Traitements interdits sur les eaux minérales de Nestlé : le Maroc est-il concerné ?
Le groupe Nestlé a informé les autorités françaises qu’il avait recouru à des traitements interdits d’ultraviolets et de filtres au charbon actif sur certaines de ses eaux minérales pour maintenir "leur sécurité alimentaire". Ces eaux ont-elles été commercialisés au Maroc ?
Même si ces traitements "ont toujours eu pour objectif de garantir la sécurité alimentaire", ils "ont mené l’entreprise à perdre de vue l’enjeu de conformité réglementaire", a déclaré Nestlé Waters à l’AFP.
Les marques d'eaux minérales concernées par les traitements interdits, Perrier, Vittel, Hépar et Contrex, toutes propriétés de Nestlé, sont désormais "pleinement conformes au cadre réglementaire applicable en France", promet l’entreprise, qui dit avoir abandonné les traitements interdits au cours des trois dernières années.
Nestlé Waters a décidé en 2021 d’informer les autorités sanitaires de leur recours à ces techniques de filtration. L’arrêt du recours à ces dispositifs a obligé l’entreprise à suspendre l’activité de certains de ses puits dans les Vosges, du fait de "leur sensibilité aux aléas climatiques".
Contacté par Médias24, Nestlé Waters a indiqué que les bouteilles de Source Perrier sont fabriquées en France dans l’usine de Vergèze, "avec des procédés de fabrication en ligne avec le cadre réglementaire français". Quant aux bouteilles de Contrex et Vittel, elles sont produites dans le site des Vosges, concerné par les traitements interdits.
Dans une déclaration à Médias24, Ouadi Madih, président de la Fédération des Associations de consommateurs, a soulevé des préoccupations majeures concernant les pratiques de désinfection des eaux minérales. "Ce procédé avait été effectué avec l'accord sous-entendu des autorités françaises", a-t-il déclaré, suggérant une possible complicité ou un manque de supervision réglementaire de la part des autorités.
La question de savoir si ces eaux traitées ont été commercialisées au Maroc est pour l'instant sans réponse. Ouadi Madih a souligné l'importance de l'intervention des autorités marocaines pour la protection de la santé des consommateurs marocains. "Si c'est le cas, il aurait bien sûr fallu que les autorités interviennent", a-t-il insisté.
Il a également rappelé que les eaux potables ou minérales sont soumises à des normes strictes. "Elles doivent être respectées par les entreprises et constamment vérifiées par les autorités compétentes". Selon lui, ces normes sont cruciales pour assurer la sécurité et la qualité de l'eau consommée par le public.
"Les eaux minérales de source sont pures et nobles et ne doivent en aucun cas être soumises à des procédés de modification", a conclu Ouadi Madih, soulignant la nécessité de maintenir l'intégrité naturelle de ces ressources vitales.
Ce traitement interdit est-il néfaste pour la santé ? En principe, il ne l'est pas. Concernant l'eau du robinet, qui est stockée dans des réservoirs et acheminée via un réseau de canalisations, sa désinfection est nécessaire pour éliminer les germes pathogènes, incluant bactéries et virus. Pour ce faire, les stations de traitement de l'eau utilisent soit des méthodes chimiques, telles que l'introduction de peroxyde ou d'ozone, soit des méthodes physiques, comme l'exposition à des rayonnements ultraviolets, explique un document du service public d'information Eaufrance. L'ajout de chlore en dernière étape de traitement assure la potabilité de l'eau jusqu'à son arrivée au consommateur.
Quant aux eaux minérales naturelles et aux eaux de source, issues exclusivement de sources souterraines, elles sont par nature exemptes de toute contamination microbiologique. Cela signifie qu'elles ne devraient requérir aucun traitement de désinfection pour être libres de bactéries potentiellement nocives pour la santé.
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