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EDUCATION

Enseignement supérieur. La promesse d’une hausse de 1.000 DH nets remise en cause ?

La revalorisation salariale de 1.000 DH annoncée dans l’enseignement supérieur suscite de vives tensions avec les syndicats. Les modalités de calcul de cette augmentation sont jugées inéquitables et engendrent des disparités importantes entre les fonctionnaires.

Enseignement supérieur. La promesse d’une hausse de 1.000 DH nets remise en cause ?
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Le 28 avril 2026 à 18h29 | Modifié 28 avril 2026 à 18h29

Dans l’enseignement supérieur, la revalorisation salariale promise par le ministre de l'Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, suscite l'incompréhension et des tensions, principalement en raison des modalités de son versement, jugées inéquitables par les syndicats.

Des augmentations qui varient de 200 à 1.300 DH

"Il y a quelques mois, le ministre avait annoncé aux syndicats une augmentation nette de 1.000 DH pour les fonctionnaires du secteur. Mais lors d’une réunion tenue ce lundi 27 avril 2026, sur invitation du ministère de tutelle, une autre approche a été présentée par M. El Midaoui et son équipe, semant le doute chez les professionnels", nous explique Abdellatif Aït Ben Bella, secrétaire général du Syndicat national des fonctionnaires de l'enseignement supérieur et des cités universitaires, relevant de la Confédération démocratique du travail (CDT).

"Le ministère a opté pour une référence au décret 2.24.140 (2024) relatif au statut particulier des fonctionnaires du ministère chargé de l’Éducation nationale, notamment son article 59, comme base de calcul des augmentations. En conséquence, les montants varient selon les profils, allant de 200 à 1.300 DH".

Ce décret précise la structure des indemnités mensuelles accordées aux fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale, en détaillant les types d’indemnités (pour charges, d'encadrement, d'enseignant, ou de progression administrative), ainsi que leurs montants selon le grade et l’échelon.

Des écarts importants selon les profils

Cette méthode introduit donc des disparités importantes. "Certains cadres pourraient percevoir jusqu’à 1.300 DH, tandis que d’autres n’obtiendraient que 200 ou 700 DH", regrette notre interlocuteur.

"Le montant dépend essentiellement des indemnités déjà perçues par chaque fonctionnaire, auxquelles vient s’ajouter la hausse". Une situation qualifiée de "discrimination" par notre source, qui dénonce un traitement inégal au sein d’un même corps professionnel.

Face à la contestation des différents syndicats, le ministre a proposé un mécanisme correctif. "Selon le ministre, les universités vont verser un complément pour permettre à tous les fonctionnaires d’atteindre les 1.000 DH annoncés. Ainsi, un agent ayant bénéficié de 200 DH d'augmentation recevrait 800 DH supplémentaires de la part de son université", nous explique Abdellatif Aït Ben Bella.

Un impact différent sur la retraite

D'après notre source, cette solution pose problème. "Contrairement à l’augmentation intégrée au salaire, le complément versé par les universités ne sera pas pris en compte dans le calcul de la retraite. Autrement dit, une partie significative de la hausse disparaîtra une fois le fonctionnaire retraité".

"Certaines catégories, notamment les ingénieurs et les cadres pédagogiques, ne bénéficieront d’aucune augmentation intégrée au salaire. Ils bénéficieront uniquement d’un complément, donc sans effet sur leur pension future".

Malgré ces réserves, le secrétaire général du Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires explique ne pas rejeter totalement cette revalorisation, dans un contexte marqué par une forte inflation et une hausse du coût de la vie.

Selon ses estimations, "environ 60 % des fonctionnaires devraient percevoir entre 1.000 et 1.300 DH, tandis qu’une majorité (environ 75 %) toucherait entre 700 et 1.000 DH avant complément. Au final, tous les fonctionnaires atteindront les 1.000 DH, grâce à l’intervention des universités".

Pas d’effet rétroactif

Plusieurs points restent toutefois flous. Le syndicat nous indique ne pas disposer de la grille officielle validée par le ministère des Finances, qui détaille la répartition des augmentations par catégorie.

Il demande ainsi la tenue d’une réunion avec les représentants du ministère des Finances pour clarifier les modalités d’application de cette augmentation et lever les ambiguïtés.

Cette augmentation sera traduite par un décret, qui n’attendait plus que le feu vert des syndicats pour être signé par les ministères concernés. Elle ne sera pas rétroactive. Elle entrera en vigueur uniquement après la publication dudit décret au Bulletin officiel.

À suivre...

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Le 28 avril 2026 à 18h29

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