Une première. Le prix de l’agneau atteint 120 DH le kilo, sortie abattoirs, du jamais vu
Le prix de la viande rouge a atteint des niveaux très élevés, sortie abattoirs, apprend Médias24 auprès d’une source de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR). Il risque d’augmenter davantage, au moins jusqu’à la fin du mois d’avril. Détails.
"L’agneau a atteint 120 DH/kg sortie abattoirs, tandis que le bovin est à 90-100 DH/kg", nous confie notre interlocuteur. "C’est la première fois que les prix de la viande rouge atteignent de tels niveaux à l’étape sortie des abattoirs", ajoute-t-il.
Le prix final payé par le consommateur sera plus élevé, puisque des marges seront ajoutées durant toutes les étapes du circuit de distribution.
Juste avant le mois de Ramadan, les prix étaient relativement stables. Le prix de la viande bovine variait entre 73 et 75 DH/kg à une quinzaine de jours du mois de ramadan, contre 92 à 94 DH/kg pour la viande ovine au marché de gros de Casablanca. A la troisième semaine du mois sacré, une augmentation notable a été enregistrée pour les prix de gros, avec une différence de 3 DH/kg pour les ovins et de 5 DH/kg pour les bovins en termes de prix minimum, et de 2 DH/kg pour les ovins et de 4 DH/kg pour les bovins en termes de prix maximum.
La hausse s’est poursuivie durant la quatrième semaine du Ramadan, jusqu’à atteindre les niveaux de prix actuels, jamais connus pour la viande rouge, à l’étape sortie des abattoirs. Les prix actuels au marché de gros de Casablanca ne sont pas disponibles. Les derniers prix affichés par Casa Prestations remontent au 3 avril. Des mises à jour hebdomadaires sont effectuées par la SDL chaque semaine, lesquelles ont coïncidé cette semaine avec Aïd Al Fitr.
Due à la sécheresse, cette hausse devrait se poursuivre
Qu’est-ce qui explique cette hausse ? Selon notre interlocuteur, ce n’est un secret pour personne. "La sécheresse continue d’impacter le cheptel, dont l’état ne cesse de se détériorer", en particulier pour les ovins.
"Cette hausse devrait se poursuivre durant les prochains jours, au moins jusqu’à fin avril", voire davantage.
Les dernières pluies ont donc été sans grand impact pour le cheptel ovin, dont les naissances restent faibles cette année.
Pour l’agneau, la situation risque de se dégrader à l’approche de Aïd Al Adha
"La situation pourrait se dégrader davantage à l’approche de Aïd Al Adha", ajoute notre source, d’où l’instauration par le gouvernement d’une prime de 500 DH par tête sur l’importation des ovins, en prévision de cette fête.
Cette mesure vise d’une part à atténuer les coûts élevés de l’importation, et par ricochet à maintenir les prix sur le marché local, mais aussi à préserver le cheptel actuel qui a besoin de se reconstituer suite à la baisse remarquable qu’il a connue en raison de la sécheresse.
Pour rappel, 300.000 têtes sont prévues à l’importation jusqu’au 15 juin, notamment d’Espagne. Chaque engagement déposé par les importateurs doit porter sur un effectif minimum de 1.000 têtes, d’un poids fixé à 30 kg/ tête, avec une tolérance de 5%.
Cette mesure pourrait ainsi redynamiser les importations qui étaient à l’arrêt, notamment après la décision du gouvernement d’arrêter, au début de l’année, les subventions accordées aux importateurs sur ce segment.
Par ailleurs, outre l’état du cheptel, l’autre problématique du secteur est relative à la baisse du pouvoir d’achat du consommateur.
Qu’en est-il du bovin ?
Pour les bovins, outre la sécheresse, la hausse des prix s’explique également en partie par un quasi-arrêt des importations des viandes de l’étranger depuis le début de l’année, malgré la reconduction par le gouvernement de la mesure visant à dispenser les importateurs de bovins de la TVA de 20% et des droits de douane de 200%.
Cela s’explique notamment par le protocole sanitaire exigé par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), jugé assez strict par les exportateurs.
En plus des contrôles habituels, des analyses exigées par l’Office peuvent durer jusqu’à 45 jours, ce qui irrite les exportateurs étrangers, espagnols notamment, qui partent à la recherche d’autres marchés plus intéressants et plus faciles à l’entrée.
Ces mesures de contrôle ont été renforcées pour prévenir les maladies, suite à l’apparition, l’année passée, d’une nouvelle maladie en Espagne, qui avait contraint les importateurs marocains à arrêter de transiter par l’Espagne pendant plus d’un mois.
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