capacité annuelle".
