Tourisme : la lecture de Hamid Bentahar, président de la CNT

Après la récente publication des chiffres des arrivées et des recettes de 2023, Médias24 s’est entretenu avec le président de la Confédération nationale du tourisme. Hamid Bentahar liste les actions prioritaires qui permettront de s’inscrire dans les objectifs de la feuille de route qui cible 17,5 millions de visiteurs en 2026 et 26 millions à l’horizon 2030.

Tourisme : la lecture de Hamid Bentahar, président de la CNT

Le 14 février 2024 à 18h45

Modifié 14 février 2024 à 19h29

Après la récente publication des chiffres des arrivées et des recettes de 2023, Médias24 s’est entretenu avec le président de la Confédération nationale du tourisme. Hamid Bentahar liste les actions prioritaires qui permettront de s’inscrire dans les objectifs de la feuille de route qui cible 17,5 millions de visiteurs en 2026 et 26 millions à l’horizon 2030.

Le tourisme est une priorité pour le gouvernement, en témoignent les objectifs ambitieux fixés à l’horizon 2026 et 2030. Et les thématiques liées à ce secteur stratégique sont nombreuses, à commencer par un contexte géopolitique impactant négativement certaines destinations arabo-musulmanes.

Mais il n’y a pas que cela. Ouverture de bureau de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) en Inde, réouverture de la ligne directe Casablanca-Pékin, marchés émergents à privilégier, priorités budgétaires, destinations concurrentes dont il faut s’inspirer, résultats des voyages communs CNT-ONMT à l’étranger, projets structurants nécessaires pour réussir la CAN 2025 et le Mondial 2030, taux d’occupation idéal… Hamid Bentahar revient sur tous les thèmes d’actualité qui permettront de générer 26 millions d’arrivées en 2030.

Medias24 : Le conflit au Proche-Orient a-t-il généré une crise des arrivées étrangères ?

Hamid Bentahar : Cette triste situation a, bien évidemment, impacté quelques marchés émetteurs de touristes vers le Maroc, à l’image des États-Unis qui ont subi de grosses perturbations. Cependant, d’autres marchés ont été moins touchés, comme le marché anglais ou français, qui sont stratégiques pour le Maroc.

Mobiliser l’aérien et faciliter l’obtention des visas seront porteurs de résultats conséquents.

- Quel est le principal enseignement ?

- Cette situation géopolitique dont le tourisme mondial est tributaire doit nous pousser à accélérer encore plus la diversification de nos marchés, car les destinations mono-marché sont beaucoup plus fragiles que celles qui ont une offre diversifiée.

En 2022, les destinations qui ont dépassé les objectifs de 2019 ne sont pas nombreuses, mais celles qui ont subi une diversification, notamment celles de la région du Moyen-Orient, ont enregistré en 2023 la plus grande progression par rapport à 2022. Ceci a été rendu possible grâce à une diversification des compagnies aériennes qui ont construit de nouvelles routes et des liaisons avec le monde entier aussi bien sur le moyen que le long courrier. Cela leur a permis de trouver d’autres solutions et d’être moins dépendantes lorsqu’il y a une perturbation dans l’un de leurs marchés.

- En parlant de diversification, l’ONMT vient d’ouvrir un bureau en Inde…

- C’est une très bonne initiative de l’ONMT, qui a cette volonté de diversifier les marchés émetteurs. J’espère que cette action sera suivie par l’ouverture d’une ligne aérienne directe ; le potentiel de ce marché est très important, les professionnels y croient depuis longtemps.

Mobiliser l’aérien et faciliter l’obtention des visas seront porteurs de résultats conséquents.

- A court terme ?

- Si on mobilise les avions rapidement, ce sera à court terme mais cela dépendra juste du nombre de sièges que l’on arrivera à créer pour satisfaire la demande qui est bien présente.

Il y a un potentiel important dans les pays de l’Est et dans les pays d’Asie comme le Japon, la Chine, la Thaïlande, la Corée du Sud…

- Quid de la réouverture rapide de la ligne directe Casablanca-Pékin ?

- Bien évidemment et pas seulement pour la Chine car en réalité, les opérateurs privés veulent accélérer la mise en œuvre de la feuille de route du ministère et aussi celle de la Royal Air Maroc.

Nous sommes bien évidemment contents que la RAM mette de nouveaux moyens et nous espérons qu’elle ouvrira des lignes non seulement vers la Chine mais aussi pour le Japon.

- Quels sont les autres marchés émergents qui pourraient performer ?

- Nous sommes persuadés qu’il y a un potentiel important dans les pays de l’Est et dans les pays d’Asie comme le Japon, la Chine, la Thaïlande, la Corée du Sud…

Mais aussi en Amérique latine comme la ligne fermée du Brésil et vers l’Argentine et le Mexique, car aujourd’hui, le Maroc est connu grâce à la Coupe du monde et ces marchés ont envie de venir chez nous.

Il faut donc leur permettre de venir en vol direct comme par exemple aux États-Unis, où nous sommes très loin du potentiel de ce marché qui n’est pas un pays mais un continent où il faut multiplier les lignes aériennes avec des longs courriers.

L’envie de Maroc est devenue encore plus forte parce que notre pays a démontré une réactivité remarquable dans la gestion des crises successives qu’il a connues.

- Comment expliquer le million de visiteurs supplémentaires en 2023 (14,5 au lieu de 13,5) ?

- Au-delà des chiffres, il y a l’engouement sur le voyage car les gens aiment voyager et parce que la demande sur le voyage est beaucoup plus importante qu’avant. Sachant que les gens veulent changer d’air, les compagnies aériennes sont revenues en force dans la connectivité par rapport à la période ayant précédé la pandémie.

En effet, l’envie de Maroc est devenue encore plus forte parce que notre pays a démontré une réactivité remarquable dans la gestion des crises successives qu’il a connues.

Cette gestion exemplaire nous a permis de revenir plus fort avec le travail collectif accompli par les professionnels et par l’Office national marocain du tourisme, ainsi que grâce à l’effort remarquables du gouvernement qui a mis en place des moyens supplémentaires pour lancer la campagne "Terre de lumière".

Sans compter la stratégie offensive annoncée par la Royal Air Maroc et les signaux positifs des compagnies low cost et des tours-opérateurs qui ont permis d’accélérer la reprise en 2023.

- Ne faut-il pas craindre que la soif de voyager post-Covid ne finisse par s’essouffler en 2024 ?

- Avant de vous répondre, je voudrais rappeler que dans les performances de 2023, il y a surtout 2 millions et demi de Marocains qui vivent de manière directe ou indirecte du tourisme, qui se sont remis au travail après avoir traversé trois années très difficiles. Le fait que l’on revienne au niveau des performances de 2019 doit être célébré.

Pour l’avenir, je reste confiant ; toutes les études montrent que les gens veulent voyager davantage et que malgré l’inflation et le contexte de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, le tourisme international va progresser en 2024 avec des opportunités et des réservoirs de croissance à saisir. Le Maroc devra être en première ligne.

- Que préconisez-vous pour maintenir la croissance ?

- D’abord la rapidité d’exécution, à savoir faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait en accélérant la mise en œuvre des programmes déjà lancés par le ministère du Tourisme et par la Royal Air Maroc ainsi que les projets structurants qui sont inscrits dans la feuille de route.

Accélérer également la mise en œuvre des E-visas pour que leur délivrance soit rapide, parce que l’envie de Maroc est bien là, il faut la transformer en venue effective et continuer à simplifier les procédures.

Travailler aussi sur la qualité de l’expérience durant tout le parcours, que ce soit dans les aéroports où l’on a du travail à faire pour améliorer l’expérience des visiteurs et des voyageurs ainsi que dans les transports en commun dont les chantiers ont été identifiés au niveau de la feuille de route. L’ONDA doit avoir les moyens de donner la meilleure image et la meilleure expérience aux voyageurs aussi bien nationaux qu’internationaux dès leur arrivée. Sans leur mise en œuvre, on ne pourra pas atteindre les objectifs.

- En septembre 2022, vous déclariez qu’il fallait quadrupler les moyens publics pour doubler le nombre d’arrivée. Les 6 milliards de DH injectés entre 2023 et 2026 suffiront-ils ?

- Si les 6 milliards sont accompagnés d’une véritable mobilisation accompagnée de moyens au niveau de la RAM et des projets structurants avec une véritable synchronisation et un effort collectif sur la qualité de l’expérience en stimulant l’animation et la diversité de l’offre, on pourra y arriver. Mais il est évident qu’avec les 6 milliards seulement, la réponse est non, ce ne sera pas suffisant.

- Quels sont les pays dont le Maroc peut s’inspirer en termes de benchmark ?

- Sur chaque segment, comme le tourisme d’affaires, le tourisme balnéaire, le tourisme rural ou pour l’animation, il y a des best in class. Ce sont ceux-là qui m’intéressent. C’est pourquoi nous nous devons de continuer à observer les meilleures pratiques en nous inspirant par exemple, pour Agadir, de destinations balnéaires concurrentes comme la Turquie, l’Espagne ou la Grèce.

Pour l’offre Affaires, il faut regarder du côté des pays qui organisent de grands congrès internationaux pour le business, comme Dubaï qui a beaucoup investi dans les rencontres internationales culturelles, sportives et dans les grands événements business. Ces évènements sont de véritables leviers de développement au-delà du tourisme.

Barcelone est un bon exemple de benchmark pour Casablanca avec un mix de tourisme d’affaires et de loisirs, ainsi que le Portugal qui réalise presque autant de visiteurs que son nombre d’habitants.

Pour pouvoir changer de dimension en termes d’occupation et relancer la machine de l’investissement, il faut en effet développer le tourisme d’affaires.

- La multiplication des voyages de la Confédération nationale du tourisme avec l’ONMT est-elle payante ?

- C’est en effet grâce à ce travail collaboratif que nous avons réussi à convaincre les partenaires internationaux et nos clients historiques d’attirer de nouveaux clients. Bien évidemment, ce n’est que le début parce que le potentiel est très important et que nous devons redoubler d’efforts pour aller chercher de nouveaux clients à la fois dans les marchés matures historiques mais aussi dans les nouveaux marchés.

Au regard de nos ambitions et des objectifs de croissance, nous devons par conséquent accélérer la diversification des marchés et des segments de clients auxquels on s’adresse. Mais l’effort de promotion ne sera pas suffisant s’il n’est pas accompagné de la mise en œuvre urgente et rapide des projets structurants qui ont été identifiés dans le cadre de la feuille de route.

- Un exemple de projet structurant nécessaire ?

- Les palais des congrès et les parcs d’exposition qui sont prévus dans les grandes villes touristiques et nous permettront de changer de dimension pour atteindre la croissance supplémentaire escomptée.

Ainsi, le palais des expositions de Marrakech permettra d’augmenter l’occupation durant les jours de semaine où le défi de la ville ocre est de remplir les hôtels, parce qu’en dehors des vacances scolaires, le niveau d’activité des jours de semaine est plus faible. Pour pouvoir changer de dimension en termes d’occupation et relancer la machine de l’investissement, il faut en effet développer le tourisme d’affaires.

A contrario, dans les villes d’affaires comme Casablanca, il faudra trouver des solutions pour développer l’activité hôtelière pendant les week-end avec de nouvelles infrastructures d’animations et un grand effort au niveau de l’événementiel pour remplir la partie week-end.

- Que faut-il faire pour augmenter le taux d’occupation hôtelier qui stagne ?

- Nous avons récupéré le niveau d’activité de 2019, qui était de 48%, mais il nous faut encore travailler. L’objectif de la feuille de route, c’est que si on veut relancer la machine, il faut parvenir à 65% de taux d’occupation.

- Comment y parvenir ?

- Pour stimuler le taux d’occupation, la diversification des segments est une des solutions. Pour les destinations du tourisme de loisirs, nous devons assurer un remplissage hôtelier les jours de semaine et les week-ends avec une offre de palais d’expositions et l’organisation d’événements pour augmenter le taux d’occupation.

Les villes d’affaires doivent trouver des solutions pour les week-ends avec de l’animation comme New York l’a fait en lançant la culture du spectacle et de Broadway pour pouvoir maximiser l’activité commerciale et la performance pendant tous les jours de la semaine et tous les mois de l’année.

- Dans ce cas, quel serait le taux idéal d’occupation ?

- L’idéal serait d’arriver à viser d’abord 65% et ensuite dépasser la barre des 70%, qui était l’objectif initial de la vision 2010. Pour cela, il faut mobiliser l’ensemble des acteurs et des moyens pour atteindre cet objectif qui nous emmènera dans un cercle vertueux en termes d’investissements et de création d’emplois.

- Sachant que 51% des arrivées ont été réalisées par des MRE et que les marchés étrangers traditionnels ont connu une croissance assez moyenne, n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter ?

- Encore une fois, je pense qu’il faut apprécier le fait que l’on ait remis tout l'écosystème au travail. Dans tous les pays touristiques qui ont connu des crises, on a d’abord vu le retour du tourisme interne suivi par la diaspora, la clientèle de luxe, le tourisme de loisirs et enfin celui des affaires. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ; le classement mondial du Maroc a connu une croissance remarquable : on est passés de la 34e place en 2019 à la 22e en 2022 selon l’Organisation mondiale du tourisme.

- Que signifie ce classement ?

- L’Organisation mondiale du tourisme fait un classement annuel des destinations touristiques selon leurs performances. Et dans ce classement, notre pays a gagné 12 places. Cela signifie que nous sommes bel et bien sur un trend positif.

- Quelles sont les régions qu’il faut accompagner ?

- Toutes celles qui ont des taux d’occupation inférieurs à 50% méritent plus d’attention, à l’image de Ouarzazate ou de la région de l’Oriental qui est une destination saisonnière. Ces régions méritent une mobilisation à la fois au niveau national et au niveau régional pour réduire la saisonnalité et augmenter leur niveau d’activité.

- Comment renforcer la capacité hôtelière à l’horizon du Mondial de 2030 ?

- En construisant de nouveaux hôtels, en ouvrant ceux qui sont toujours fermés et en accompagnant les rénovations.

- Quel impact touristique aura la future ligne à grande vitesse pour Marrakech et Agadir ?

- Marrakech ne serait pas la destination qu’elle est aujourd’hui s’il n’y avait pas eu d’autoroute. De la même manière, la LGV va avoir un impact très important pour les villes de Marrakech et Agadir. Ce sont des projets structurants qui vont nous permettre de faciliter la mobilité et surtout de permettre aux visiteurs étrangers de vivre plusieurs destinations dans un même temps et de découvrir la diversité de l’offre marocaine. Nous espérons que les autres destinations touristiques et régions du Royaume connaîtront également un développement accéléré de leurs connectivités par des infrastructures terrestres, maritimes et aériennes.

Si on veut que la relance soit saine et durable, il faut impérativement réduire l’écart entre le formel et l’informel.

- Pour augmenter les arrivées en hiver, peut-on imaginer, comme en Espagne, des villages anglais ou allemands à Agadir ?

- Je suis contre ; le succès du Maroc ne repose pas sur des ghettos mais sur l’authenticité et le vivre-ensemble. Dans nos médinas, les visiteurs nationaux, les habitants et les visiteurs internationaux se côtoient, s’entraident et se nourrissent de leurs différences. Nous ne sommes pas une destination touristique mais une destination à vivre avec un véritable melting pot.

- Un mot sur la concurrence déloyale des locations de type Airbnb ?

- Si l’on veut que la relance soit saine et durable, il faut impérativement réduire l’écart entre le formel et l’informel. Ceux qui dérangent aujourd’hui sont ceux qui commercent sur les plateformes qui signent des contrats en anglais et virent des devises à l’étranger.

Nous avons eu des réunions avec les grandes plateformes, qui nous ont dit qu’il suffisait de faire passer une loi pour clarifier les montants à acquitter et les procédures à suivre, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays.

Aujourd’hui, il y a une volonté gouvernementale, tout le monde est d’accord y compris les plateformes. Il faut juste accélérer la mise en œuvre de ce projet pour contrer l’informel structuré.

- Que représente financièrement le manque à gagner ?

- Il n’y a pas, à ce jour, de chiffres officiels. Tout ce que je peux avancer, c’est qu’il y a environ plus de deux fois plus d’acteurs informels sur ces plateformes que d’acteurs formels.

- C’est-à-dire ?

- Concrètement, il y a 4.000 établissements hôteliers recensés par le ministère du Tourisme et presque 12.000 plateformes d’hébergement en ligne.

- Comment se présente le premier trimestre 2024 ?

- A l’image du dernier trimestre 2023, nous avançons doucement sur certaines destinations. En 2023, nous avons très bien commencé l’année et avons été ralentis vers les derniers mois. Cette fois-ci, nous démarrons timidement ces premiers mois de l’année, mais je reste optimiste. Chaque mois qui passe, les performances s’améliorent.

Je suis confiant, même si tout dépendra de notre capacité à ouvrir de nouvelles liaisons aériennes, à diversifier les marchés, à mettre en œuvre les projets structurants…

- Personne ne pensait que le Maroc serait co-organisateur du Mondial 2030. Selon vous, est-ce une autoroute pour votre secteur ?

- Nous, nous y avons toujours cru et nous en sommes très fiers. Nous sommes dans une dynamique très positive et avons une feuille de route offensive avec, pour la première fois, des moyens conséquents qui vont nous permettre d’être au rendez-vous pour le Mondial, mais également pour la Coupe d’Afrique des nations qui aura lieu l’année prochaine.

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