Comment Sonasid a maintenu sa rentabilité malgré une conjoncture défavorable

| Le 28/3/2024 à 16:17
Le groupe a connu une baisse des marges et de la rentabilité en 2023 du fait d'un contexte global défavorable. Les cinq années qui arrivent s'annoncent meilleures avec des piliers de demandes importants dans le sillage des infrastructures hydrauliques dans le Royaume et de la CDM 2030. Le groupe développe son fil précontraint dans sa nouvelle usine de Nador et débutera la commercialisation au T4-2024.

L’année 2023 a été compliquée pour le groupe, mais il a pu faire face à la mauvaise conjoncture en restant dans le vert côté profitabilité. Il a affiché un chiffre d’affaires en légère hausse de 2% à près de 5 MMDH avec une amélioration de 9% de ses volumes de ventes. Une prouesse notable dans un marché de la construction globalement stagnant. En revanche, le résultat d’exploitation consolidé a baissé de 28% à 117 MDH et les bénéfices consolidés ont reculé de 24% à 65 MDH.

Cette baisse de la profitabilité et des marges s’explique principalement par la dégradation des spreads entre la matière première qu’est la ferraille, et le rond à béton sur le marché international. "Cette tendance s’explique par la faible demande en Europe dans un contexte inflationniste et une reprise des exportations chinoises à leur plus haut niveau depuis 2016", a expliqué durant la conférence sur les résultats financiers du groupe, Assia Baraka, directrice communication et marketing du groupe. De fait, les prix de vente ont naturellement baissé et Sonasid a perdu en marge.

Cependant le groupe a pu compter sur son plan stratégique pour limiter les dégâts.

Sans les initiatives stratégiques, le groupe aurait été déficitaire

Malgré la baisse des marges et des prix de vente, le groupe a maintenu des bénéfices en 2023. Cela est principalement le fruit de plusieurs initiatives stratégiques.

"La dégradation des marges a généré 174 MDH d’impact au niveau des résultats de Sonasid", expliquait Youssef Hbabi, directeur financier du groupe. Cependant, avec un volume en hausse de 54 KT additionnelles en 2023, le groupe a pu partiellement compenser cette baisse. "Cela a engendré un effet positif de 60 MDH sur les résultats du groupe", poursuit le directeur financier.

Le groupe a également pu sauver sa profitabilité grâce à son excellence opérationnelle et ses produits à forte valeur ajoutée.

Peu avant la conférence, le directeur général du groupe, Ismaïl Akalay, confiait à Médias24 : "En 2023, le Groupe Sonasid a pu faire preuve de résilience grâce à la bonne exécution de son plan stratégique créateur de valeur. Ainsi, les coûts variables ont baissé de manière significative de plus de 40 MDH. La commercialisation de la fibre d’acier a contribué à hauteur de 18 MDH à nos résultats. Par ailleurs, nous avons également pu développer de nouveaux produits à haute valeur ajoutée dédiés au marché automobile." Le groupe vend en effet depuis 2024 une partie de sa fibre d’acier à un sous-traitant allemand de BMW basé à Tanger.

Le groupe a également pu faire contribuer son activité de recyclage avec un impact positif de 14 MDH sur le résultat du groupe. "Cela concerne la valorisation émanant du broyage, avec la valorisation de l’aluminium et de l’alliage de cuivre", poursuit le directeur financier. In fine, les contributions des initiatives stratégiques ont apporté une contribution positive de 95 MDH, sans quoi le groupe aurait été déficitaire durant l’exercice 2023.

Malgré le retrait de ses marges, le groupe parvient à générer plus de cash. Cette capacité a été préservée grâce à la maîtrise du BFR, qui s’est apprécié de 56 MDH par rapport à l’exercice précédent. 86% de ce cash a été dédié aux investissements.

Un dividende de 21 dirhams par action sera proposé, soit un payout de 104% contre 97% l’année précédente.

Cette année, l’optimisme est de mise et la concrétisation de différentes opportunités devrait se faire d’ici le second semestre. Plusieurs annonces laissent entrapercevoir des horizons clairs jusqu’en 2028.

Plusieurs piliers de la demande identifiés à horizon 5 ans

Naturellement, à l’instar des entreprises du BTP, les perspectives pour le groupe semblent favorables, dans le sillage de la CDM 2030 et des projets d’infrastructures d’envergures.

"Au niveau de notre activité, nous devrions observer les effets positifs du lancement du programme des logements sociaux à partir du S2-2024. En termes de perspectives, une reprise devrait être attendue au niveau du marché de la construction en lien avec les grands chantiers en cours, notamment la reconstruction post-séisme et le développement des projets d’infrastructures (ports, barrages, usines de dessalement, stades, giga factories…). La demande devrait donc croître de 3% cette année", explique Ismaïl Akalay.

Le groupe anticipe d’ailleurs une croissance moyenne de 3% par an sur les 5 prochaines années du fait de l’ensemble des programmes annoncés, notamment l’aide aux logements, les milliards de dirhams consacrés à la construction des stades de la CDM 2030, ainsi que les 143 MMDH dans le cadre des infrastructures hydrauliques (usines de dessalement et stations de purifications, ndlr). "Depuis août 2023, nous sentons une accélération de la demande sur la partie infrastructure qui représente 25% du marché. Cela est conduit par les infrastructures sportives et hydrauliques ainsi que par les ports où l’on sent une accélération des volumes. Nous livrons Laayoune, Dakhla et Nador. La deuxième partie qui va renforcer la demande sera la partie logement. Nous verrons l’impact de la demande courant du second semestre", explique Assia Baraka.

Sonasid va également lancer un nouveau produit à forte valeur ajoutée dont la production débutera en octobre de cette année.

Une nouvelle usine en construction à Nador pour le fil précontraint et un acier vert certifié

Après plusieurs mois de travail pour obtenir une certification de son acier en acier vert, c’est finalement chose faite. "En 2023, nous avons obtenu le certificat EPD valable 5 ans qui certifie que notre acier est vert. Cela nous permettra de mieux valoriser notre acier et d’accéder à de nouveaux marchés internationaux, en fournissant des projets d’envergure avec des produits répondant aux plus hautes exigences environnementales. Aujourd’hui, nous économisons en moyenne 300.000 tonnes de CO2 par an", nous apprend Ismaïl Akalay. Une opportunité pour le groupe par la suite lors de futures exportations en Europe. Pour la période transitoire (octobre 2023-fin 2025), seule une déclaration des émissions carbone est requise. En revanche, à la mise en place effective de la taxe carbone en 2026, le groupe bénéficiera d’un avantage de taille pour rentrer sur le marché européen.

Le groupe s’est également lancé sur un autre produit à valeur ajoutée qu’est le précontraint, utilisé dans la construction pour les dalles à longues portées. Une opportunité pour le groupe du fait que le Maroc importe l’intégralité de ses besoins.

"Cette année, un nouveau projet verra le jour au niveau de notre site industriel de Nador. Il s’agit de la construction d’une usine de fil précontraint d’une capacité de 30 KT. Le démarrage de la production est prévu pour fin 2024. Aujourd’hui, le Maroc importe la totalité de ses besoins sur ce produit, qui se chiffrent en moyenne, selon les années, de 25 à 40 KT. Sonasid sera donc en mesure de satisfaire la demande du marché national et pourra éventuellement exporter une partie de sa production", nous détaille le directeur général de Sonasid. L’investissement a démarré l’an dernier avec une enveloppe de plus de 75 MDH.

Le groupe pourra également continuer de capitaliser sur la fibre d’acier qui bénéficie d’un engouement de plus en plus important. "Sur cette première année de la fibre d’acier, les exportations ont représenté 80% de notre volume et nous faisons également un travail de prescription sur le marché marocain. Nous voyons un intérêt grandissant de la part des industriels pour le dallage. Nous sentons une conversion rapide de ce marché vers cette solution qui permet de réduire les coûts et sur laquelle on offre une solution en ingénierie qui permet d’optimiser le chantier", conclut Assia Baraka.

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