Maroc Telecom : rebond boursier, 5G et nouvelles ambitions

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Par | Le 9/9/2025 à 16:52
En hausse de 51% depuis le début de l’année, Maroc Telecom retrouve la confiance des investisseurs. Avec le lancement de la 5G, l’expansion africaine et la modernisation des infrastructures, l’opérateur historique affiche désormais un potentiel boursier renforcé sur la place casablancaise.

L’opérateur Maroc Telecom, deuxième capitalisation boursière au Maroc, évolue aujourd’hui dans un environnement marqué par plusieurs caractéristiques dont la concurrence.

Depuis le début de l’année 2025, l’action IAM a gagné 51% en bourse. Elle a ainsi atteint un cours de 125 DH à la clôture du 8 septembre, portant sa capitalisation à 109,8 MMDH, soit un peu plus de 10% de la capitalisation totale de la place casablancaise.

Il convient de rappeler qu’en mars dernier, AGR avait relevé son cours cible à 122 DH.

Quel avenir pour Maroc Telecom en bourse ?

"Aujourd’hui, la situation de IAM est différente, elle a retrouvé de la stabilité, les investisseurs sont plus confiants et la stratégie du nouveau management apporte une meilleure visibilité", commente un analyste de marché.

Dans ce sens, l’écart reste élevé entre Attijariwafa bank, qui pèse plus de 165 MMDH de capitalisation, contre environ 109 MMDH pour IAM, soit un différentiel proche de 57 MMDH.

"Pour qu'IAM redevienne la première capitalisation, il faudrait non seulement une performance boursière exceptionnelle, mais aussi une stabilisation durable des revenus et des marges, notamment grâce aux relais africains et aux nouvelles technologies comme la 5G et la fibre", estime-t-il.

"De ce fait, le potentiel existe, mais à court terme, l’écart avec Attijariwafa bank est trop important pour envisager un renversement rapide. On parle ici d’une trajectoire de moyen à long terme, pas d’un rattrapage en quelques mois", estime-t-il.

Au-delà de son potentiel de revalorisation, Maroc Telecom reste avant tout une valeur de rendement très recherchée sur la place casablancaise. Les projections actuelles tablent sur un dividende par action cible de 5 DH à moyen terme, ce qui offre ainsi un rendement moyen estimé à 4,4% sur la période 2025-2028.

Ce niveau de distribution suppose une normalisation du payout autour de 70%, contre 100% historiquement. Un tel ratio serait jugé soutenable grâce à la solidité des flux de trésorerie du groupe et à une gestion maîtrisée de ses investissements.

Le titre a toujours montré une sensibilité marquée à l’évolution des taux longs, notamment sur les BDT à 5 ans et 10 ans. Dans un contexte de détente monétaire, il bénéficierait mécaniquement d’un soutien supplémentaire sur le plan boursier.

À l’horizon 2028, le marché anticipe une valorisation du titre sur la base d’un P/E de 15,7x, pour un rendement dividende de 4,6%, une combinaison qui reflète le profil défensif et stable de Maroc Telecom et conforte son image de valeur patrimoniale privilégiée par les investisseurs de long terme.

"Depuis son introduction en bourse en 2004, Maroc Telecom a longtemps été le poids lourd incontesté de la place casablancaise. Pendant près de vingt ans, l’opérateur historique a régné sans partage sur le classement des capitalisations boursières, loin devant toutes les autres valeurs du marché", rappelle un analyste de marché.

"Mais le 30 décembre 2022, un premier signal est venu troubler cet ordre établi. Donc, pour la première fois depuis son IPO, Maroc Telecom s’est fait dépasser par Attijariwafa bank en capitalisation boursière. C’était un choc symbolique", poursuit-il.

"Dès le 2 janvier 2023, Maroc Telecom a repris sa place en tête, avec un écart de 2,8 milliards de dirhams en sa faveur".

"Mais le répit sera de courte durée. Car en février 2023, Attijariwafa bank est repassée devant à plusieurs reprises, et le 21 février 2023, elle a repris définitivement la première place. Depuis, l’écart n’a cessé de se creuser, confirmant un changement historique à la Bourse de Casablanca", commente-t-il.

"À l’époque, les raisons étaient évidemment connues. La descente aux enfers du titre Maroc Telecom avait commencé dès 2020, avec la crise sanitaire, mais surtout la lourde amende de 3,3 milliards de dirhams infligée cette année-là par l’ANRT pour abus de position dominante. Une deuxième sanction de 2,45 milliards en 2022 est venue accélérer la chute et un troisième décaissement de 6,4 milliards relatif au litige Wana Corporate en 2024".

"Entre janvier 2020 et mars 2023, le titre a perdu la moitié de sa valeur, effaçant plus de 70 milliards de dirhams de capitalisation".

Les facteurs qui bénéficient au secteur des télécommunications

"Le lancement commercial de la 5G en novembre 2025, en parfaite synchronisation avec la CAN 2025, marque le début d’une nouvelle ère pour l’infrastructure numérique du Royaume", rappelle BKGR.

"La 5G en constitue désormais le catalyseur stratégique, porteur d’opportunités économiques évaluées entre 4 Md et 6 Md USD d’ici 2030, soit 1,5% à 2% du PIB projeté, avec des objectifs précis : une couverture minimale de 8 villes et leurs aéroports d’ici novembre 2025, 25% de la population d’ici fin 2026 et 70% fin 2030".

Ainsi, "la préparation de ces compétitions internationales s'accompagne d'exigences technologiques strictes définies par la FIFA afin de garantir une transmission médiatique mondiale ininterrompue de tous les matchs, intégrant une connectivité internationale par fibre optique et des infrastructures de télécommunications de pointe".

"Le lancement se fera dans un premier temps via la technologie 5G NSA (Non Stand Alone), s’appuyant sur l’infrastructure 4G existante pour un déploiement plus rapide et moins coûteux. La migration vers la 5G SA (Stand Alone), offrant une latence inférieure à 1 milliseconde et une capacité multipliée par dix, interviendra progressivement d’ici 2030 afin de répondre aux usages les plus exigeants (industrie 4.0, santé connectée, smart cities)".

Dans ce sens, le marché télécom marocain entre dans une nouvelle phase de consolidation et de modernisation de ses infrastructures. En mars 2025, IAM et Inwi ont scellé une alliance historique en annonçant la création de deux joint-ventures destinées à mutualiser les infrastructures passives du réseau.

Concurrence et parts de marché

"Le marché marocain des télécommunications se distingue par une concurrence accrue entre les trois opérateurs majeurs aux parts de marché très proches, illustrant la maturité du secteur et l’efficacité de la régulation mise en place par l’ANRT".

"Sur le segment mobile, Medi Telecom domine légèrement avec 34,14% de parts, suivi de Wana Corporate à 33,23% puis IAM à 32,63%. Cette répartition quasi équilibrée reflète un marché mobile très concurrentiel, où les opérateurs rivalisent d’innovations pour capter de nouveaux usages numériques".

"Maroc Telecom continue de perdre des parts depuis 2020 mais demeure en tête du marché avec une PDM de 52,7% (vs 59,2% au T1 2024), suivi de Medi Telecom avec 27,1% (vs 23% un an auparavant) et Wana Corporate avec 20,2% (vs 17,8% à fin mars 2024)".

"L’asymétrie tarifaire actuellement imposée à l’opérateur historique, qui l’oblige à pratiquer des tarifs inférieurs à ceux de ses concurrents, va à l’encontre de cette dynamique. Partant, si elle est maintenue, elle fausserait l’équilibre concurrentiel en favorisant les acteurs alternatifs au détriment de la rentabilité de l’opérateur dominant".

"Sous sa marque Moov Africa, le groupe est présent dans 11 pays d’Afrique subsaharienne, ce qui lui procure environ la moitié de ses 79,3 millions de clients et 45% de ses revenus".

"IAM poursuit ainsi une stratégie duale : défendre son leadership au Maroc tout en consolidant sa croissance à l’international".

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Source: medias24.com

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