À une quinzaine de jours du Ramadan, stabilité de la volaille et des légumes, augmentation prévue pour la viande rouge
À moins de deux semaines du mois de Ramadan, les prix des légumes et des viandes blanches se maintiennent. Les prix des viandes rouges pourraient cependant augmenter, vu que l'offre est inférieure à la demande.
Plus qu'une quinzaine de jours nous séparent du début du mois sacré, prévu le 12 mars prochain selon les calculs astronomiques. La situation d’approvisionnement des marchés nationaux est normale et les stocks sont disponibles, selon les conclusions des recherches de terrain menées dans les différentes préfectures et provinces du Royaume par la commission interministérielle de veille et de suivi de l’état d’approvisionnement des marchés, réunie le 9 février dernier.
La production prévisionnelle et l’offre devraient également être disponibles lors des prochaines semaines. Mais qu’en est-il des prix ? Médias24 a sondé différents acteurs, qui nous ont confirmé la stabilité des prix des légumes et des viandes blanches. Les prix de la viande rouge pourraient toutefois augmenter, vu que l'offre actuelle est inférieure à la demande.
Les trois principaux légumes en dessous de 2 DH/kg sortie ferme
Les prix des légumes, en baisse depuis plusieurs semaines à cause de la hausse de la température, sont toujours stables, apprend Médias24 auprès de Lahoucine Aderdour, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d'exportation des fruits et légumes.
"Les trois principaux légumes consommés par les Marocains, à savoir les tomates, les oignons, et les pommes de terre sont en dessous de 2 DH/ kg, sortie ferme".
En effet, comme le montrent les infographies ci-dessous, les prix des légumes continuent de baisser depuis le début de l’année courante.
Les prix affichés ci-dessous sont ceux du marché de gros de fruits et légumes de Casablanca, et remontent au 21 février dernier. Ils seront actualisés ce mercredi 28 février.
Le kilogramme de tomates varie ainsi entre 1,5 et 3,2 DH/ kg. Le prix des oignons se situe, lui, entre 3 et 5 DH/ kg, tandis que celui de la pomme de terre varie entre 1,8 à 3 DH/ kg . Le prix des carottes varie quant à lui entre 1,3 et 2,3 DH/kg contre 2 et 7 DH/kg pour les courges.
Selon notre interlocuteur, "il est prévu que les prix resteront bas durant le mois sacré, vu les fortes températures qui persistent".
Outre la hausse de la température, d’autres facteurs impactent les prix des légumes à la baisse, notamment la hausse par la Mauritanie de ses taxes sur l’importation des produits marocains, ce qui a augmenté l’offre au niveau national.
Viande de volaille : stabilité des prix au début du Ramadan, et légère hausse prévue à la fin du mois
En ce qui concerne les viandes de volaille, les prix se maintiennent depuis quelques semaines. Le kilogramme de la volaille, sortie ferme, est actuellement à 16 DH, apprend-on auprès de l’Association nationale des producteurs des viandes de volailles (APV) relevant de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA). Rappelons-le, il s’agit du prix de revient dans le secteur.
"Le kilogramme est proposé à 20 DH au client final, si l’on ajoute tous les frais, de transport notamment, estimés à 4 DH/kg", ajoute notre source
Qu'en est-il pour le mois de Ramadan ? "Les prix devraient rester stables au début du mois. Généralement, ils augmentent durant la deuxième quinzaine du mois sacré, en particulier à l’approche de Laylat Al Qadr, mais la hausse devrait rester minime".
"Toutefois, la question de la rareté de l’eau commence à se faire sentir au niveau des fermes. Certes, pour le mois de Ramadan, l’approvisionnement sera suffisant pour répondre à la demande. Mais si rien n’est fait pour pallier ce problème, il y aura un manque de volaille en terme de production durant l’été prochain".
"Les autorisations de creusement ont été bloquées par les autorités locales, et des restrictions sont enregistrées pour les autorisations de transfert d’eau. Certaines fermes se sont alors arrangées pour réduire leur production, tandis que d’autres vont l’arrêter, puisqu’elles ne s’en sortent pas. Des dispositifs sont ainsi urgents pour compenser ce manque d’eau", conclut notre interlocuteur.
Qu’en est-il des viandes rouges ?
Pour ce qui est des viandes rouges, les prix restent relativement constants, comme prévu il y a quelques semaines par la profession. Le prix de la viande bovine varie entre 73 et 75 DH/kg, contre 92 et 94 DH/ kg pour la viande ovine au niveau du marché de gros de Casablanca.
Notons toutefois que ces prix peuvent varier selon les quartiers et la qualité. Le prix de la viande ovine peut ainsi atteindre jusqu'à 95 à 100 DH/ kg, contre environ 90 DH/ kg pour la viande bovine.
Selon des professionnels du secteur contactés par Médias24, les prix devraient augmenter durant le mois de Ramadan, mais l'augmentation ne sera pas spectaculaire. Celle-ci est principalement expliquée par un quasi arrêt des importations des viandes de l'étranger, malgré la reconduction des mesures mises en place par le gouvernement visant à dispenser les importateurs de la TVA de 20% et des droits de douane de 200%.
"Le protocole sanitaire exigé par l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est assez strict pour prévenir les maladies", nous explique notre interlocuteur. "Dans ce dernier, il est prévu, en plus des contrôles habituels, des analyses qui peuvent durer jusqu'à 45 jours. Les exportateurs espagnols en particulier refusent alors de jouer le jeu et estiment qu'il est plus intéressant de partir sur d'autres marchés".
Pour ce qui est de la viande ovine, "outre l'arrêt des exportations, le gouvernement a arrêté les subventions accordées aux importateurs sur ce segment, les agneaux à engraisser sont très chers, et il n'y a pas beaucoup de naissance cette année, ce qui impacte l'offre sur le marché, laquelle est plus faible que la demande".
"Pour Ramadan, les prix pourraient augmenter au début du mois, pour ensuite baisser durant la seconde semaine. Ils devraient encore augmenter en fin du mois, à l'approche de l'Aid Al Fitr notamment", conclut notre source.
À découvrir
à lire aussi

Article : Amendement du projet de loi sur les avocats : les experts-comptables rassurés, les barreaux vent debout
En commission, les députés ont apporté de nombreux amendements au texte. Ils ont corrigé la rédaction de l’article 33 au grand bonheur des experts-comptables. Mais la dernière version du texte ne satisfait pas, dans son ensemble, les robes noires qui entendent poursuivre leur mobilisation contre le texte. Voici une revue des amendements adoptés.

Article : Météo du lundi 18 mai 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 18 mai 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Article : Perdre la vue et même la vie, les médecins alertent sur les dangers de la médecine esthétique non encadrée
Injections pratiquées sans supervision médicale, lasers utilisés dans des structures non autorisées, produits injectables de contrebande… Face à la banalisation des actes de médecine esthétique au Maroc, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Car l’absence d’encadrement médical expose les patients à des complications graves. Parfois irréversibles.

Article : Le football, nouvelle conquête des géants de l’IA : ce que révèle l’accord Gemini-FRMF
Le 12 mai, la FRMF annonce Google Gemini comme sponsor officiel IA des Lions de l’Atlas pour la fenêtre du Mondial 2026. Un contrat pilote, dont le montant reste confidentiel, révélateur d'une stratégie plus large où Google cherche à utiliser la puissance émotionnelle du football pour installer les usages grand public de l’IA générative, avant une éventuelle extension à la performance sportive, au scouting et à l’analyse tactique.

Article : Abdelmalek Alaoui : le Maroc, puissance régionale et puissants défis en perspective
Invité de l'émission le 12/13 de Médias24, l'économiste et président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique Abdelmalek Alaoui revient sur les thèses de son dernier ouvrage, "Maroc, le défi de la puissance". L'ouvrage propose une réflexion sur la manière dont un État parvient à transformer ses contraintes géographiques et politiques en leviers d'influence.

Article : OPCI : la croissance se confirme, l’ouverture au grand public reste le prochain cap
Avec plus de 133 MMDH d’actif net sous gestion, les OPCI ont changé d’échelle au Maroc. Mais malgré la progression rapide des encours, le marché reste dominé par les véhicules réservés aux investisseurs qualifiés. Pour Noreddine Tahiri, dirigeant d’Aegis Partners, l’enjeu porte désormais sur la capacité du secteur à élargir sa base d’investisseurs, à poursuivre sa normalisation et à mieux faire comprendre la logique de long terme de ce placement.


