Enseignement supérieur. Les 1.000 DH d’augmentation toujours en suspens, les syndicats maintiennent la pression sur le statut
L’augmentation de 1.000 DH promise aux fonctionnaires de l’enseignement supérieur se fait toujours attendre. Si un accord de principe existe déjà entre les ministères concernés, aucune décision officielle n’a encore été actée. Derrière ce retard se cache l'enjeu d’un statut fondamental du secteur, réclamé depuis des années. Détails.
Une hausse de 1.000 DH accordée aux fonctionnaires de l’enseignement supérieur. L'information circule depuis près de deux mois. Mais à ce jour, elle n'a pas été actée, déclare à Médias24 Abdellatif Aït Ben Bella, secrétaire général du Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires, relevant de la Confédération démocratique du travail (CDT).
Si le principe semble acquis entre le ministère de l'Enseignement supérieur et celui des Finances, sa concrétisation se fait en effet toujours attendre, sur fond de tensions autour d’un statut fondamental réclamé depuis des années, explique notre interlocuteur.
Décret ou arrêté ? Rien n’est encore tranché
Selon Abdellatif Aït Ben Bella, "le ministre de l’Enseignement supérieur a assuré à plusieurs reprises qu’un accord de principe a été trouvé avec le ministère des Finances pour l’octroi de cette hausse. Mais sur le terrain, rien n’a encore été versé".
"Lors d’une réunion tenue le 13 mars 2026 avec des responsables du ministère, dont le directeur des ressources humaines et celui des affaires juridiques, les syndicats ont cherché à obtenir des clarifications. Ces derniers nous avaient alors assuré que cette mesure est toujours en phase de recherche de formule juridique".
"Deux options seraient envisagées. La première est la publication d'un décret actant cette hausse. Mais cette option nécessiterait une procédure longue et complexe. La seconde est la publication d'un arrêté conjoint entre le ministère de l’Enseignement supérieur et celui des Finances, jugé plus rapide à mettre en œuvre. Mais aucune de ces pistes n’a été définitivement retenue".
Une augmentation qui ne passe pas auprès des syndicats
Au-delà des délais, les syndicats, tout en saluant cette augmentation, rejettent explicitement la logique qui la sous-tend. "Pour nous, ces 1.000 DH ne pourront pas remplacer une revendication jugée prioritaire, celle de l’instauration d’un statut fondamental pour les fonctionnaires de l’enseignement supérieur".
"Elle ne compensera jamais le statut que nous demandons depuis des années", insiste notre source syndicale. "Dans le cadre de ce statut, nous réclamons une augmentation de 2.000 DH, en plus des 1.000 DH issus du dialogue social [en 2024, ndlr], soit un total de 3.000 DH".
Le projet de ce statut fondamental est en discussion depuis près de trois ans. Selon Abdellatif Aït Ben Bella, "il a été élaboré en concertation avec une commission technique du ministère de l'Enseignement supérieur, désignée par le ministère lui-même. Pourtant, le texte n’a toujours pas vu le jour".
"Ce retard s’explique, selon le ministre, par la nécessité d’adapter ce statut à la nouvelle loi encadrant l’enseignement supérieur [59.24] publiée récemment au Bulletin officiel", souligne notre interlocuteur.
"Nous avons travaillé pendant trois ans sur ce statut et, aujourd’hui, on nous demande d’attendre son alignement avec une loi adoptée en quelques mois".
En effet, l'élaboration de cette loi de manière unilatérale avait suscité la polémique. Après avoir subi quelques modifications, elle avait été examinée et publiée très rapidement. Adoptée fin août dernier en Conseil de gouvernement, elle avait été publiée début mars au Bulletin officiel, soit six mois plus tard.
"Une tentative de désamorcer la contestation" rejetée par les syndicats
L'autre contrainte évoquée par notre interlocuteur est le calendrier. "La loi 59.24 nécessite pas moins de 34 textes d’application, dont le statut des fonctionnaires", aurait expliqué le ministère de tutelle aux syndicats. "Or, à quelques mois de la fin du mandat gouvernemental, le temps manque pour finaliser l’ensemble de ces chantiers".
Les syndicats estiment ainsi que l’option des 1.000 DH constitue une tentative de désamorcer la contestation, sans répondre au fond du problème. "Nous n'allons pas baisser les bras. Le statut fondamental des fonctionnaires de l'enseignement supérieur est notre priorité", affirme Abdellatif Aït Ben Bella.
Et de conclure : "Un tel statut n'a jamais existé. Les fonctionnaires du secteur sont depuis plusieurs années répartis sur deux catégories. Certains relèvent du ministère de l'Éducation nationale, tandis que d'autres (ingénieurs, techniciens, assistants techniques et administratifs...) relèvent de plusieurs secteurs conjoints. Ils restent ainsi dans l’expectative". La CDT continue de dénoncer ce blocage dans un communiqué publié ce lundi 13 avril.
Contacté par Médias24, le ministère de tutelle est, lui, resté injoignable au moment de la publication du présent article.
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