Infrastructure, sécurité et capital humain... les défis de l'intégration économique en Afrique
Bank Al-Maghrib et ses partenaires saisissent les Journées internationales de macroéconomie et de finance pour discuter des opportunités et des défis d’une intégration économique effective en Afrique. Détails.
Le mercredi 22 mai 2024, Dakhla a accueilli les Journées internationales de macroéconomie et de finance (JIMF), placées cette année sous le thème "Intégration économique en Afrique : la voie vers un avenir plus prospère".
Organisé en partenariat par Bank Al-Maghrib, l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, la Région Dakhla-Oued Eddahab et l'Université de Bâle, cet événement a réuni des sommités du monde économique et académique.
Point de départ du débat : l’Afrique est très peu intégrée. Comme l'a affirmé le gouverneur de Bank Al-Maghrib, lors de son allocution inaugurale. Abdellatif Jouahri a rappelé que la part du commerce intrarégional dans le total des échanges internationaux des pays africains est limitée à 12%, contre 60% en moyenne pour l’Europe et l’Asie.
Il a cependant salué des initiatives comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui constitue une lueur d’espoir au regard de ses retombées potentielles.
Selon des simulations effectuées par le FMI, citées par Abdellatif Jouahri, la mise en place de cette zone – si elle s'accompagne de réformes facilitant les échanges – pourrait augmenter la médiane des échanges commerciaux de l’Afrique avec le reste du monde de 15%, et avec les pays africains de 53% ; ce qui contribuerait à une hausse du PIB médian par habitant de plus de 10%. Elle permettrait également, selon les mêmes estimations, de sortir plus de 30 millions de personnes de l'extrême pauvreté.
Un potentiel qui fait face à des défis et à de nombreux obstacles structurels que le continent est appelé à surmonter.
Défis de l'intégration économique
L'intégration économique en Afrique, bien que progressive, rencontre de nombreux défis. Les intégrations régionales telles que l'Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), et la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) n'ont pas pleinement concrétisé leurs objectifs, mettant en évidence les difficultés persistantes dans la mise en œuvre des dispositifs de ces communautés. Malgré cela, l'espoir réside dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Ainsi, la pleine réalisation de cette intégration économique requiert de surmonter d'importants défis. La construction d'infrastructures essentielles telles que les ports, les routes et les chemins de fer est cruciale, mais demande des investissements massifs dans plusieurs pays du continent. De plus, dynamiser le secteur privé et soutenir les PME est indispensable, tout comme investir dans le capital humain.
En outre, des réformes fiscales appropriées sont nécessaires pour favoriser l'ouverture commerciale et encourager l'intégration économique.
Parallèlement, la sécurité est un prérequis indispensable à l'intégration économique. Or l'Afrique est confrontée à des défis sécuritaires majeurs, avec des conflits géopolitiques persistants, en particulier dans les régions centrales et sahéliennes du continent.
Ces échanges ont souligné l'urgence d'une coopération renforcée et d'une stratégie commune pour exploiter pleinement le potentiel économique de l'Afrique, assurant ainsi un avenir prospère pour l'ensemble de ses populations.
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