L'or se négocie à 2.730 dollars l'once : un nouveau record en attendant le prochain
Alors que l'anticipation d'une élection présidentielle serrée aux États-Unis, conjuguée aux tensions persistantes au Moyen-Orient, a renforcé la demande pour les valeurs refuges, les prix de l'or ont atteint un nouveau sommet, prolongeant ainsi une série de hausses continues. Les contrats à terme sur l'or pour livraison en décembre ont grimpé à 2.764,15 dollars l'once, ce qui est généralement interprété comme un signe de demande accrue et d'anticipation d'une hausse future des prix.
Sans surprise, l'or poursuit son ascension vertigineuse, sans le moindre signe de ralentissement. La demande de valeurs refuges a permis à l'or d'ignorer largement la pression d'un dollar plus fort et de la hausse des rendements des bons du Trésor. Cette fois encore, un nouveau record est pulvérisé. En fait, durant l’année 2024, l’or franchit pour la 7e fois un nouveau record. Abracadabrant !
Au moment de la rédaction de cet article (24 octobre 2024), les prix du marché "spot" de l'or dépassent les 2.730 dollars l'once. Un seuil autrefois inimaginable, et pourtant aujourd'hui bien réel.
En l'espace d'une seule année, entre octobre 2023 et octobre 2024, l'or a bondi de plus de 1.000 dollars l'once, passant de 1.700 à plus de 2.730 dollars, soit une envolée spectaculaire de 37,7%.
Médias24 avait déjà minutieusement analysé les facteurs à l'origine de cette hausse vertigineuse des prix de l'or. Toutefois, deux éléments semblent désormais propulser l'or vers de nouveaux sommets : les élections américaines, et les tensions croissantes entre Israël et l'Iran.
Ainsi, l'attente de la riposte israélienne, qualifiée d'inévitable par le président de l'Etat hébreu, alimente une demande en or quasi automatique, comme une avalanche qui ne cesse de s'amplifier.
De même, les récents signes de résilience de l'économie américaine ont alimenté les anticipations selon lesquelles la Fed réduirait ses taux de 25 points de base en novembre 2024, ce qui renforce la demande pour l'or.
Selon UBS, la demande de valeurs refuges devrait continuer à soutenir l'or dans les 6 à 12 prochains mois
À chaque fois que la demande dépasse l'offre, les prix s'envolent, et cette hausse nourrit elle-même l'idée d'une nouvelle flambée potentielle, incitant les investisseurs à se précipiter encore davantage sur le métal précieux.
Ce qui rend cette ascension particulièrement fascinante, c'est la nature intrinsèque de l'or. Contrairement aux cryptomonnaies, telles que le bitcoin qui avait frôlé les 57.000 dollars l’unité en octobre 2021 avant de s'effondrer à 22.000 dollars en juin 2022, pour ensuite rebondir aux environs de 66.000 dollars en octobre 2024, l'or ne subit pas de fluctuations aussi brutales. Sa valeur est enracinée dans sa matérialité. De ce fait, les niveaux atteints par l'or semblent quasiment inébranlables.
Aujourd'hui, avec un prix de 2.730 dollars l'once, il paraît hautement improbable que l'or retombe à 2.500 dollar l'once, voire à 2.600 dollars. Et cela s'explique par le fait que personne n'a intérêt à acheter de l'or à 2.700 dollars pour le revendre à perte.
Si les prix venaient à baisser, les investisseurs préféreraient conserver leur or plutôt que de le vendre à perte, ce qui maintiendrait les prix à des niveaux élevés. Contrairement à d'autres actifs comme les cryptomonnaies ou les actions, l'or conserve sa valeur intrinsèque, ce qui en fait un refuge indéfectible en période d'incertitude.
Au Maroc, la situation demeure floue
Lorsque les prix mondiaux ont franchi la barre des 2.600 dollars l'once, des tensions ont immédiatement émergé sur le marché national. Certains distributeurs, influencés par des rumeurs, avaient anticipé une hausse des prix au-delà de 1.000 DH le gramme avant la fin de l’année 2024.
Cette anticipation a provoqué une flambée des prix, dépassant les valeurs de référence du marché, ce qui a entraîné un boycott généralisé et la fermeture temporaire de nombreuses bijouteries.
Aujourd'hui, alors que les prix atteignent des sommets historiques, la réaction des bijoutiers est scrutée. Le prix de 2.730 dollars l'once correspond à plus de 950 DH le gramme. Autrement dit, le prix brut, sans inclure les chutes ou les marges liées à l'artisanat ou à la valeur ajoutée esthétique, avoisine déjà les 1.000 DH le gramme, un seuil autrefois jugé improbable.
Il est important de souligner que les prix internationaux concernent principalement l’or pur de 24 carats (une pureté de 99,9%). Au Maroc, en revanche, l'or le plus couramment échangé est de 18 carats, avec une teneur de 75% d'or, ce qui crée une différence significative dans les prix. Ainsi, sur le marché international, l'or de 18 carats est évalué à environ 2.036 dollars l'once le 24 octobre 2024, soit approximativement 650 DH le gramme.
Selon Driss El Hazzaz, président de la Fédération nationale des bijoutiers, la situation actuelle est relativement stable. "À 720 DH le gramme, les prix restent élevés, alors qu’ils devraient se situer autour de 680 DH au maximum, soit un écart de 30 DH par gramme par rapport aux cours internationaux (650 DH). Nous espérons une baisse prochaine des prix. Grâce à notre boycott, les prix ont déjà chuté de 750 à 720 DH. Nous avons repris nos activités le 23 octobre et continuons à suivre de près l’évolution du marché", conclut-il.
À découvrir
à lire aussi
Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.
Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.
Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.
Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.
Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.