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Architecture et urbanisme

Urbanisme. L’arrondissement du Maârif a adopté son plan d’aménagement

À l'issue de la phase d'enquête publique, le conseil de l'arrondissement du Maârif a adopté, le vendredi 31 octobre 2025, le projet de son plan d'aménagement, et ce, malgré plusieurs remarques soulevées. Voici ce qu'en pensent les élus de l'arrondissement.

Urbanisme. L’arrondissement du Maârif a adopté son plan d’aménagement
Par A.B
Le 3 novembre 2025 à 14h02 | Modifié 3 novembre 2025 à 16h31

Le conseil de l’arrondissement du Maârif a tenu le vendredi 31 octobre 2025 une session extraordinaire, avec un point unique relatif à l’adoption du plan d’aménagement urbain du Maârif.

Dans le cadre des attributions de la commune en matière d’urbanisme édictées notamment par l’article 235 de la loi 113-14 relative aux communes, cette session permet au conseil de l’arrondissement de donner son avis sur l’établissement, la révision ou la modification de ce document d’urbanisme.

À cet effet, en présence du représentant de l’Agence urbaine, les élus ont exposé l'ensemble de leurs remarques et questionnements sur ce projet avant d’adopter à l’unanimité le projet de plan d’aménagement, avec la nécessité de prendre en compte l’ensemble des oppositions des citoyens.

De leur côté, une dizaine de citoyens de Derb Ghallef ont assisté à cette session, craignant leur relogement forcé en raison de rumeurs liées au projet de la rénovation urbaine prévue dans leur quartier.

Précédemment, nous avons détaillé le projet de ce nouveau plan d'aménagement, mettant en lumière ses principales composantes projetées : projets d’équipements urbains, nouvelle zonation, le ressort du marché de Derb Ghalef, le changement de zoning de certains quartiers…

Les recommandations de la commission de l’urbanisme

Clôturée le 10 octobre 2025, l'enquête publique a fait l'objet de 301 remarques et oppositions de la part des citoyens, comme l'a précisé le président de l'arrondissement Abdessadeq Mourchid.

À la conclusion de cette enquête publique, la Commission de l’urbanisme et de l’environnement s’est réunie le 29 octobre 2025 pour discuter des propositions des citoyens et des élus, et déterminer dans quelle mesure ce projet répond aux besoins des habitants, et ce, dans le cadre du processus d’émission d’avis par la Commission.

Derb Ghallef au cœur des débats

À cet effet, Mostafa Haiker, en sa qualité de président de la commission de l’urbanisme et de l’environnement, a présenté l’ensemble des remarques formulées lors de cette réunion. Celles-ci se sont focalisées sur plusieurs points, dont le plus controversé est le projet de rénovation urbaine de Derb Ghallef.

Pour mettre fin à toutes ces rumeurs, le Conseil demande l’adoption de solutions alternatives capables d’instaurer la stabilité sociale au sein de ce quartier historique. Il privilégie une approche participative avant toute prise de décision, qu’il s’agisse de restructuration ou de rénovation urbaine, et ce, par l’implication des représentants des habitants, de la société civile, des autorités locales et des élus, le tout dans le but de préserver les droits des habitants et la paix sociale.

À propos du marché de Derb Ghallef, l’arrondissement du Maârif demande que la vocation d'équipement public du terrain à exproprier soit actée, afin d'empêcher toute utilisation pour d'autres projets. D’autres propositions plus spécifiques ont été formulées par la commission de l’urbanisme. Elles concernent les points suivants :

  • La zonation A10, prévue pour accueillir des immeubles R+10, devrait être revue afin de créer un espace vert avec un parking souterrain.
  • Revoir l'élargissement "incompréhensible" des voies au niveau de la zone de rénovation urbaine de Derb Ghallef.
  • Unifier le zonage au sein des quartiers résidentiels afin d'éviter la présence de villas au milieu des immeubles (quartier Palmier, par exemple).
  • Modifier le zonage le long des deux côtés de la voie ferrée, en le faisant passer de D3 (zone villas) et B3s (zone urbaine mixte R+3) à B5 (zone urbaine mixte R+5).
  • Réexaminer la limite de 20% d'appartements de type studio.
  • Harmoniser la planification des voies entre le plan d'aménagement et la réalité du terrain.
  • Appliquer le principe de l'équité foncière pour déterminer l'implantation des équipements publics, des espaces verts et des voiries, tout en respectant les droits acquis des lotissements préalablement autorisés et réceptionnés.

Après son adoption en conseil d’arrondissement du Maârif, ce projet de plan d’aménagement devrait être adopté par la commune de Casablanca dans sa prochaine session avant d’être remis au département ministériel chargé de l’urbanisme pour statuer sur les remarques et propositions. Le plan d’aménagement ne commencera à produire ses effets qu’après sa publication dans le Bulletin officiel.

Les élus de la majorité et de l’opposition refusent le relogement des habitants de Derb Ghallef en dehors de leur quartier

Dans le cadre de l'examen du plan d'aménagement, la majorité et l'opposition du conseil d'arrondissement se sont montrées unanimes pour rejeter tout relogement des habitants de Derb Ghallef en dehors de leur quartier.

Les conseillers demandent que le projet de plan d’aménagement prenne en compte les opportunités économiques, à la même échelle que les opportunités sociales, et qu'il fasse preuve de clarté envers les citoyens.

Les interventions des élus se sont principalement focalisées sur le projet de rénovation urbaine de Derb Ghallef, décrit sans détails clairs concernant l'avenir de ce quartier historique casablancais, situé au cœur du Maârif.

À cette fin, le député parlementaire Abdessamad Haiker a proposé de lever l'ambiguïté et d'apaiser la crainte d'un relogement qui s'est propagée parmi les habitants. Il suggère pour cela de s'orienter vers une restructuration urbaine plutôt que vers la rénovation urbaine prévue dans le projet de plan.

Par ailleurs, les élus ont exprimé leurs points de vue concernant le classement des bâtiments historiques du Maârif. Si une majorité s'accorde sur l'importance de préserver le patrimoine, d'autres ont déploré le manque de clarté de ce classement dans le document d'urbanisme.

Ils ont souligné que cette ambiguïté risque de porter atteinte aux droits de propriété des habitants, en limitant leur capacité à obtenir des autorisations de construire ou des permis de réviction normaux. Le caractère arbitraire du classement a également été pointé du doigt, certains notant que des immeubles similaires, situés dans la même rue, n'étaient pas traités de manière uniforme. Enfin, ils ont alerté sur le fait qu'en l'absence d'un cadre réaliste de préservation et de valorisation, ces bâtiments historiques continueraient à se dégrader.

D'autre part, les élus ont constaté l'absence de protection effective des espaces verts, alors que nombreux sont ceux qui se trouvent dans un état de dégradation avancée et nécessitent des travaux urgents d'aménagement et de sauvegarde.

S’ajoute à cela le fait que le zonage n'a pas beaucoup évolué et impose de fortes limitations en matière de hauteur d'immeubles, ce qui ne permet pas de renforcer l'attractivité souhaitée. Les élus se sont ainsi interrogés : pourquoi ne pas autoriser des constructions jusqu'à R+7 et ainsi saisir l'ensemble des opportunités qui pourraient être créées au niveau du quartier ?

Alors que de grands projets ont été initiés dans d'autres arrondissements, notamment à Sidi Othmane, l'opposition craint que le Maârif ne perde son attractivité économique, commerciale et de services, si ce plan d'aménagement ne propose pas de véritables alternatives pour la maintenir.

Enfin, sur un plan plus global, les élus s'interrogent sur la compatibilité du plan d'aménagement du Maârif avec les documents d'urbanisme des autres arrondissements, afin d'assurer une unité urbaine et une complémentarité des équipements à l'échelle de la ville.

Les réactions de l'Agence urbaine aux remarques des élus

De son côté, le représentant de l’Agence urbaine, Aberahim Amrani, a rappelé que l’ensemble des remarques et propositions, formulées lors de l’enquête publique et par la commission de l’urbanisme, seront examinées attentivement dans les prochaines semaines par le comité central.

Ce comité, auquel se joindront également la présidente de la commune de Casablanca et le président de l’arrondissement du Maârif, travaillera à améliorer, perfectionner et renforcer la qualité de ce document d’urbanisme afin de le rendre réalisable et catalyseur du développement souhaité.

Concernant les remarques des élus, le représentant de l'Agence a souligné que le diagnostic des problématiques n’était pas divergent entre les élus et l’agence urbaine. La différence réside seulement dans la manière de mise en œuvre. Il a également expliqué que la complémentarité entre les arrondissements est prise en compte lors de l’élaboration des plans d’aménagement des arrondissements de Casablanca, permettant une meilleure efficience de la planification urbaine.

L’élaboration de ce plan d’aménagement a dû faire face à la problématique du faible taux de réalisation des équipements prévus par l’ancien plan d’aménagement de 2014, ne dépassant pas le quart de ce qui était prévu. Or, selon l’article 28 de la loi 12.90 relative à l’urbanisme, aucune nouvelle déclaration d'utilité publique visant le même objet ne peut intervenir sur les zones réservées auxdits équipements avant un délai de dix ans. Dans le cas du Maârif, la rareté du foncier a rendu la programmation des équipements dans le cadre du nouveau plan d’aménagement une tâche extrêmement délicate.

Concernant le projet de Derb Ghallef, le représentant de l’Agence urbaine a précisé qu’il ne s’agit pas d’une requalification ou restructuration urbaine, mais bel et bien d’un projet de rénovation urbaine, avec tout ce que ce mot implique techniquement.

Ce quartier, à l'image d'autres secteurs sous-équipés tels que Derb Moulay Chérif et l'ancienne Médina, souffre d'un grave déficit en normes de sécurité et d’hygiène. La résurgence de maladies liées au manque de lumière et d’aération, comme la tuberculose, a imposé une action urbaine urgente pour garantir aux citoyens la dignité et le droit à un logement décent.

L'Agence urbaine a clarifié qu'il n'est pas question de reloger les habitants en dehors de Derb Ghallef, mais de mener une opération de rénovation sur place. Aucune action ne sera toutefois engagée avant la réalisation d'une étude technique qui intégrera en priorité les dimensions sociale et historique du quartier. Cette étude sera menée dans le cadre d'une approche participative, impliquant, outre le ministère de tutelle, l'arrondissement du Maârif, la commune de Casablanca et l'administration territoriale compétente, présidée par le wali.

L’Agence urbaine reconnaît la problématique du manque d’espaces verts et de parkings, dont l'offre reste insuffisante dans ce plan d’aménagement, et ce, en raison de la rareté du foncier disponible et d'une densité de bâtiments très élevée. En revanche, elle propose de rehausser le taux des espaces verts, qui ne dépasse actuellement pas 1,14 dans les quartiers de l’arrondissement par l’adoption de la labellisation d’éco-quartier au niveau de l’arrondissement.

Les principaux changements apportés par le plan d’aménagement du Maârif

  • Le nouveau plan d’aménagement n’a pas connu de modifications dans le zoning. Le principal changement concerne le triangle de Franceville, désormais classé pour des immeubles R+3 et non plus en zones villas.
  • En réponse aux demandes des professionnels de tourisme, une limite de 20% a été définie pour les autorisations de studios sur l'ensemble de l'arrondissement, avec une superficie ne dépassant pas 60 m².
  • Les habitants de Derb Ghallef concernés par la rénovation urbaine ne seront pas relogés ailleurs. Une commission préfectorale sera chargée de déterminer les dispositions les plus justes pour leur garantir de meilleures conditions de vie.
  • La conception initiale du nouveau marché de Derb Ghallef a été dévoilée. Ce projet de revalorisation sur place prévoit un marché couvrant l'ensemble des activités actuelles, accompagné d'un parking, une zone logistique et d'espaces verts aménagés. L'architecture proposée s'articulera autour de plusieurs modules en forme de losanges.
  • À Bachkou, le terrain vacant sera aménagé en un nouveau pôle multimodal, accueillant des activités commerciales, résidentielles et de services situés dans un emplacement stratégique près de l’autoroute urbaine et la gare ferroviaire de Casa Oasis.
  • Le plan prévoit la création d'une cité de santé de Casablanca sur le site actuel du CHU. Une étude technique déterminera les modalités d'aménagement, avec la possibilité de développer une tour sur une trentaine d’étages, à l'image de l'hôpital Ibnou Sina de Rabat en cours de construction.
  • Après son adoption par le conseil d'arrondissement du Maârif, le plan d'aménagement sera examiné par la commune de Casablanca, puis soumis à l'examen du comité central, dernière étape avant son adoption définitive.
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Par A.B
Le 3 novembre 2025 à 14h02

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